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ZNIEFF 430007868
GRENIER DE LA MAIRIE DE PORT SUR SAONE

(n° régional : 39000001)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Sous nos latitudes, la cohabitation entre les chauves-souris et l’homme s’est amorcée depuis quelques centaines de milliers d’années, ces deux mammifères ayant partagé des espaces souterrains communs dès la Préhistoire. Cependant, les périodes glaciaires obligeront les chauves souris à migrer au sud à la rencontre de conditions plus chaudes et ce n’est qu’avec le réchauffement climatique intervenu 6000 ans avant notre ère que leur peuplement devient assez semblable à celui actuellement connu. Toutefois leur répartition diffère : la forêt couvre majoritairement notre continent si bien que dominent les espèces forestières qui profitent des cavités des arbres ou décollement d’écorces (vespertilion de Bechstein, noctule commune, barbastelle). La sédentarisation de l’homme et le développement de l’élevage ont progressivement induit un nouveau changement lié aux défrichements, à l’assèchement des marais pour l’agriculture et à la construction. Ainsi, sont nés les paysages semi-ouverts dont ont profité des espèces comme le grand rhinolophe ou le grand murin. En même temps, le développement des villages et des villes a favorisé les chauves souris thermophiles comme le petit rhinolophe, la pipistrelle commune ou la sérotine commune ; toutes trouvent sous les charpentes ou derrière des volets des conditions de température estivales élevées qui leur sont très favorables pour l’élevage de leurs jeunes.

Les terrains de chasse changent régulièrement au cours de l'année en fonction des concentrations d'insectes et ce sont les biotopes de transition qui assurent les meilleurs garde-manger, en particulier ceux situés non loin de l’eau : haies riveraines, cours d'eau, zones humides, lisières forestières et forêts. Il s’ensuit généralement des changements de sites, constants et étroitement liés au rythme biologique. Les distances entre ces gîtes sont variables : de 200 kilomètres pour le minioptère de Schreibers, elles n'excèdent pas 5 kilomètres pour le petit rhinolophe. Ces divers facteurs environnants ont induit, pour la plupart des espèces, une grande fidélité aux gîtes d'hiver et de mise bas.

 

Le grenier de la mairie de Port-sur-Saône accueille une colonie mixte de mise bas de grands murins (100-150 individus) et de sérotines communes (100-150 individus). Ce grenier fait parti d’un des cinq sites de mise bas pour le grand murin du département de Haute-Saône. Avec un indice chiroptérologique de 28, l’intérêt de la mairie de Port-sur-Saône est départemental. Des échanges de populations sont probables avec la grotte du Carroussel qui constitue l’ancien site de mise bas de l'espèce et l’actuel lieu de transit et d'hibernation.

La majorité des terrains de chasse du grand murin se situe dans un rayon de 10 km autour de la colonie, cette distance devant être modulée en fonction de la disponibilité en milieux adéquats et de leur densité en proies. Le glanage au sol de proies non volantes (coléoptères de grande taille, orthoptères…) est le comportement de chasse caractéristique de cette espèce. De ce fait, les terrains de chasse privilégiés se situent dans les secteurs où le sol est très accessible comme les futaies feuillues présentant une strate arbustive ou herbacée rare, les pré vergers pâturés ou les prairies naturelles non fertilisées. Lorsqu’elles sont pâturées par des bovins, les traitements vermifuges de ces derniers à l’aides d’avermectines doivent être strictement encadrés : même après transit dans les déjections, plusieurs produits utilisés conservent, durant plusieurs semaines, une action différée mortelle sur les insectes coprophages du sol.

 

STATUT DE PROTECTION

L'arrêté ministériel du 23 avril 2007 assure une protection stricte des espèces et interdit la destruction ou l'altération des sites de reproduction ou des aires de repos. De plus, la marie de Port-sur-Saône bénéficie, depuis 1990, d’un arrêté de protection de biotope et d’une convention de gestion avec la commune.

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Les travaux sur la toiture, le traitement de la charpente, la fréquentation humaine ou l’éclairage du bâtiment constituent les principales menaces pour la colonie. Il est également primordial de conserver les habitats de chasse des espèces présentes.

 

Commentaires sur la délimitation
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