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LAC DU CHANON ET RUISSEAU DE MARTIGNA

(n° régional : 41000028)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

A l’est de la vallée de l’Ain, en contrebas du village de Martigna, le petit lac du Chanon occupe une cuvette colmatée par des alluvions lacustres. Le ruisseau de Martigna s’en écoule vers le nord-est. Ce cours d’eau encaissé est un affluent du ruisseau d’Héria, appartenant au bassin versant de la Bienne.

 

La végétation du lac du Chanon présente une zonation caractéristique, avec une répartition en ceintures concentriques de la pleine eau vers les berges. La végétation aquatique et subaquatique est très riche : outre diverses Characées (algues vertes évoluées) et des nénuphars, elle comprend le potamot luisant et surtout la pesse d'eau, assez rare. Les berges de ce lac sont occupées par des roselières abritant des plantes peu communes et une avifaune caractéristique, inféodée à ces milieux, qui inclut par exemple le bruant des roseaux et la rousserolle effarvatte.

 

Le ruisseau de Martigna, qui s’écoule majoritairement en contexte forestier, présente une pente générale forte (au moins 6 %). Ce type de ruisseau de tête de bassin se caractérise par des fonds grossiers et des eaux froides dont la qualité devrait être optimale, c'est-à-dire fraîches et oxygénées, pauvres en éléments nutritifs et non polluées. Dans ce cas, les cours d'eau abritent tout un cortège d'espèces indicatrices, qui y trouvent des zones de frayères, comme la lamproie de Planer, le chabot, la truite fario ou encore les larves de salamandre et le sonneur à ventre jaune. Ils sont également riches d'une faune invertébrée variée et très sensible aux pollutions diverses : écrevisses à pattes blanches, certains genres ou familles de perles (Perlidae, Perlodidae, Chloroperlidae…), d’éphémères (Epeorus, Habrophlebia) et de trichoptères (Odontoceridae, Brachycentridae…). Ce cours d’eau abrite une population d’écrevisse à pattes blanches. Cette espèce est une bonne indicatrice de la qualité de l’eau et de l’habitat aquatique. Sachant que 80 % de ses populations ont disparu depuis le milieu du XXe siècle en Franche-Comté, et que les stations résiduelles sont fragiles, la préservation de cette espèce apparaît comme un enjeu majeur.

 

Sur cette zone, quelques habitats ouverts relevant de pelouses marnicoles et même de bas-marais alcalins à laîche de Davall apparaissent localement, à la faveur d’affleurements marneux.

 

STATUT DE PROTECTION

Un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope en date du 1/07/2009 assure la protection réglementaire des habitats de l’écrevisse à pattes blanches et des espèces de faune et de flore patrimoniales associées. En outre, la présence de plusieurs espèces citées dans les arrêtés ministériels des 8/12/88, 21/07/83 et 19/11/07 assure la protection de cette zone puisque tout acte de destruction à l'encontre de ces espèces et de leur milieu de vie est interdit.

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Le ruisseau de Martigna fait partie de ces écosystèmes remarquables qui se sont considérablement raréfiés en Franche-Comté, de sorte qu'il n'en subsiste qu'un peu plus d’une centaine aujourd'hui. Son état de conservation est lié à celui de son bassin versant ; cependant la nature acide de ses eaux le rend très vulnérable. D’une manière générale, ces cours d’eau de tête de bassin font trop souvent l'objet de pollutions chimiques ou organiques diffuses, de travaux anarchiques tantôt dans le lit mineur (creusement, calibrage ou élargissement) ou en bordure immédiate (réalisation d'étangs, captage d'eau, aménagement de piste ou de chemin revêtus ou non d'une émulsion), de braconnage et d'alevinages intempestifs (notamment en espèces non indigènes) ou encore d'agressions diverses dues à l'exploitation sylvicole et agricole intensives sur le bassin versant.

 

Sur le ruisseau de Martigna, la qualité biologique du cours d'eau est remise en cause, suite à une pollution diffuse, probablement issue des eaux usées du village. De ce fait, une attention particulière doit être accordée à la maîtrise des rejets domestiques.

 

La protection réglementaire mise en place est de nature à garantir la préservation durable de ce ruisseau.

Commentaires sur la délimitation

La délimitation de la zone tient compte des limites de présence de l'écrevisse à pattes blanches. Afin d'intégrer le fonctionnement des écosystèmes entre eux, elle inclut le bassin versant, tout en excluant les habitations.