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ZNIEFF 430020003
LES COULOIRS

(n° régional : 40034016)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le Tacon emprunte une combe longue et profondément creusée, au profil en travers nettement dissymétrique. Ainsi le crêt occidental, comparativement au versant opposé, a une grande continuité topographique. Son dénivelé dépasse presque toujours 200 m et les corniches calcaires alimentent en débris des talus d'éboulis encore actifs. En surplomb des Bouchoux, les coteaux des Couloirs en constituent des versants orientaux particulièrement spectaculaires où l'imbrication des pelouses sèches et des barres rocheuses calcaires renforce l'intérêt paysager du site.

 

En continuité avec les secteurs de l'Enversy, le site des Couloirs concentre une grande diversité de milieux ouverts agrémentés de bosquets d'épicéas. Plusieurs types de pelouse se différencient en fonction du substrat et des pratiques agropastorales. Le groupement le plus représenté est la pelouse mésophile à gentiane printanière et brome dressé, une pâture très diversifiée qui occupe les sols peu à moyennement profonds du plateau et des pentes les plus faibles. Lorsque le sol s'amincit et que les conditions de sécheresse s'intensifient, on peut observer la pelouse à koelerie pyramidale et seslérie blanchâtre, sur les rendzines brunes très fortement calcaires des pentes les plus fortes, ou la pelouse à globulaires, sur les replats en arrière des corniches. Ces gazons sont parfois surmontés d'une fruticée thermophile montagnarde à amélanchier, cotonéaster tomenteux, nerprun des Alpes et sorbier de Mougeot. Lorsque les dalles rocheuses affleurent, c'est un groupement maigre composé d'annuelles, de petites plantes grasses, de mousses et de lichens qui investit les lieux. Enfin, de plus petites surfaces sont occupées par plusieurs types de pâtures et de prairies de fauche mésophiles, voire hygrophiles localement. Cette dernière situation correspond à une prairie grasse développée dans une dépression à humidité constante, liée à la perméabilité des sols et aux abondantes précipitations du climat montagnard. Au printemps, cette prairie de fauche est marquée par l'abondante floraison des narcisses, jonquilles et trolles.

 

Au sommet des petites barres rocheuses orientées vers la vallée du Tacon, les anfractuosités fraîches et ombragées des lapiaz sont investies par une flore originale dominée par les fougères comme la doradille rue-de-muraille, la scolopendre et le polystic en lance. En contrebas, des éboulis calcaires permettent le développement de l'association montagnarde à rumex à écussons. Elle trouve ici les pierriers mobiles et bien ensoleillés dont elle a besoin.

 

La diversité et la qualité des milieux rencontrés sur ce site s'accompagnent d'une richesse entomologique assez exceptionnelle. Cinq papillons figurent notamment sur la liste des insectes dont la conservation est prioritaire en Franche-Comté. Citons l'hespérie du faux-buis, le cuivré écarlate, l'azuré du thym, très localisé dans la région, ou encore les très belles populations de l'azuré du serpolet.

 

ETAT DE CONSERVATION GENERALE DU SITE

L'état de conservation du site est assez bon. Néanmoins, on peut noter la progression des ligneux menaçant les habitats d'intérêt du site. En outre, certaines parcelles sont sujettes à un pâturage intensif par les ovins, qui provoque une eutrophisation du sol et une homogénéisation de la végétation.

 

STATUT DE PROTECTION

Aucune protection réglementaire de l'espace n'a été mise en place. En revanche, la présence d'insectes protégés par l'arrêté ministériel du 06.05.07 assure indirectement la protection de cette zone puisque est interdit tout acte de destruction à l'encontre de ces espèces et de leur milieu.

 

OBJECTIFS DE PRÉSERVATION

Hormis les secteurs de dalles rocheuses, d'éboulis et de corniches qui ont une assez grande stabilité dans le temps et qui ne nécessitent qu'une lutte légère et ponctuelle contre les ligneux, les pelouses doivent faire l'objet d'une attention particulière afin d'éviter la colonisation par les épicéas et les genévriers. Des actions de gestion écologique pourraient d'ores et déjà être conduites pour rouvrir le coteau sous le point d'altitude 1212. Par ailleurs, l'impératif maintien d'un pâturage extensif peut passer par des mesures agri-environnementales contractées avec les usagers locaux. Enfin, il serait préférable d'éviter la banalisation du cortège floristique observée dans certains secteurs prairiaux en abandonnant ou en réduisant les épandages.

 

 

Commentaires sur la délimitation

La Z.N.I.E.F.F. est délimitée selon la zone d'extention des habitats suceptibles d'abriter une entomofaune intéressante.