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ZNIEFF 430010949
PELOUSES SUR VALLODREY ET RUISSEAU DE VAU

(n° régional : 36104008)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

 

Peu après sa source, la Loue traverse le plateau d'Ornans, rejointe par ses nombreux affluents qui entaillent profondément cette vaste zone tabulaire. Les versants laissent alors apparaître les couches géologiques de l'étage Oxfordien, marquant la morphologie de cette vallée par une alternance de strates géologiques marneuses et de calcaires. A Montgesoye, les coteaux ensoleillés de Sur Vallodrey et du vallon du ruisseau de Vau, autrefois occupés par des vignes et des vergers, constituent une belle entité paysagère, organisée autour de pelouses et de faciès d'enfrichement.

 

 

 

Sur le rebord du plateau, la chênaie-charmaie calcicole s'éclipse progressivement pour laisser la place à la pelouse thermoxérophile à laîche humble et anthyllide des montagnes, parfaitement adaptée à la sécheresse des corniches. Ce gazon écorché, superbement animé en fin de printemps par la floraison purpurine de la très rare anthyllide des montagnes, côtoie les communautés d'orpins et les buissons épars d'une fruticée thermophile montagnarde à amélanchier et nerprun des Alpes. En contrebas des barres rocheuses, où s'immisce une maigre flore, défiant la rudesse des conditions écologiques régnant dans de simples anfractuosités, des cônes d'éboulis fins et mobiles abritent des communautés originales à ibéris intermédiaire.

 

 

 

Sur les coteaux, les sols superficiels des hauts de versants sont le domaine de la pelouse mésophile à brome dressé et sainfoin et plus rarement de la pelouse mésoxérophile à laîche humble et brome dressé. L'affaiblissement de la pente en bas des coteaux induit un changement de substrat et une légère intensification du pâturage qui donnent lieu à une prairie mésotrophe à brome dressé et crételle. Sa richesse spécifique et sa structure hétérogène engendrée par le pâturage (refus, zones piétinées et écorchées, déjections…) en font un habitat très diversifié au niveau faunistique. Cependant, l'insuffisante pression du bétail s'accompagne sur la partie supérieure d'un développement en nappe d'ourlets et de fruticées mésoxérophiles, révélateur d'une reprise de la dynamique de la végétation. Plusieurs espèces remarquables s'accommodent de ces friches, comme l'aster amelle, protégée en France, et la coronille en couronne, protégée en Franche-Comté. Il s'agit également du milieu de prédilection de la bacchante, un papillon menacé en France, dont la présence n'a toutefois pas encore pu être attestée sur ce site.

 

 

 

Enfin, le fond du vallon se partage entre les pâtures et les prairies de fauche eutrophes, traversées par le ruisseau de Vau. Ce dernier constitue un refuge pour l'écrevisse à pattes blanches. Une frênaie-érablaie résiduelle se développe sur les marges de ce cours d'eau aux eaux vives et claires, accompagnée d'une mégaphorbiaie à reine des prés et cirse des maraîchers lorsque les pratiques agropastorales ne s'exercent pas jusque sur les berges.

 

 

 

STATUT DE PROTECTION

 

Le ruisseau de Vau bénéficie d'un arrêté de protection de biotope. D'autre part, la présence de sept plantes et d'une mousse protégées par les arrêtés ministériels des 20.01.82 et 22.06.92 assure indirectement la protection de cette zone puisque est interdit tout acte de destruction à l'encontre de ces espèces et de leur milieu.

 

 

 

OBJECTIFS DE PRÉSERVATION

 

La gestion conservatoire de ce site doit s'attacher à maintenir une mosaïque d'habitats herbacés de hauteur et de degré d'enfrichement variables, afin de préserver la diversité des milieux et la bonne représentation des zones de lisières. Il s'agit donc d'encourager le pâturage extensif sur l'ensemble du coteau, en le restaurant là où il n'est plus pratiqué et en le réduisant aux abords du ruisseau. Parallèlement, des opérations de défrichage pourraient être conduites dans les secteurs les plus menacés par la fermeture, en privilégiant le maintien d'un recouvrement arbustif sous forme d'îlots épars et en exportant les végétaux coupés. Les stations de plantes rares devront être prioritairement dégagées. Rappelons que les épandages sur les milieux herbacés sont à éviter pour ne pas appauvrir la flore.

 

 

 

 

Commentaires sur la délimitation
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