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ZNIEFF 430020161
BIEF DE CORNE

(n° régional : 45000002)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Enserré entre la forêt d'Arbois à l'ouest et la forêt des Moidons à l'est, le Bief de Corne est un vallon sec situé au nord du plateau lédonien. Malgré sa couverture par des formations hétérogènes, allant de la moraine argileuse à blocs erratiques, aux dépôts fluvio-glaciaires et aux lacustres, ce vallon a une morphologie karstique. Les dolines qui le parsèment résultent en fait de l'évolution du calcaire bathonien diaclasé situé sous les dépôts morainiques. Cette diversité de substrats est en partie à l'origine d'une mosaïque de groupements prairiaux d'une grande rareté à cette altitude.

 

Outre les cultures et les prairies amendées, la végétation du Bief de Corne est principalement entretenue par la fauche et dans une moindre mesure par le pâturage. Les milieux soumis à ces deux dernières pratiques présentent ainsi une diversité étonnante, liée à la variété des sols qui reposent tantôt sur des moraines épaisses, tantôt directement sur le karst. Les sols superficiels du sommet des collines abritent généralement la pelouse calcaire mésoxérophile à phalangère rameuse et brome dressé, parfois imbriquée avec une formation d'ourlet thermophile. Sur les sols plus épais, ce groupement est remplacé par la pelouse mésophile à sainfoin et brome dressé. Localement, ces pelouses sont ponctuées de dalles calcaires, investies par des communautés d'orpins. En bas des pentes, les sols profonds et décarbonatés accueillent davantage la pelouse à danthonie et brachypode penné, qui présente l'originalité d'abriter une flore acidicline peu représentée dans le massif jurassien. Sur les fonds de combe, un groupement à nard raide s'acidiphie encore, jusqu'à ne plus contenir d'espèces typiques des pelouses calcaires. Lorsque le substrat s'imperméabilise, la molinie connaît un fort développement et domine des prairies à humidité variable, renfermant aussi bien des espèces de bas-marais que des espèces de milieux secs, auxquelles se joignent des espèces acidophiles.

 

L'intérêt floristique du Bief de Corne réside aussi dans la cohabitation de cortèges d'espèces à tendance subméditerranéenne et montagnarde. Cette coexistence, classique sur les corniches des falaises jurassiennes, est en réalité beaucoup plus rare dans les situations où les effets d'exposition sont peu influents. Par ailleurs, la présence d'espèces alpines ou eurosibériennes, ordinaire en montagne, est originale à cette altitude. Enfin, la flore de ce vallon contient quelques espèces remarquables, à l'instar de l'œillet superbe, protégé nationalement, du millepertuis de Richer et du fenouil des Alpes, tous deux très rares dans la partie jurassienne de la Franche-Comté.

 

La diversité et l'agencement des milieux de ce vallon s'accompagne d'une richesse entomologique assez exceptionnelle. Le damier de la succise, papillon protégé en France, s'illustre aux côtés d'autres espèces remarquables comme le criquet jacasseur et le dectique verrucivore, menacés d'extinction en France et en Franche-Comté. Les oiseaux se distinguent avec l'alouette lulu et la pie-grièche écorcheur, deux espèces en déclin en Europe, qui trouvent ici le bocage et les prairies maigres dont elles ont besoin. Enfin, les reptiles et les amphibiens sont bien représentés, appréciant pour la plupart l'alliance des zones humides prairiales et des zones écorchées des anciennes carrières.

 

STATUT DE PROTECTION

Aucune protection réglementaire de l'espace n'a été mise en place. En revanche, la présence de plusieurs espèces végétales et animales, citées dans des listes de protection nationales ou régionales, assure la protection de cette zone puisque est interdit tout acte de destruction à l'encontre de ces espèces et de leur milieu.

 

OBJECTIFS DE PRÉSERVATION

Les principales menaces pesant sur le Bief de Corne sont les éventuelles extensions des boisements d'épicéas réalisés au sud-ouest du vallon et la reprise potentielle de l'activité de la grande carrière localisée au cœur du site. En parallèle, la conservation des milieux exceptionnels passe par le maintien d'une agriculture extensive alors qu'une intensification des activités est constatée au cours des dernières années avec l'apparition de cultures, de prairies artificielles et d'apports de fertilisants sur certaines pelouses. De ce fait, le site est scindé en deux parties.

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