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ZNIEFF 430007753
MARAIS DES GRANDS PRÉS, L'ÉTANG ET TERREAU ALEXANDRE

(n° régional : 46000031)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Les marais des Grands Prés, l'Etang et Terreau Alexandre se situent en limite des départements du Doubs et du Jura, sur les communes de Arc-sous-Montenot et Lemuy. Cette cuvette enserre une colline (lieu-dit " Montenot "), dans un environnement de prairies fortement modifiées, de forêts mixtes et de pâturages mésophiles. Le ruisseau du Lizon supérieur, s'écoulant vers le nord, borde la zone en limite ouest. Le fond de la dépression est constitué d'alluvions modernes ou récentes des vallées secondaires et des plateaux, essentiellement limoneuses, recouvrant les calcaires du Jurassique supérieur des seconds plateaux du Jura. Un plan d'eau artificiel, l'étang d'Arc, en fait une zone attractive pour la pêche. Comme pour l'ensemble des zones humides, outre des usages multiples de loisirs, les fonctions de ce secteur sont essentielles dans le cycle de l'eau : rétention pendant les périodes pluvieuses, alimentation des nappes souterraines, auto-épuration des eaux de surface.

La route D49, où se trouve le point bas du marais, marque la séparation entre deux entités juxtaposées : les Grands Prés et Terreau Alexandre à l'ouest et au sud, l'Etang au nord et au nord-est. L'agencement des habitats en mosaïque est d'un grand intérêt écologique. Les Grands Prés sont des milieux ouverts, constitués essentiellement de prairies humides eutrophes fauchées. Quelques formations riveraines de saules bordent notamment le ruisseau. Le marais de l'Etang est constitué d'une mosaïque de milieux plus ou moins humides autour de l'étang : à l'extrémité est de la zone, un bas-marais alcalin de faible surface, en grande partie boisé, est alimenté par ruissellement. Il est inclus dans un système de prairies humides eutrophes plutôt pâturées, jouxtant une pelouse calcicole plus sèche. Des formations herbacées hautes assurent la transition avec le plan d'eau artificiel à cornifle immergé : ce sont une mégaphorbiaie à reine des prés, comprenant notamment l'aconit napel et l'achillée sternutatoire, et une roselière à scirpe lacustre et laîche distique dans les niveaux les plus humides. L'exutoire de l'étang traverse une prairie humide avant de se jeter dans le ruisseau du Lizon supérieur.

Du point de vue floristique, le vulpin genouillé, graminée caractéristique de ces prairies humides, est accompagné par un cortège de plantes à fleurs, telles que le silaüs des prés, la scorsonère des prés et le géranium des prés. Des hélophytes (lycope d'Europe, épiaire des marais) bordent les milieux aquatiques et animent la roselière. Les espèces marquantes sont le géranium des prés et le géranium des marais. Cette dernière espèce n'est présente que dans une quinzaine de localités en Franche-Comté et bénéficie d'une protection au plan régional.

L'avifaune et les batraciens liés aux prairies humides et aux milieux aquatiques trouve ici une zone d'accueil de taille conséquente et une bonne diversité de structure (tarier des prés, pie grièche écorcheur, triton palmé, différentes espèces de grenouille...). Les mégaphorbiaies et prairies humides, riches en plantes à fleurs, sont des biotopes favorables aux insectes floricoles.

STATUT DE PROTECTION

 Aucune protection réglementaire de l'espace n'a été mise en place. En revanche, la présence d'espèces protégées confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêtés des 17/04/81, 22/06/92 et 19/11/07).

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Pour assurer la conservation des marais, il est important de maintenir les usages agricoles de la zone, fauche et pâturage extensif. La menace principale pesant sur ces milieux est cependant liée à des altérations du fonctionnement hydrologique. Une partie de la zone a été drainée en 1993 et a fait l'objet de plantations. Récemment, un remblai et la construction d'un bassin de rétention en bordure de la zone de bas-marais a porté atteinte à son intégrité. Pour préserver le reste des prés humides, il convient donc d'éviter toute opération de comblement, assèchement ou drainage. Un assainissement complet du site entraînerait la disparition des deux espèces de géranium et des autres espèces inféodées à ces milieux humides.

Prospection 2018 :

Globalement, comme partout à cette altitude en particulier, les habitats ont été beaucoup modifiés du fait de l’intensification de l’agriculture. Ainsi, une part importante des prairies hygrophiles, sur la commune de Lemuy en particulier, ont été très artificialisées et ne comportent plus d’espèces hygrophiles. La présence du ray-grass anglais (Lolium multiflorum) témoigne d’un ressemis des prairies.
La châtaigne d’eau (Trapa natans) a disparu de l’étang. En 2018, aucune végétation aquatique ne subsistait dans l’étang, du fait d’une population importante de carpe (eau très trouble).

3) menaces observées
Intensification des prairies avec ressemis.
Pisciculture (carpe).

4) propositions de gestion des milieux
Maintenir la biodiversité les prairies les plus mésotrophes en évitant tout retournement ou ressemis/sursemis et en limitant au maximum les apports de nutriments.
Revenir à une gestion de l’étang permettant le développement de végétation aquatique (éviter carpe et amour blanc).

Commentaires sur la délimitation
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