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ZNIEFF 430020279
SOURCE DE LA SIRENE

(n° régional : 46000007)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Les paysages de la région naturelle de la Combe d'Ain se caractérisent par une succession de lacs, de prairies humides et de forêts, entrecoupés de plis de relief bien marqués. Les cours d'eau, nombreux, s'écoulent souvent en cascade au passage de ces ruptures de pente. Au cours de l'ère quaternaire, ce plateau au sud de Champagnole a été considérablement remodelé par les phénomènes glaciaires, tour à tour agents d'érosion ou de placage de dépôts morainiques imperméables. La Sirène, qui appartient au réseau hydrographique de l'Ain, prend sa source à proximité de Bonlieu puis, suivant un cours orienté vers l'ouest, dans un paysage de haies riveraines, prairies de fauche et pâtures, elle descend du plateau qu'elle entaille de gorges spectaculaires avant de rejoindre le Drouvenant. Un étang a été aménagé dès sa source et, au delà des secteurs prairiaux, le bassin versant est occupé essentiellement par la forêt.

La Franche-Comté montre une grande richesse en cours d'eau dont la diversité répond à celle des situations physiques qu'elle offre. Selon la nature géologique du sous-sol, la topographie, la climatologie et la couverture végétale, on peut établir une typologie des cours d'eau et définir une zonation amont-aval à laquelle correspondent des peuplements de flore et de faune distincts. En tête de bassin, les ruisseaux comme la Sirène se caractérisent souvent par une pente assez forte (4 %), des fonds grossiers et des eaux dont la qualité devrait être optimale, c'est-à-dire fraîches et oxygénées, pauvres en éléments nutritifs et non polluées. Dans ce cas, ces cours d'eau abritent tout un cortège d'espèces indicatrices qui y trouvent des zones de frayères comme la lamproie de Planer, le chabot, la truite fario ou la salamandre. Ils sont riches d'une faune invertébrée variée et très sensible aux pollutions diverses : écrevisses à pieds blancs, perles (familles des perlidae, perlodidae, taeniopterygidae, chloroperlidae), trichoptères (familles des odontoceridae, philopotamidae, brachycentridae) et éphémères (genres epeorus, rhithrogena).

 

STATUT DE PROTECTION

Une protection réglementaire de l'espace est mise en place (arrêté de protection de biotope du 01/07/09). De plus, la présence de plusieurs espèces d'amphibiens, poissons et invertébrés cités dans les arrêtés ministériels des 19/11/07, 8/12/88 et 21/07/83 assure la protection de cette zone puisque tout acte de destruction à l'encontre de ces espèces et de leur milieu de vie est interdit.

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Ces ruisseaux font partie de ces écosystèmes remarquables qui se sont considérablement raréfiés de sorte qu'il n'en subsiste aujourd'hui qu'une bonne centaine en Franche-Comté. Leur bon état de conservation est lié à la préservation du bassin versant ; cependant la nature acide de leurs eaux les rend très vulnérables. Des mesures de protection doivent, donc, impérativement et rapidement être mises en place car l'intégrité de ces systèmes aquatiques est chaque jour menacée et un peu plus dégradée. D'une manière générale, ils font l'objet de pollutions chimiques ou organiques diffuses, de travaux anarchiques tantôt sur le lit mineur ou en bordure immédiate, de braconnage et d'alevinages intempestifs (notamment en espèces non indigènes) ou encore d'agressions diverses en lien avec l'exploitation sylvicole et agricole intensives. Le respect des préconisations réglementaires est de nature à garantir la préservation durable de ces ruisseaux, en accordant une attention particulière à la maîtrise des rejets domestiques du village de Bonlieu. En effet, l'enrichissement en matières organiques et en éléments minéraux entraîne immédiatement la disparition du cortège d'espèces indicatrices. De plus, la présence d'un étang en amont peut induire des altérations de la qualité de l'eau (réchauffement des températures et colmatage des fonds). L'introduction d'écrevisses américaines par le biais d'alevinages est également une menace sérieuse ; outre une concurrence avec les espèces autochtones, elle comporte des risques sanitaires de transmission de pathologies.

 

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