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ZNIEFF 430010487
ETANG DES GRANDS GRAVIERS

(n° régional : 14039005)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

La plaine de la Bresse s'étend entre la bordure externe de l'arc jurassien et le Massif Central. Au cours de l'ère tertiaire, cette partie nord du bassin d'effondrement du Rhône et de la Saône était occupée par un lac au fond duquel des alluvions se sont déposées sur de grandes épaisseurs. Le retrait progressif du lac bressan a laissé place à de vastes marécages.

 

La Bresse comtoise forme une entité paysagère et culturelle homogène, constituée d'un complexe interactif et cohérent d'étangs, de prairies et de boisements humides sur des sols peu perméables, dans un relief à peine vallonné. L'origine des étangs de Bresse semble remonter au XIIIe siècle. Ces plans d'eau peu profonds, à vocation piscicole le plus souvent, ont été créés par l'homme. La gestion traditionnelle a permis l'installation d'écosystèmes de grande valeur biologique.

 

Dans la partie méridionale, au nord-ouest de Lons-le-Saunier, l'étang des Grands Graviers s'inscrit dans un paysage ouvert dominé par des prairies pâturées. La majeure partie du linéaire des berges (surtout vers les queues d'étang) est bordée par une succession de ceintures de végétation se répartissant suivant le gradient d'humidité. Des formations de laîches, entrecoupées de belles stations de scirpe lacustre, sont relayées vers l'extérieur par des saulaies arbustives et arborées, ce qui confère à l'ensemble un bel attrait paysager. Ce plan d'eau méso-eutrophe (dont les eaux non acides sont moyennement riches en éléments nutritifs) se caractérise par la présence du potamot capillaire. Il héberge également la naïade marine et la petite naïade, toutes deux protégées en Franche-Comté, ainsi que la châtaigne d'eau. La présence de la gratiole officinale, en raréfaction et protégée au plan national, rehausse cet intérêt botanique : cette zone est l'une des rares stations bressanes de cette plante caractéristique des prairies longuement inondables et des sols engorgés.

 

Composante du réseau des étangs bressans, ce site est attractif pour l'avifaune (notamment pour les oiseaux paludicoles) qui trouve dans ces habitats des lieux de nidification et d'étape migratoire. L'humidité constante, l'imbrication étroite des milieux aquatiques et des boisements sont autant de facteurs propices à la reproduction des batraciens. La végétation amphibie constitue un biotope favorable pour les libellules et demoiselles.

 

STATUT DE PROTECTION

Aucune protection réglementaire de l'espace n'a été mise en place. En revanche, la présence d'espèces végétales protégées confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêtés ministériels des 20/01/82 et 22/06/92).

 

OBJECTIFS DE PRÉSERVATION

Outre leur fonction d'habitat quasi-exclusif d'un certain nombre d'espèces rares et menacées, les étangs jouent un rôle important dans l'atténuation des pics de crue à l'aval (stockage des eaux de pluie) et de régulation des nutriments (absorption de quantités massives par la végétation en été).

 

La préservation de l'intégrité du milieu et de la qualité de l'eau ainsi que le contrôle du fonctionnement hydrologique sont les garants d'une bonne fonctionnalité écologique. Dans les étangs, il convient donc d'encourager la poursuite d'une pisciculture extensive. La pérennité de ces habitats est liée à la préservation des pratiques de gestion traditionnelles : limitation de l'artificialisation des rives, conservation et entretien respectueux des ceintures végétales actuelles, baisse du niveau des eaux en fin d'été. L'assec périodique après la pêche, quant à lui, favorise la minéralisation de la matière organique et le rajeunissement du milieu. Enfin, toute opération de drainage ou d'assainissement est à proscrire dans les prairies humides environnantes.

 

Si la proximité de l'A39 n'influe pas sur la typicité des paysages, des impacts sur la fonctionnalité écologique (fractionnement des réseaux) sont toutefois à prendre en considération.

 

ÉTAT DE CONSERVATION GÉNÉRAL DU SITE (2014)

Globalement le site présente un fort intérêt pour les Lépidoptères, les Orthoptères et les Odonates. Il abrite une faune originale et des espèces à forte valeur patrimoniale pour la région qui s'y reproduisent très probablement toutes. L'Agrion délicat et l'Agrion gracieux ne semblent pas directement menacés à moyen terme par l'évolution naturelle du site. Certaines pratiques ne sont pas favorables au Cuivré des marais comme la fauche ou le reprofilage des berges. La zone humide au niveau de la queue Est de l'étang se referme progressivement. Cela menace de faire disparaître à long terme l'habitat du Conocéphale des Roseaux (Cariçaie). On peut déclarer que l'état de conservation de l'entomofaune de cette zone est moyen.

 

 

 

Commentaires sur la délimitation
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