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ZNIEFF 430009472
ROCHER DE TIAVY

(n° régional : 40000025)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

 

A l'ouest de Prémanon, le Rocher du Tiavy s'avance parallèlement au synclinal perché du Mont Fier. Ses versants forestiers escarpés sont surmontés d'un superbe linaire de falaises calcaires et d'éboulis, constituant un très bel ensemble paysager caractéristique de la partie jurassienne de la Franche-Comté, prolongé au nord-ouest par la longue barre rocheuse des Arcets.

 

 

 

Les habitats rencontrés sur le Rocher du Tiavy présentent un fort intérêt patrimonial en raison de leur nature primaire et de leur fonction de refuge pour de nombreuses espèces très spécialisées. L'ampleur des contrastes hydriques et thermiques et l'instabilité du substrat des milieux rocheux sélectionnent en effet les espèces les mieux adaptées à la rudesse des conditions écologiques de ces milieux, dont de nombreuses plantes méditerranéo-montagnardes.

 

 

 

Sur la corniche du Rocher du Tiavy, une bande de quelques mètres de large est colonisée par un gazon très coloré au moment de la floraison de fin de printemps. Il s'agit de la pelouse xérophile à genêt poilu et laser siler, seul groupement en mesure de se maintenir dans de telles conditions de sécheresse. Localement, la fissuration de la roche s'accompagne d'une accumulation de débris organiques sur lesquels parvient à se développer une fruticée thermophile montagnarde à cytise des Alpes. En contrebas, les anfractuosités de la paroi verticale sont investies par des espèces caractéristiques des stations rocheuses ensoleillées, telles que la laîche à épis court, l'épervière embrassante, l'athamanthe de Crête et le grêle kernéra des rochers. Le grand corbeau et l'hirondelle de rochers bénéficient des nombreuses cavités naturelles et corniches pour nicher.

 

 

 

Au pied des barres rocheuses, la vigueur de la pente et la trop grande instabilité des éboulis, issus du délitement de la paroi par gélifraction, ne permettent pas la colonisation forestière. Cette situation est plutôt favorable à un groupement original de pierriers thermophiles montagnards qui abrite notamment le stipe calamagrostide et qui est imbriqué avec une pelouse très alticole dominée par le brome dressé, auxquels se joignent des espèces subalpines comme la laîche toujours verte et l'achémille de Hoppe.

 

 

 

Le reste du Rocher de Tiavy est occupé par une forêt déclinée en plusieurs types selon le substrat et l'exposition. Sur les pentes les plus froides, la hêtraie à tilleul s'accommode des éboulis grossiers tandis que la hêtraie-sapinière à dentaire préfère les matériaux plus fins en contrebas. Toutes deux accueillent un cortège d'espèces hygrosciaphiles comme la dentaire pennée, le polystic à aiguillons et l'actée en épis. A l'opposé, les stations bien exposées parsemées d'éboulis fins ou les replats situés en arrière des corniches sont le domaine d'une hêtraie sèche à laîche blanche, potentiellement riche en espèces patrimoniales. Enfin, le fond de petits talwegs est propice à une hêtraie à érable au sous-bois constitué d'une mégaphorbiaie à adénostyle à feuilles d'alliaire et fougère femelle. Proche de la hêtraie-érablaie subalpine, ce groupement abrite notamment la circée intermédiaire protégée en Franche-Comté.

 

 

 

STATUT DE PROTECTION

 

La tranquillité du faucon pèlerin est assurée pendant la période de nidification par un arrêté préfectoral de protection de biotope depuis le 2 juin 1982. De plus, la présence de plusieurs espèces végétales et animales protégées assure aussi indirectement la protection de cette zone puisque est interdit tout acte de destruction à l'encontre de ces espèces et de leur milieu (arrêtés ministériels : 22.06.92 pour les plantes et 17.04.81 pour les oiseaux).

 

 

 

OBJECTIFS DE PRÉSERVATION

 

Les deux principales mesures à mettre en œuvre concernent le respect de l'interdiction de dérangement de l'avifaune en période de nidification et la limitation du piétinement sur la corniche. Par ailleurs, les faibles potentialités forestières des forêts de pente en matière d'exploitation économique plaident en faveur d'une gestion jardinatoire ou pied à pied, voire même d'un abandon de l'exploitation.

 

 

Commentaires sur la délimitation
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