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ETANG DES ORANGERS ET DU BOIS DU MUROT

(n° régional : 50174028)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

A la limite départementale de la Haute-Saône et des Vosges, entre les bois du Murot et des Ravières, une tête de vallée a favorisé la formation de zones humides. Depuis longtemps, cette configuration a également permis l'aménagement de quelques étangs.

Complètement entouré de forêts, l'étang de l'Oranger a vu sa superficie en eau restreinte (quelques dizaines de mètres carrés) par une brèche dans la digue ayant induit une baisse générale du niveau depuis plusieurs décennies. Le bassin d'alimentation couvre une surface limitée et l'émissaire qui s'en échappe donne naissance à un petit ruisseau qui passe à la "Mousse" et rejoint le Breuchin, deux kilomètres en aval. La digue a été rénovée dans les années 2005 afin de retrouver un étang plus favorable à la pisciculture.

L'altitude, le climat froid et humide, le substratum géologique cristallin, la nature acide des eaux de ruissellement et des précipitations, les placages glaciaires qui augmentent l'imperméabilité et créent des verrous, le relief peu accidenté de la moyenne montagne vosgienne sont autant de conditions favorables à la formation de tourbières. Différentes situations favorisent cette genèse : accumulation et stagnation d'eau dans un point bas topographique, circulation d'eau le long d'une pente douce, radeau flottant à la surface d'un étang ; l'alimentation en eau se fait toujours latéralement ; les eaux météoriques pouvant se combiner avec l'alimentation latérale ou prendre totalement le relais.

Plus de la moitié des tourbières des Vosges comtoises est née à partir d'un radeau. C'est également le cas de celle de l'Oranger où le vaste radeau tourbeux riche en sphaignes, canneberge, trèfle d'eau, rossolis intermédiaire et à feuilles rondes, rhynchospores... illustre les stades initiaux de développement. Malgré son échouage consécutif à la baisse du niveau d'eau induite par la rupture de digue puis sa remontée suite à la récente remise en eau de l'étang, il occupe une superficie conséquente (plus d'un hectare). La périphérie est colonisée par des bouleaux ou des saules. D'autres espèces végétales rares mais typiques des eaux pauvres en éléments nutritifs accompagnent les premières : le potamot à feuilles de renouées, l'utriculaire jaune pâle, la violette des marais, les linaigrettes engainante et à feuilles étroites.

Cette zone héberge un papillon de jour faisant partie des papillons les plus menacés en France, le nacré de la canneberge, relique glaciaire protégée au niveau national. L'état de conservation général du secteur lui est assez favorable car il recherche des formations tourbeuses riches en canneberge, sa plante-hôte exclusive. Pour les odonates prioritaires, la présence du sympétrum noir est relevée. Son développement larvaire peut se poursuivre sur des milieux de très petite taille.

 

PROTECTION ACTUELLE

Ce secteur ne bénéficie d'aucune protection réglementaire. Les arrêtés ministériels des 20/01/82, 22/06/92 et 23/04/07 protégeant certaines espèces de flore et d'insectes en France et en Franche-Comté protègent également leur biotope.

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Les tourbières de Haute-Saône s'étendent sur moins de 250 hectares pour une centaine de sites. Leur rareté et l'intérêt de cette zone rend sa sauvegarde prioritaire Cela passe par :

- une gestion scrupuleuse des niveaux d'eau compatible avec le maintien durable des formations tourbeuses et des caractéristiques physico-chimiques et biologiques du ruisseau à truite situé à l'aval ;

- l'absence d'intervention pouvant nuire au développement du radeau ;

- la conservation des forêts et prairies humides environnantes où toute opération de drainage et d'assainissement est à éviter ;

- une exploitation traditionnelle et extensive des étangs pour lesquels le choix des espèces de poissons sera compatible avec la nature salmonicole du ruisseau aval ;

- des opérations de dégagement des ligneux pour rétablir les continuités entre zones tourbeuses sur ce secteur afin de faciliter les échanges de populations d'odonates entre les différents sites.

 

 

Commentaires sur la délimitation
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