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ZNIEFF 430010970
PELOUSES ET FORETS DE COGNA ET VERTAMBOZ

(n° régional : 46000036)

Commentaires généraux

Description

 

Au sein du massif jurassien, la Combe d'Ain constitue une région naturelle particulièrement diversifiée. Deux entités peuvent être distinguées. La première est représentée par la vallée de l'Ain, qui traverse, selon une orientation nord-sud, des paysages au relief calcaire tourmenté. L'autre composante correspond à la région des lacs, dont l'origine glaciaire a permis le développement de grandes plaines marécageuses ponctuées de multiples formes de reliefs.

 

Au nord de Clairvaux-les-Lacs, la zone des pelouses et forêts de Cogna et Vertamboz constitue un riche complexe d’habitats xérophiles. Au sud, des falaises escarpées dominent la vallée du Cressandon (bassin versant de l’Ain), dont un tronçon est inclus dans la zone. Sur ce site, les conditions du milieu sont favorables à l’installation de pelouses : sols superficiels à squelettiques, réserves en eau très limitées, relative pauvreté en éléments nutritifs, ensoleillement important. La dynamique naturelle tend vers une recolonisation par les ligneux, ce qui se manifeste par la présence d’ourlets thermophiles, de fourrés arbustifs et de faciès pré-forestiers. Ainsi, ce site englobe tout un ensemble d’habitats qui s’inscrivent dans une même série dynamique primaire. Tous sont plus ou moins rares à l’échelle régionale, ce qui renforce l’intérêt écologique de la zone. D’une manière générale, les conditions contraignantes de ces milieux sélectionnent une flore caractéristique, riche en éléments d'affinité méditerranéenne.

 

Les sols très fins des rebords de corniche bien exposés sont occupés par un mince liseré de pelouse à épervière humble et potentille caulescente. Celle-ci abrite plusieurs plantes remarquables : la fétuque de Patzke, sub-endémique jurassienne, la calamagrostide argentée, sur les rochers et éboulis calcaires, et l’aconit anthora, d’affinité montagnarde, protégée dans la région. Des ourlets thermophiles externes à géranium sanguin et à peucédan des cerfs et des fourrés à cotonéaster commun et amélanchier à feuilles ovales se disposent en mosaïque avec ce groupement. Plus ponctuellement, une végétation pionnière à pâturin de Baden se développe sur les dalles calcaires affleurantes. La chênaie pubescente, groupement forestier thermophile d’intérêt régional, se trouve immédiatement en retrait des corniches. Sur le plateau, les sols plus profonds sont propices à l’expression d’une hêtraie à aspérule odorante. Ce boisement recèle ici la violette singulière, protégée au plan régional et la laîche poilue, assez rare en Franche-Comté. La vaste surface de pelouse Sur le Plan, au nord-ouest, est occupée par un groupement secondaire mésophile à laîche humble et brome dressé, ponctué de fourrés à troène et prunellier et d’ourlets à coronille bigarrée et brachypode penné.

 

Ces habitats structurés en mosaïque constituent des zones refuges pour une faune intéressante, notamment au sein des groupes des insectes, oiseaux et reptiles.

 

Statut de protection

 

Aucune protection réglementaire de l’espace n’a été mise en place. En revanche, la présence de plantes protégées confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêté ministériel du 22/06/92).

 

Objectifs de préservation

 

D’une manière générale, les pelouses sont des milieux semi-naturels relictuels et en régression. Si l’évolution des pelouses primaires en bordure de corniche est très lente, il est à craindre par contre que les formations secondaires sur sol plus profond (Sur le Plan) aboutissent plus rapidement à des stades plus fermés et à terme à des faciès forestiers. En conséquence, il conviendrait de surveiller la vitesse d’enfrichement et de programmer des travaux de débroussaillage le cas échéant.

 

Outre l’intérêt propre qu’elle présente, cette zone fait partie intégrante d’un réseau favorable à des échanges entre populations d’espèces calcicoles et thermophiles à l’échelle de la Combe d’Ain et des secteurs adjacents (notion de corridor écologique).

Commentaires sur la délimitation
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