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ZNIEFF 430010478
ZONE HUMIDE DU GRAND ETANG, DE L'ETANG GEORGES ET DE LA BOLAISE

(n° régional : 14037010)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

La plaine de la Bresse se situe entre la bordure externe de l'arc jurassien et le Massif Central. Au cours de l'ère tertiaire, cette partie nord du bassin d'effondrement du Rhône et de la Saône était occupée par un lac au fond duquel de grandes épaisseurs d'alluvions se sont déposées. Le retrait progressif du lac bressan a laissé place à de vastes marécages.

 

La Bresse comtoise forme une entité paysagère et culturelle homogène, constituée d'un complexe interactif et cohérent d'étangs, de prairies et de boisements humides sur des sols peu perméables, dans un relief à peine vallonné. L'origine des étangs de Bresse semble remonter au XIIIe siècle. Ces plans d'eau peu profonds, le plus souvent à vocation piscicole, ont été créés par l'homme. La gestion traditionnelle a permis l'installation d'écosystèmes d'une grande valeur biologique.

 

A Tassenières, la zone humide de l'étang Georges et de la Bolaise est formée d'un complexe de deux étangs de taille assez modeste. En amont, l'étang de la Bolaise, de forme allongée, semi-forestier, présente une roselière bien développée en queue et sur les berges ; l'étang Georges est entièrement intra-forestier, de ce fait les ceintures sont moins étendues. Entre les deux, une aulnaie marécageuse occupe des sols engorgés en permanence. Ces deux plans d'eau sont de type méso-eutrophe (non acides et moyennement riches en éléments nutritifs). D'un grand intérêt botanique, ils recèlent de nombreuses plantes typiques. L'étang Georges se singularise par sa flore aquatique : le potamot capillaire, caractéristique de ce type d'étang, y côtoie le potamot à feuilles obtuses et un beau cortège de différentes espèces de Chara et de Nitella formant des tapis au fond des plans d'eau. Ces Characées, algues vertes évoluées à caractère pionnier, sont inféodées aux eaux relativement pauvres en éléments nutritifs. Elles sont très localisées en Franche-Comté. L'étang de la Bolaise, quant à lui, abrite le callitriche polymorphe, le faux-nénuphar ainsi que trois espèces colonisant les berges d'étangs exondées en fin d'été : l'élatine à six étamines, le lythrum pourpier et la lindernie couchée. Compte tenu de sa rareté, cette dernière bénéficie d'une protection à l'échelle nationale.

 

Composante du réseau des étangs bressans, cette zone est attractive pour l'avifaune (notamment pour les oiseaux paludicoles) qui trouve dans ces milieux imbriqués des lieux de nidification et d'étape migratoire.

 

STATUT DE PROTECTION

Ce secteur est inclus dans la zone Natura 2 000 " Bresse jurassienne nord ". En outre, la présence d'une espèce végétale protégée confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêté du 20/01/82).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Outre leur fonction d'habitat quasi-exclusif d'un certain nombre d'espèces rares et menacées, les étangs jouent un rôle important dans l'atténuation des pics de crue à l'aval (stockage des eaux de pluie) et de régulation des nutriments (lagunage naturel).

La préservation de l'intégrité du milieu et de la qualité de l'eau ainsi que le contrôle du fonctionnement hydrologique sont les garants d'une bonne fonctionnalité écologique et par là même d'une bonne productivité. L'eutrophisation du milieu serait préjudiciable au maintien du potamot à feuilles obtuses, très sensible à la pollution. Dans les étangs, le maintien d'une pisciculture extensive est à encourager. La pérennité de ces habitats est liée à la préservation des pratiques de gestion traditionnelles : limitation de l'artificialisation des rives, conservation et entretien respectueux des ceintures végétales actuelles, baisse du niveau des eaux en fin d'été. L'assec périodique après la pêche favorise la minéralisation de la matière organique et le contrôle de l'extension de la végétation herbacée. Enfin, le maintien des essences de feuillus, l'absence de drainage ou d'assainissement permettent de préserver le niveau de diversité biologique qui caractérise les boisements périphériques.

 

 

Commentaires sur la délimitation
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