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ZNIEFF 430015592
MONT DE CHAMPVANS

(n° régional : 14000117)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Au nord et au nord-ouest de Dole, plusieurs collines ponctuent la plaine et apportent une diversification de relief correspondant aux Avant-Monts du Jura. Le Mont de Champvans s’inscrit en situation périurbaine à proximité de l’agglomération doloise, dans un contexte dominé par des cultures intensives et des forêts. Les faciès affleurant calcaires et marno-calcaires du Jurassique supérieur sont propices à l’installation de groupements de pelouse qui occupent les versants ouest et nord. Les bancs calcaires ont fait l’objet d’une exploitation, dont il subsiste une ancienne carrière au nord de la zone. Les pelouses sont des formations végétales herbacées plutôt rases, qui se développent à la faveur de sols superficiels, voire squelettiques et discontinus, dont le degré nutritionnel et les réserves hydriques sont assez faibles, sur des versants bien ensoleillés. En outre, sur substrat marnicole, le fonctionnement présente une alternance de phases d’hydromorphie marquée et d’assèchement. Ces conditions contraignantes et sévères sélectionnent un cortège floristique tout à fait original, composé d’espèces inféodées aux milieux calcicoles méso-xérophiles (moyennement à très secs), caractérisées par le brome dressé, et d’autres typiques des pelouses marnicoles (molinie, succise des prés, gentianes amère et d’Allemagne). Leur intérêt patrimonial se révèle particulièrement élevé avec une forte proportion d’espèces d’affinité méditerranéenne, dont deux sont bénéficient d’une protection à l’échelon régional.

Sur le plan faunistique, ce type de milieu riche en plantes à fleurs est particulièrement favorable à de nombreux insectes : il accueille notamment de nombreux papillons, sauterelles et criquets, ainsi que la mante religieuse. Les reptiles, affectionnant les pelouses de grande superficie composées d’une mosaïque de milieux hétérogènes, sont également bien représentés. On note en particulier la présence de la couleuvre verte et jaune, recherchant ce type de formations herbacées plutôt sèches, rocailleuses et buissonnantes. Plusieurs oiseaux remarquables liés à ces milieux sont également contactés, comme l’alouette lulu et l’engoulevent d’Europe. Ce dernier recherche dans ces habitats les gros insectes dont il se nourrit ; ce visiteur d’été niche sur les secteurs écorchés à même le sol, ce qui lui confère une certaine vulnérabilité.

 

STATUT DE PROTECTION

Aucune protection réglementaire de l’espace n’a été mise en place. En revanche, la présence d’espèces de plantes et de reptiles protégés confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêtés ministériels des 22/06/92 et 19/11/07).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

La principale menace pesant sur ce mont est liée à la déprise agricole. En effet, comme dans toutes les pelouses sèches, l’existence et le maintien des groupements végétaux herbacés représentés sont conditionnés par la nature squelettique des sols, la persistance de pratiques pastorales extensives et l'absence de fertilisation. Suite à l’abandon du pâturage comme dans le cas présent, la pelouse se trouve progressivement piquetée d'arbustes (cornouiller sanguin, troène...) puis d'arbres, pour aboutir à ces stades pré-forestiers puis à des boisements de type chênaie-charmaie. La pérennité des stations d’espèces protégées pourrait donc être menacée à terme.

Compte tenu de leur qualité et leur originalité, les milieux naturels et les espèces actuellement recensés sur le Mont de Champvans méritent une attention particulière et la mise en place de mesures de gestion conservatoire : absence de dérangement et d'aménagement, restauration puis entretien raisonné et extensif des pelouses pour prévenir leur embroussaillement. Ces milieux relictuels sont également remarquables en tant qu’élément d’un réseau, dans la mesure où ils autorisent des échanges de populations. Leur préservation à l’échelle du nord Jura est donc primordiale.

Commentaires sur la délimitation
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