Logo SINP - Système d'information sur la nature et les paysages

ZNIEFF 430020068
HAUTE VALLEE DE L'OUGEOTTE

(n° régional : 44183000)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

L'Ougeotte est un affluent de la Saône en rive droite, d'une longueur totale de 27 kilomètres. Elle traverse la partie nord des plateaux calcaires occidentaux de Haute-Saône, d'ouest en est. La zone de la haute vallée correspond au cours supérieur de l'Ougeotte, de sa source au droit d'Augicourt.

Le substrat géologique, relativement peu perméable (marnes et argiles du Trias, complexes marno-calcaires du Jurassique inférieur), est à l'origine d'un réseau hydrographique dense, dont le bassin versant est inclus dans le périmètre de la zone. Des plans d'eau sont également présents. Les ruisseaux, bien préservés, se distinguent par la bonne qualité des eaux et des habitats. Caractérisés par des fonds grossiers et des eaux froides, bien oxygénées, pauvres en éléments nutritifs et non polluées, ils abritent tout un cortège d'espèces indicatrices, qui y trouvent des zones de frayères, comme la lamproie de Planer, le chabot, la truite fario ou encore la salamandre tachetée. Ils sont également riches d'une faune invertébrée variée, indicatrice du bon état du milieu en regard de sa grande sensibilité aux pollutions diverses : écrevisses à pattes blanches, certaines familles de perles, d’éphémères et de trichoptères. Il est à noter que l’écrevisse à pattes blanches est un bon indicateur de la qualité de l’eau et de l’habitat aquatique. Sachant que 80 % de ses populations ont disparu depuis le milieu du XXe siècle en Franche-Comté, la préservation de cette espèce et des cours d’eau qui l’abritent est un enjeu majeur. Les milieux aquatiques diversifiés accueillent aussi le triton crêté, le sonneur à ventre jaune et la musaraigne aquatique. Parmi les libellules, l'agrion de Mercure, demoiselle protégée, affectionne les ruisseaux peu profonds bien ensoleillés et végétalisés.

Des massifs forestiers s'étendent sur les reliefs au sud de la zone (bois de l'Hourie, bois de Montigny, forêt de Cherlieu). La hêtraie neutrophile est dominante sur les plateaux alors que des aulnaies-frênaies colonisent les fonds de vallon. Ces vastes forêts hébergent le pic mar et le cerf élaphe, ainsi qu'une belle population d'une plante protégée dans la région.

La vallée de l'Ougeotte, ainsi que le secteur nord du bassin versant, offrent un paysage agricole plus ouvert, à dominante prairiale. En particulier, la présence de vergers et de pâturages bocagers y est significative. La structure paysagère en mosaïque est propice à l’accueil d’un cortège diversifié de passereaux, dont certains deviennent rares (pies-grièches grise et à tête rousse, huppe fasciée). Les chauves-souris y trouvent des terrains de chasse favorables (une colonie de mise-bas de petit rhinolophe a élu domicile dans l'église de Chauvirey-le-Chatel).

Enfin, le patrimoine historique est remarquable : restes de l'abbaye cistercienne de Cherlieu, château de Bougey, chapelle Saint-Hubert de Chauvirey-le-Chatel.

Trois ZNIEFF de type 1 sont incluses dans cette zone.

STATUT DE PROTECTION

Les ruisseaux des Aignelots, de Charomont, de Saint-Brice et de Cherlieu font l'objet d'un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope afin d'assurer la protection réglementaire des habitats de l’écrevisse à pattes blanches et des espèces de faune patrimoniale associées. Enfin, le site cistercien de Montigny-lès-Cherlieu est classé au titre de la loi de 1930.

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Les pratiques de gestion traditionnelles extensives ont contribué à créer des milieux semi-naturels particulièrement riches sur le plan écologique. De fait, cet ensemble abrite encore une flore et une faune autochtones exceptionnelles. Plusieurs types de menaces sont liés à l'évolution des pratiques agricoles et sylvicoles : l'abandon des vergers et l’arrêt des pratiques pastorales ou, au contraire, l'intensification, sont susceptibles de conduire à la disparition de certaines espèces. Il convient également de conserver les éléments structurants du paysage, tels que les haies.

Les cours d'eau de tête de bassin sont particulièrement fragiles et sensibles à toute dégradation. Il est donc essentiel de veiller à la préservation des habitats aquatiques et à la qualité de l'eau.

Commentaires sur la délimitation
Aucune information disponible