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ZNIEFF 430007765
LA LONGEAILLE

(n° régional : 43489008)

Commentaires généraux

Description

 

Au sud du département du Jura, la région naturelle de la Petite Montagne se situe entre la plaine de Bresse et le cours de l’Ain. Ce territoire est ainsi dénommé d’après la fréquence des reliefs tourmentés. La structure géologique est constituée de trois faisceaux associés à deux étroites bandes de plateaux, ce qui se traduit par une alternance de crêtes et de dépressions orientées globalement nord-sud.

 

A l’ouest de la région, non loin du rebord dominant la Bresse, la zone de la Longeaille, occupée par des pelouses enfrichées, s’insère dans un paysage de prairies plus ou moins humides (traversées par plusieurs biefs) et de cultures. Ce coteau exposé à l’ouest repose sur des couches géologiques du Bathonien, constituées de marno-calcaires ou de calcaires massifs dans lesquels s’intercalent des bancs marneux.

 

Deux associations de pelouses se répartissent selon la nature du substrat, l’une méso-xérophile (sèche) calcicole à brome dressé et phalangère rameuse, l’autre à blackstonie perfoliée sur marnes. Les zones écorchées sont occupées par des groupements pionniers à orpins. Divers facteurs sont à l’origine de l’installation de pelouses sur ce site : sols superficiels à squelettiques, relative pauvreté en éléments nutritifs, ensoleillement important. En outre, les formes sur marnes sont soumises à des contraintes supplémentaires (fort contraste hydrique, faible stabilité des sols constamment rajeunis par l’érosion, humus peu épais). Cependant ces plages ouvertes régressent au profit de fourrés arbustifs, lesquels sont désormais largement dominants. En effet, l’évolution naturelle, qui tend vers une recolonisation par les ligneux, est bien dynamique sur ce site. Il subsiste un secteur herbacé à l’est, à proximité de Morval, sous forme d’un ourlet en nappe relevant de l’association à coronille bigarrée et brachypode penné. A l’inverse, une parcelle pâturée au nord souffre d’intensification : elle est dominée par une végétation prairiale à crételle et luzerne lupuline, ce qui traduit un enrichissement en éléments nutritifs.

 

Les conditions contraignantes des pelouses entraînent la sélection d’une flore typique, riche en éléments d’affinité méditerranéenne. L’une des rares stations régionales de garance voyageuse était répertoriée sur ce site. Cependant, cette plante lianescente des sous-bois, fruticées, landes et ourlets thermophiles n’a pas été revue récemment.

 

Statut de protection

 

Aucune protection réglementaire de l’espace n’a été mise en place.

 

Objectifs de préservation

 

D’une manière générale, les pelouses sont des milieux semi-naturels relictuels et en régression. Suite à l'abandon des pratiques pastorales, la colonisation par les ligneux s’amplifie : cet ensemble souffre d’un enfrichement important, qui évoluera si rien n’est fait vers des stades forestiers. Il serait urgent de mettre en œuvre un programme de restauration des surfaces enfrichées : des travaux de débroussaillage, complétés par un entretien régulier des pelouses (pâturage extensif, par exemple), seraient à même de contenir l’extension de la fruticée par la suite. Lors de ces opérations, il conviendrait de veiller à la conservation de la diversité structurale de ce complexe écologique : des pelouses parsemées de buissons et des lisières structurées de façon hétérogène se révèlent les plus favorables à une richesse biologique élevée. A l’inverse, l’intensification des pratiques au nord du site conduit à une banalisation des habitats et des espèces. Un retour vers un pâturage plus extensif serait souhaitable.

 

L'hétérogénéité de structure est propice à l’accueil d’une faune typique. Compte tenu des potentialités de ce site, il serait justifié de procéder à des compléments d’inventaire, notamment au sein des groupes des insectes, reptiles et oiseaux.

 

Outre l’intérêt propre qu’elle présente, cette pelouse fait partie intégrante d’un réseau favorable à des échanges entre populations d’espèces calcicoles et thermophiles à l’échelle de la Petite Montagne et joue à ce titre un rôle de corridor écologique.

 

ÉTAT DE CONSERVATION GÉNÉRAL DU SITE (2014)

 

Le site présente un fort intérêt pour les Lépidoptères et les Orthoptères. Il abrite deux espèces à fortes patrimoniale pour la région et notamment une belle population de Decticelles rayonnées. L'enfrichement du site est très avancé, excepté au Nord, où se trouve une pelouse sèche qui concentre la diversité et abrite les espèces patrimoniales. Cette pelouse pâturée semble souffrir par endroits d'un excès de charge en bétail ou d'amendements organiques. A moyen terme, la diversité en espèces d'invertébrés pourrait chuter rapidement avec la fermeture des milieux ouverts et la disparition des habitats favorables.

 

Actuellement, les espèces patrimoniales ne semblent pas menacées par l'évolution du site car la pelouse dans laquelle ils se trouvent est encore pâturée. Il faut toutefois faire attention à ne pas avoir une charge en bétail trop importante et à ne pas réaliser d'amendements organiques qui pourraient modifier et nuire à l'habitat de cette espèce. Ce n'est pas le cas pour l'ensemble du site dont les pelouses sont menacées de fermeture par l'enfrichement. Le peuplement entomologique du site peut donc être considéré en état de conservation très moyen.

 

GESTION ACTUELLE ET MENACES

 

Le Sud du site n'a plus de vocation agricole depuis plusieurs années (3 à 10 ans). Les milieux ouverts s'enfrichent et perdent en intérêt pour les insectes. L'enfrichement est le principal responsable de la faible diversité générale du site (39 espèces).

Au Nord du site, seule la pelouse sèche pentue semble être encore pâturée par des bovins. La proximité de cette pelouse d'environ 2 Ha avec la ferme qui existe au Nord de la ZNIEFF a probablement participé au maintien de son utilisation agricole. Cette pelouse pâturée par les bovins abrite par endroits une végétation nitrophile de type reposoir qui laisse penser qu'elle souffre d'une charge excessive en bétail ou qu'elle fait l'objet d'amendements organiques. L'intérêt entomologique provient des secteurs où la végétation est très sèche, et où les sols sont pentus et pauvres en matière organique. Pour maintenir un intérêt du site pour l'entomofaune du site, il est important de veiller à limiter les apports de matières organiques qui sont susceptibles d'uniformiser la végétation et de faire disparaître l'habitat des espèces patrimoniales.

Commentaires sur la délimitation
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