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ZNIEFF 430020010
TOURBIERE DE LA CHAUMOZ

(n° régional : 40025004)

Commentaires généraux

COMMENTAIRE GENERAL

La tourbière de la Chaumoz est située à l’ouest du village de Chapelle-des-Bois, lui-même intégré à une vaste clairière au sein d’un très grand massif boisé composé de la forêt du Mont Noir à l’ouest et du Risoux à l’est. Elle occupe une petite cuvette, creusée dans les calcaires du Jurassique supérieur, à presque 1100 mètres d’altitude. L’épisode glaciaire qui a marqué la région au début du Quaternaire a laissé des traces et notamment le dépôt de matériaux morainiques imperméables, parfois de tourbe, qui aujourd’hui tapissent le fond des dépressions. Les conditions climatiques de ce secteur de la haute chaîne du massif jurassien sont particulièrement rudes. Les hivers très froids et longs, les précipitations importantes, l’absence de période sèche de longue durée, ces conditions s’ajoutant aux caractéristiques topographiques et géologiques du secteur, créent des conditions favorables à l’omniprésence de l’eau et à l’installation de milieux très originaux que constituent les tourbières.

 

Malgré sa situation à proximité de la forêt, la tourbière de la Chaumoz n’en présente pas moins les caractéristiques d’un site exceptionnel tant au niveau de la diversité des milieux qui la composent que de la flore et de la faune qui la fréquentent.

Un bas marais alcalin, première phase de l’élaboration d’une tourbière, héberge plus particulièrement la laîche à long rhizome, protégée au niveau national et la grassette commune, protégée en Franche-Comté. L’évolution de la tourbière conduit à la mise en place d’une tourbière haute, active, de forme bombée. Composée principalement de grands coussins de sphaignes qui accueillent le rossolis à feuilles rondes, elle est ponctuée de gouilles remplies d’eau en permanence où l’on observe la laîche des bourbiers, le lycopode des lieux inondés et la scheuchzérie des marais, toutes protégées au niveau national, plus localement la pinguicule (protection régionale).

Les abords de la tourbière sont occupés par des prés humides à trolle ou à molinie, qui hébergent une espèce très menacée et dont la Chaumoz constitue l’unique localité dans la région : la crépide rongée, et par des prairies de fauche mésohygrophiles.

Une mégaphorbiaie, sorte de prairie où les plantes atteignent un grand développement, assure la transition entre la tourbière et les prairies humides. Riche en espèces à longues périodes de floraison, elle offre de très bonnes potentialités à l’entomofaune, très diversifiée également ici. Trois espèces de papillons, inféodées à ces milieux riches en hautes herbes et menacées ont été détectées : le nacré de la canneberge, le solitaire et le fadet des tourbières. Le cuivré de la bistorte, espèce menacée avec le statut de vulnérable, s’observe indifféremment dans le site.

Les gouilles tourbeuses qui ponctuent le haut marais ne sont pas en reste. Elles accueillent plusieurs espèces d’odonates menacées dont la leucorrhine douteuse, la cordulie arctique et l’agrion hasté.

 

STATUT DE PROTECTION

La présence de plusieurs espèces végétales et animales (arrêtés ministériels des 31.08.1995, 22.06.1992 et 23.04.2007) assure directement la protection de ce site puisque tout acte de destruction à l’encontre de cette espèce et de son biotope est interdit. Ce site bénéficie également d’un statut de zone spéciale de conservation vis-à-vis de la Directive Habitats.

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Globalement bien conservé, le site de la tourbière de la Chaumoz est remarquable, malgré une activité d’exploitation de la tourbe qui a duré jusque dans les années 1950. Les fronts de taille des fosses de détourbage en témoignent encore. Afin d’assurer la pérennité de ce site, quelques mesures de préservation seraient judicieuses comme d’éviter toute opération de drainage et d’assainissement afin de limiter les déséquilibres hydriques, mais également d’éviter le pâturage sur la tourbière ou la fréquentation du public. Enfin, la réalisation d’aménagements destinés à encourager la fréquentation humaine ne peut être programmée que dans un cadre très strict.

Commentaires sur la délimitation

Limite de la tourbière (haut et bas-marais) et prairies humides périphériques abritant Crepis praemorsa.