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ZNIEFF 430020168
VALLEES DU LISON ET DE LA VAU

(n° régional : 36103006)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

 

Peu après sa source, le Lison s'encaisse dans des gorges sinueuses qui entaillent les assises du Jurassique moyen sur une dizaine de kilomètres. Il serpente alors entre des versants forestiers, localement surmontés de falaises plus ou moins vertigineuses. De la rivière aux rebords du plateau, ce vallon réunit un ensemble de milieux d'une grande qualité écologique et paysagère.

 

 

 

En contrebas, les alluvions, périodiquement engorgés, sont colonisés par la frênaie-érablaie. Malgré son intérêt prioritaire au niveau européen, cette formation est ici trop souvent enrésinée. Sporadiquement, des suintements le long du chemin permettent le développement d'une végétation originale à laîche pendante, souvent accompagnée de la laîche maigre. Certains bas de versant garnis d'éboulis sont investis par des formations rares en Franche-Comté et toujours très localisées. Les situations fraîches conviennent ainsi à l'association à cystoptéris fragile et scolopendre. A l'inverse, les situations moins confinées profitent à un groupement à galéopsis à feuilles étroites.

 

 

 

Sur les versants, la variabilité de la topographie et de l'exposition modifient considérablement les conditions écologiques. Les pentes froides sont le domaine des forêts hygrosciaphiles. Les situations chaotiques accueillent l'érablaie à scolopendre et la hêtraie à tilleul, et plus généralement sur les pentes moins fortes la hêtraie-chênaie neutrophile. A l'opposé, les versants bien exposés sont occupés par les hêtraies thermocalcicoles sur les éboulis pierreux et les tillaies sèches s'accommodent des blocs instables. Outre leur intérêt communautaire, toutes ces formations constituent un refuge pour de nombreuses espèces. L'inaccessibilité à la sylviculture des pentes les plus fortes favorise en effet la conservation d'arbres morts pour des communautés animales et végétales étroitement liées à cette ressource, beaucoup plus rare dans les forêts exploitées, et offre des zones de quiétude aux mammifères forestiers.

 

 

 

Les falaises permettent l'expression d'autres groupements originaux, développés dans les anfractuosités et adaptés à la rudesse des conditions écologiques régnant dans de tels endroits. Faucon pèlerin, hibou grand duc et grand corbeau bénéficient des vires rocheuses pour nicher. Au pied des parois, l'enrichissement naturel des sols en azote profite à de petites espèces annuelles comme l'hutchinsie des pierres, protégée en Franche-Comté. Sur les corniches et les promontoires rocheux, la pelouse à laîche humble et anthyllide des montagnes et la pelouse à œillet de Grenoble et fétuque des rochers occupent de petites surfaces sous forme de gazons écorchés, à la floraison éclatante en fin de printemps. Ces deux formations d'une très grande valeur patrimoniale côtoient les communautés d'orpins, les buissons épars d'une fruticée thermophile montagnarde à amélanchier et les liserés de chênaie pubescente qui soulignent les lapiaz des rebords de plateau.

 

 

 

STATUT DE PROTECTION

 

Sur certains versants, la tranquillité du faucon pèlerin est assurée pendant la période de nidification par un arrêté préfectoral de protection de biotope. Par ailleurs, la présence de plusieurs espèces animales et végétales protégées assure indirectement la protection de cette zone puisque est interdit tout acte de destruction à l'encontre de ces espèces et de leur milieu (arrêtés des 17/04/81, 8/12/88, 22/06/92 et 19/11/07).

 

 

 

OBJECTIFS DE PRÉSERVATION

 

Hormis le respect de la tranquillité de l'avifaune rupestre, la conservation de ce site passe par la conduite d'une exploitation forestière respectueuse de la haute valeur patrimoniale des groupements en place. Cela implique la proscription de tout nouvel enrésinement et la préférence du débuscage au câble lors des récoltes plutôt que la création de nouvelles pistes. La spécificité des forêts de pente plaide également en faveur d'une gestion jardinatoire par bouquets ou pied à pied, voire même d'un abandon de l'exploitation pour les peuplements forestiers à faible potentialité. Enfin, l'entretien du GR 590 qui longe la rive droite du Lison doit être vigilant à l'égard des groupements riverains.

 

 

Commentaires sur la délimitation
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