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ZNIEFF 430020212
VALLEE DU COMBOIS

(n° régional : 35000036)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Au sud du massif du Ballon d'Alsace, le pays sous-vosgien se caractérise par un chevelu hydrographique dense de ruisseaux (appelés " gouttes "), qui dévalent les pentes. Le Combois, issu de la réunion de plusieurs de ces gouttes, se jette dans le Rhôme, appartenant au bassin versant de la Savoureuse. La pluviométrie abondante sur les reliefs associée à un dénivelé important, surtout en amont, confère à ce cours d'eau un débit irrégulier, de type torrentiel. Le lit majeur du Combois se situe dans un contexte géologique d'alluvions sur substrat primaire acide.

Dans la partie amont, plusieurs gouttes s'écoulent sous couvert de hêtraie. La végétation est caractéristique des sources et ruisselets sur sols acides, avec les dorines à feuilles opposées et à feuilles alternes et la balsamine des bois.

Aux Senardins, les ruisseaux enserrent un secteur de prairies fauchées et pâturées avec quelques vergers de plein vent. Ces prairies submontagnardes sont caractérisées par le fenouil des Alpes et un cortège d'espèces acidiclines telles que le gaillet des rochers. Quelques étangs à exondation estivale hébergent le lythrum pourpier. Les ruisseaux sont bordés de prés humides pouvant évoluer vers des faciès humides paratourbeux et acidiclines à molinie bleue et à jonc à fleurs aigues, en mélange avec des espèces de mégaphorbiaies et de bas-marais.

Le secteur des Têtes d'Hanus et de Chaux est entaillé de gouttes qui rejoignent le Combois. Dans un contexte essentiellement forestier, il recèle des mini-landes à fougères avec une très belle population de gaillet des rochers.

En pied de pente, des forêts hygrophiles de type aulnaie-frênaie et aulnaie marécageuse à hautes herbes, sont favorisées par le resserrement de la vallée et la convergence de l'ensemble des gouttes. Les faciès les moins humides sont caractérisés par la laîche brize. Ces boisements sont envahis par la balsamine géante.

Vers l'aval, aux Fouillies Villemain, un ensemble prairial se différencie en trois entités selon le degré d'humidité : une prairie franchement inondable à séneçon aquatique et scorsonère des prés, un groupement intermédiaire où ces faciès inondables se disposent en mosaïque avec des pelouses acidiclines à danthonie retombante et une petite prairie acidiphile plus sèche et oligotrophe à nard raide, de grand intérêt patrimonial.

L'ensemble des ruisseaux présente des eaux fraîches et oxygénées d'excellente qualité et des fonds grossiers autorisant la présence d'invertébrés polluo-sensibles rares et du cortège piscicole typique des têtes de bassin : chabot, truite fario et lamproie de Planer, ces deux dernières espèces étant protégées au plan national.

En connexion avec la vallée de la Savoureuse, ce secteur de prairies humides offre des conditions optimales au cuivré des marais, papillon également protégé en France.

 

STATUT DE PROTECTION

Aucune protection réglementaire de l'espace n'a été mise en place. En revanche, la présence d'espèces protégées confère indirectement un statut de protection aux milieux naturels et aux ruisseaux en particulier : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêtés ministériels des 21/07/83, 8/12/88, 22/06/92 et 23/04/07).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Des menaces actives pèsent sur le site : drainage des dépressions paratourbeuses affectant le cortège floristique associé, présence de la balsamine géante et de la renouée du Japon, plantes envahissantes dont l'extension doit être contrôlée, pratiques sportives de type VTT sur les Têtes à encadrer.

Comme pour l'ensemble des zones humides, les fonctions de ce secteur sont essentielles dans le cycle de l'eau : régulation du débit, alimentation des nappes souterraines, auto-épuration des eaux de surface. Il importe donc de préserver :

- un bon fonctionnement hydrique, en évitant toute opération pouvant contribuer à l'assèchement des prairies humides (drainage ou assainissement),

- les écosystèmes des ruisseaux, particulièrement sensibles aux pollutions et au colmatage sédimentaire.

 

 

Commentaires sur la délimitation
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