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ZNIEFF 430015561
LA COMBE DE ROTALIER

(n° régional : 34000004)

Commentaires généraux

Description

 

La région naturelle du Revermont correspond au brusque escarpement du premier plateau jurassien dominant la plaine bressane. Dans ce contexte au relief mouvementé, la Combe de Rotalier constitue le fond d’un cirque dont les versants sont dominés par une paroi rocheuse. La délimitation de la zone englobe la pente abrupte en contrebas du lieu-dit « La Roche », d’exposition ouest à nord-ouest.

 

La végétation est presque entièrement forestière sur ce secteur. Les surplombs rocheux dominant le site sont colonisés par une chênaie sessiliflore thermophile, groupement peu répandu au plan régional et vraisemblablement méconnu. Sur les versants, à la faveur de l’exposition froide et d’un fort confinement, plusieurs types de forêts de ravins et de pente, reconnus d’intérêt prioritaire au plan européen, se répartissent selon la nature du substrat. L’érablaie à scolopendre s’installe sur des pentes fortes, sur des éboulis calcaires grossiers. Cette formation est répandue dans la région mais son extension est toujours limitée. En contrebas, ce groupement est relayé par une érablaie à corydale creuse ; celle-ci apparaît en fond de vallon confiné, souvent au niveau de sources ou suintements. Elle nécessite des sols profonds, frais et bien aérés, sur des colluvions complexes, où des blocs et cailloux calcaires sont mélangés à de la terre fine. Ces types forestiers sont inféodés aux méso-climats froids, en situations d’ubac ou de confinement. L’essence dominant la strate arborescente est l’érable sycomore, accompagné du frêne commun, de l’orme de montagne et du tilleul à grandes feuilles.

 

La flore, qui présente un caractère hygrosciaphile marqué, comprend une forte proportion d’espèces d’ombre et de sols frais, recherchant une humidité atmosphérique élevée : les mousses, lichens et fougères sont bien particulièrement représentés dans ces habitats. La scolopendre, caractéristique de ces milieux, accompagnée du polystic à aiguillons, est la fougère la plus abondante. Ces deux espèces sont courantes dans la région ; la première se trouve surtout sur des éboulis calcaires grossiers, alors que la deuxième recherche plutôt des colluvions fines, riches en cailloux (tels que des pierriers enrichis en terre fine). L’intérêt floristique de la zone est rehaussé par la présence du polystic à soies, qui bénéficie d’une protection en Franche-Comté. Cette fougère d’affinité atlantique est commune dans l’ouest de la France mais se raréfie nettement vers l’est. Les premiers plateaux et faisceaux de l’arc jurassien abritent une forte proportion des stations régionales de cette espèce. On rencontre également l'hybride entre ces deux polystics (Polystichum x bicknellii) ; il se caractérise en général par une vigueur supérieure à celle de ses parents.

 

Statut de protection

 

Aucune protection réglementaire de l’espace n’a été mise en place. En revanche, la présence d’une plante protégée confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêté ministériel du 22/06/92).

 

Objectifs de préservation

 

Du fait de sa nature et de la topographie, ce type d’habitat est stable à long terme, en dépit des perturbations périodiques que constituent les éboulements. Compte tenu à la fois des conditions d’accessibilité très limitées et de la haute valeur patrimoniale des groupements en place et de la flore associée, la gestion la plus justifiée consiste en une absence d’intervention. En effet, toute exploitation forestière tendrait à dégrader fortement la structure de ces boisements et nuirait aux espèces patrimoniales hygrosciaphiles ; puisqu’elles nécessitent à la fois une forte hygrométrie et un couvert ombragé, elles sont extrêmement sensibles à l’ouverture brutale du milieu générée par les abattages d’arbres. De plus, la conservation d’arbres creux, morts ou sénescents au sein des érablaies se révèle particulièrement propice au maintien d’une biodiversité élevée.

Commentaires sur la délimitation
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