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ZNIEFF 430020131
ETANG MORAS

(n° régional : 14037018)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

La plaine de la Bresse s'étend entre la bordure externe de l'arc jurassien et le Massif Central. Au cours de l'ère tertiaire, cette partie nord du bassin d'effondrement du Rhône et de la Saône était occupée par un lac au fond duquel des alluvions se sont déposées sur de grandes épaisseurs. Le retrait progressif du lac bressan a laissé place à de vastes marécages.

 

La Bresse comtoise forme une entité paysagère et culturelle homogène, constituée d'un complexe interactif et cohérent d'étangs, de prairies et de boisements humides sur des sols peu perméables, dans un relief à peine vallonné. L'origine des étangs de Bresse semble remonter au XIIIe siècle. Ces plans d'eau, à vocation piscicole le plus souvent, ont été créés par l'homme. Leur faible profondeur et l'absence de gradient thermique autorisent le développement de la végétation sur toute la hauteur d'eau : les plantes aquatiques et amphibies se répartissent en ceintures concentriques de la pleine eau vers les berges selon les exigences hydriques. La gestion traditionnelle a permis l'installation d'écosystèmes de grande valeur biologique.

 

Dans la partie nord, l'étang Moras, au contour très sinueux, est entièrement inclus dans le vaste bois de Champrougier. En aval de la digue et aux extrémités, des boisements marécageux s'étendent sur des sols engorgés en permanence. Les massifs de roseaux sont surtout développés en queues d'étang, en association avec des formations à scirpe lacustre et des grandes laîches. La zone héberge un cortège de plantes caractéristiques de ces milieux, dont certaines sont rares. Parmi les espèces pionnières et héliophiles, inféodées aux berges d'étangs exondées en fin d'été, on recense le lythrum pourpier et le scirpe mucroné, ce dernier étant protégé en Franche-Comté. La marsilée à quatre feuilles, d'intérêt européen et protégée au plan national, semble quant à elle avoir disparu du site. Cette espèce supporte mal la concurrence et subit une régression généralisée en lien avec les modifications des pratiques de gestion des étangs.

 

Composante du réseau des étangs bressans, cette zone revêt également un grand intérêt pour l'avifaune (notamment pour les oiseaux paludicoles), qui trouve dans ces habitats imbriqués des lieux de reproduction et d'étape migratoire. Les roselières denses et inondées constituent le biotope de prédilection pour la nidification du blongios nain, le plus petit des hérons français. La Bresse constitue un bastion pour cette espèce en régression alarmante.

 

STATUT DE PROTECTION

Ce secteur est inclus dans la zone Natura 2 000 " Bresse jurassienne nord ". En outre, la présence de plantes protégées confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêtés ministériels des 20/01/82, 22/06/92 et 17/04/81).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Outre leur fonction d'habitat quasi-exclusif d'un certain nombre d'espèces rares et menacées, les étangs jouent un rôle important dans l'atténuation des pics de crue à l'aval (stockage des eaux de pluie) et de régulation des nutriments (lagunage).

 

La préservation de l'intégrité du milieu et de la qualité de l'eau ainsi que le contrôle du fonctionnement hydrologique sont les garants d'une bonne fonctionnalité écologique. Dans les étangs, il convient donc d'encourager la poursuite d'une pisciculture extensive. L'eutrophisation serait notamment préjudiciable au maintien du cortège floristique inféodé à ces milieux. La pérennité de ces habitats est liée à la préservation des pratiques de gestion traditionnelles : limitation de l'artificialisation des rives, conservation et entretien respectueux des ceintures végétales actuelles, baisse du niveau des eaux en fin d'été. L'assec périodique, quant à lui, favorise la minéralisation de la matière organique et le rajeunissement du milieu. Enfin, le maintien des essences de feuillus, l'absence de drainage ou d'assainissement permettent de préserver le niveau de diversité biologique au sein des boisements périphériques.

 

 

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