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ZNIEFF 430020025
ETANG ET TOURBIERE DU GRAND SAINT-MAURICE

(n° régional : 35000009)

Commentaires généraux

Description

 

Situé dans le nord-est du département de la Haute-Saône, sur la commune de Saint-Germain, le complexe de l’étang et de la tourbière du Grand Saint-Maurice occupe une clairière dans un vaste massif boisé, entre le « Grand Bois » et les « Monts Reveaux ». La position topographique au fond d’une dépression peu marquée, le substrat imperméable constitué de formations glaciaires du Pléistocène, les conditions climatiques caractérisées par des épisodes pluvieux fréquents et importants, sont autant de paramètres propices à la quasi permanence de l’eau dans les sols et donc à l’installation de zones humides.

 

C’est le cas avec ce bel ensemble du Grand Saint-Maurice. Malgré sa situation en contexte forestier, il compte encore un bel éventail de milieux. D’abord formé d’un étang relativement étendu - la surface du site est d’environ 30 hectares - ce dernier compte un plan d’eau colonisé par de belles colonies d’utriculaires. Ses rives sont ponctuées, par endroits, de communautés de joncs et de roselières abritant une espèce rare en Haute-Saône : la scrophulaire des ombrages.

 

Mais l’intérêt écologique de cette zone humide réside surtout dans la présence d’une tourbière, écosystème plutôt rare en plaine et présentant ici tous les stades d’évolution dynamique de ce type de milieu original, localisé principalement dans la moitié nord du site.

La première phase de la formation de la tourbière, un bas marais acide, présente un fort intérêt patrimonial en hébergeant deux espèces protégées au niveau régional : l’écuelle d’eau et la gentiane des marais, ainsi qu’une espèce menacée : la laîche à utricules velus. La phase suivante permet l’évolution vers les tremblants tourbeux, ponctués de quelques gouilles, dans lesquelles ont été repérés la laîche des bourbiers et le rossolis à feuilles intermédiaires, deux espèces protégées au niveau national. L’atterrissement conduit à la formation d’une tourbière « bombée » acide. Cette dernière est constituée principalement de vastes coussins de sphaignes, propices à l’installation de belles populations d’andromède à feuilles de polium et de rossolis à feuilles rondes, espèces protégées. Ces deux espèces se retrouvent également dans la boulaie pubescente sur tourbe, dernière étape de l’évolution de la tourbière, en compagnie d’une espèce peu fréquente et menacée en France, la canneberge. Des fourrés de saules et de bourdaine complète l’éventail des habitats, assurant la transition avec des forêts plus mésophiles.

 

Ce dernier est à l’origine d’une belle diversité des composantes de l’entomofaune et plus particulièrement des libellules et des papillons diurnes. L’intérêt patrimonial lié aux libellules est traduit par la présence d’espèces peu fréquentes et menacées. La cordulie arctique, qui exploite les franges tourbeuses du site, est la plus sensible. La naïade à corps vert, le cordulégastre annelé et le sympétrum noir augmentent la valeur du site par leur présence.

 

Statut de protection

 

La présence de plusieurs espèce protégées et citées dans les arrêtés ministériels du 31.08.1995 et du 22.06.1992 confère directement un statut de protection au milieu. En effet, la législation interdit de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent.

 

Objectifs de préservation

 

Malgré une utilisation du plan d’eau à des fins halieutiques, les habitats présentent globalement un assez bon état de conservation. Leur pérennité, et notamment celles des milieux les plus prisés par l’entomofaune, passe par quelques mesures de prévention : préservation de la végétation d’hydrophytes et d’hélophytes, limitation de l’extension des cordons boisés ou arbustifs afin de limiter la fermeture du milieu néfaste à la diversité des insectes, précautions lors du réempoissonnement (utilisation stricte d’espèces locales), canalisation de la fréquentation dans les secteurs les moins intéressants d’un point de vue écologique.

Commentaires sur la délimitation
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