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ZNIEFF 430007739
SOURCE DE LA LEMME AUX MARAIS

(n° régional : 41047011)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

 

A l'est de Saint-Laurent-en-Grandvaux, la zone humide développée autour de la source de la Lemme occupe le fond d'une dépression humide, dans un environnement de prairies de fauche ou de pâtures plus ou moins amendées. Le fond de cette cuvette est imperméabilisé par les dépôts morainiques laissés par le retrait des glaciers quaternaires.

 

 

 

Une tourbière est un biotope spécialisé qui engendre un écosystème particulier. Son microclimat a permis le développement d'espèces boréo-arctiques (espèces des régions nordiques de l'Europe). Les tourbières sont d'importants réservoirs hydriques et jouent un rôle régulateur dans la circulation complexe des eaux superficielles et souterraines de la région.

 

 

 

Dans le Massif du Jura, en altitude, les facteurs climatiques sont propices à l'installation de tourbières (forte pluviométrie, basses températures et absence de périodes sèches de longue durée). La genèse d'une tourbière dans cette région remonte à environ 12 000 ans. A partir de cuvettes remplies d'eau, les tourbières se forment et évoluent lentement : colonisation de l'eau libre (tremblants), bas-marais alcalin, puis tourbière bombée (haut-marais acide) caractérisée par l'installation de sphaignes sous forme de coussins. Enfin, l'assèchement et l'installation des ligneux constituent le stade climacique. Souvent, la tourbière présente différents stades et des formes de transition.

 

 

 

La tourbière haute des " Combettes " a subi des influences anthropiques dans le passé et est dite " dégradée ". Plusieurs drains l'entaillent et tendent à l'assécher. Sa topographie, alternant marches et terrasses, témoigne des activités anciennes d'extraction de tourbe. La zone humide se présente comme une juxtaposition d'écosystèmes : bas-marais à laîches et trèfle d'eau, belles prairies humides oligotrophes et formations herbacées hautes. Selon un gradient hydrique décroissant, ces dernières sont une magnocariçaie (formation de hautes laîches) ou une mégaphorbiaie (formation de hautes herbes ou de plantes à fleurs dont la reine des prés est la plus typique). Quelques bosquets de saules ponctuent le marais. Une petite station d'airelle des marais, située dans la partie centrale de la zone, constitue le seul vestige de haut-marais bombé. Toutefois, le site recèle encore des espèces remarquables, caractéristiques des tourbières, comme le scirpe pauciflore ou la laîche des bourbiers. Cette dernière espèce est protégée sur l'ensemble du territoire national. Cette zone accueille également un cortège intéressant d'odonates dont l'aeschne subarctique, espèce en danger au niveau régional. C'est aussi le cas de l'œillet superbe, fleurissant dans les prairies humides. Ce biotope constitue aussi l'une des rares localités jurassiennes du sélin à feuilles de cumin. Ces prairies humides, riches en plantes à fleurs, constituent un habitat favorable pour les insectes floricoles : 17 espèces de papillons de jour y ont été recensées.

 

 

 

STATUT DE PROTECTION

 

Aucune protection réglementaire de l'espace n'a été mise en place. En revanche, la présence d'espèces végétales et d'insectes protégés confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêtés ministériels des 20/01/82, 22/06/92 et 06/07/09).

 

 

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

 

Le principal objectif de préservation consiste à éviter une dégradation supplémentaire du fonctionnement hydrique de la tourbière. Ainsi, il convient d'éviter toute opération de drainage ou d'assainissement dans le secteur. La relance des processus dynamiques pourrait éventuellement être envisagée par la réouverture de certaines fosses de détourbage.

 

Les apports d'engrais, provoquant un enrichissement en éléments nutritifs, sont déconseillés au sein de la zone et dans les prairies environnantes. Dans le cas contraire, il s'ensuivrait un déséquilibre trophique préjudiciable à la flore et à la faune très spécialisées des tourbières.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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