Logo SINP - Système d'information sur la nature et les paysages

ZNIEFF 430014077
FALAISE, EBOULIS ET PELOUSE DE LA ROCHE BRIZENCHE

(n° régional : 40024002)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

 

En surplomb du village de Bois-d'Amont, la Roche du Creux, appelée aussi Roche Brizenche, a été modelée par des processus érosifs périglaciaires. Après avoir été redressées, les couches horizontales de calcaire massif du flanc sud-est de l'anticlinal du Risoux ont été ici érodées et ont ainsi formé une impressionnante falaise qui s'étire en Suisse sur la commune de Brassus.

 

 

 

Sur le sommet, la corniche est colonisée par la pelouse xérophile à genêt poilu et laser siler, un gazon très coloré en fin de printemps. Localement, l'accumulation de débris organiques dans des fissures rocheuses permet le développement d'une fruticée thermophile montagnarde à amélanchier, genévrier et nerprun des Alpes. En contrebas, la paroi abrite une végétation méditerranéo-montagnarde, apte à défier la rudesse des conditions écologiques régnant dans de simples anfractuosités, soumises à d'amples contrastes hydriques et thermiques. Les principales espèces sont l'athamante de Crête, la crapaudine à feuilles d'hysope, le saxifrage en panicule et le kernéra des rochers. L'inaccessibilité des vires rocheuses fournit des sites de nidification privilégiés pour le faucon pèlerin et le grand corbeau.

 

 

 

Au pied de la falaise, d'abondants éboulis mobiles, issus du délitement encore actuel de la paroi, sont partiellement occupés par l'association à rumex à écussons, qui héberge ici l'une des deux stations franc-comtoises de la belle linaire des Alpes. Les pierriers stabilisés du bas de pente, grossiers et ombragés, sont davantage le domaine de l'association à gymnocarpium de Robert. Tout en fixant le substrat et en diversifiant la structure des éboulis, l'amélanchier et le nerprun des Alpes marquent une transition avec une belle hêtraie-sapinière, développée sur les pentes adjacentes.

 

 

 

Sous la limite forestière, le pâturage est à l'origine d'autres milieux intéressants. Le groupement le plus recouvrant est la pelouse mésophile à gentiane printanière et brome dressé, qui héberge ici la gentiane croisette, peu commune en Franche-Comté. Cette pelouse est parsemée de zones écorchées épars, investies par des communautés d'orpins, et de pierriers dans la partie supérieure. Ces milieux profitent à des reptiles et des hyménoptères. Notons à ce titre que l'ammophile des Alpes, une petite guêpe, n'est actuellement connue que de ce site dans le Jura français. En lisière forestière, la minceur des sols permet la présence d'une pelouse à genêt poilu et laser siler, déjà observée sur la corniche. Enfin, une pression de pâturage plus intense sur le bas du coteau a transformé la pelouse mésophile en prairie montagnarde eutrophe. La qualité et l'organisation de tous ces milieux s'accompagnent d'une richesse entomologique assez exceptionnelle, comptant plusieurs espèces remarquables. Il s'agit notamment de l'azuré de la croisette, papillon menacé et protégé en France, de l'apollon, rare et protégé, mais non revu ces dernières années, ou encore du dectique verrucivore, une grosse sauterelle également menacée en France.

 

 

 

STATUT DE PROTECTION

 

Aucune protection réglementaire de l'espace n'a été mise en place. En revanche, la présence de plusieurs espèces végétales et animales protégées assure indirectement la protection de cette zone puisque est interdit tout acte de destruction à l'encontre de ces espèces et de leur milieu (arrêtés des 22.06.92 pour les plantes, 17.04.81 pour les oiseaux et 06.05.07 pour les insectes).

 

 

 

OBJECTIFS DE PRÉSERVATION

 

Les principales mesures de conservation du site concernent :

 

- la surveillance du développement de l'épicéa et des arbustes sur la corniche et dans les éboulis et une intervention ponctuelle en cas de mise en danger d'une station de plante rare,

 

- le maintien d'un pâturage extensif sur les pelouses et les prairies mésophiles du bas de pente,

 

- la canalisation et la réduction de la fréquentation humaine sur le belvédère, afin de limiter le piétinement des pelouses et assurer la tranquillité de l'avifaune en période de nidification de février à juin,

 

- la recherche d'une préservation juridique transfrontalière de l'ensemble de la Roche Brizenche.

 

 

Commentaires sur la délimitation

Le secteur englobe la falaise de la Roche (pas entièrement car une partie est sur territoire suisse : commune du Brassus), l'éboulis sous-jacent et la corniche rocheuse. Il englobe également un ensemble de pelouses mésophiles situées plus au sud abritant des hyménoptères remarquables.