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ZNIEFF 430020286
ETANG ET MARAIS DU BARCHET

(n° régional : 46000019)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Le secteur de Passonfontaine marque la transition entre les plateaux et la haute chaîne du Jura. Juste au sud du village, des dépôts marneux imperméables, intercalés dans les formations calcaires du Jurassique, sont à l'origine de la formation d'un plan d'eau, l'étang du Barchet et de zones humides s'étendant au pied d'une crête, le Cerneux. Cet étang de tourbière oligotrophe, assez vaste, est prolongé au nord par deux petits plans d'eau artificiels. Une aulnaie-saulaie marécageuse s'étire vers le sud-est, jusqu'au fond du vallon. De part et d'autre de l'étang tourbeux, des suintements à flanc de coteau déterminent la formation de marais de pente, colonisés par des pins sylvestres à l'ouest. Le site, d'une grande qualité paysagère, est parcouru par un sentier de découverte.

Dans le massif du Jura, en altitude, les facteurs climatiques sont propices à l'installation de tourbières. A partir de cuvettes remplies d'eau, les tourbières se forment et évoluent lentement depuis environ 12 000 ans : colonisation de l'eau libre (tremblants), atterrissement (bas-marais alcalin), puis tourbière bombée (haut-marais acide) et, enfin, assèchement et installation des ligneux.

L'étang du Barchet correspond aux premiers stades de formation d'une tourbière. Il est bordé de formations à trèfle d'eau et prêle des rivières, constituant des radeaux flottants. A contrario, les étangs artificiels sont eutrophes et leur flore est plus banale. Le marais de pente, présentant un faciès intermédiaire entre un bas-marais alcalin et une prairie paratourbeuse oligotrophe à molinie, est le milieu le plus remarquable du site. A côté d'espèces courantes et caractéristiques comme la molinie, la callune ou la succise, il est caractérisé par l'abondance de la laîche puce et de la laîche blonde. Ces formations se distinguent par des sols alcalins pauvres en nutriments et soumis à des fluctuations de niveau d'humidité. Un cortège floristique de plantes à fleurs originales et spécialisées, de répartition strictement limitée, leur est associé. Parmi celles-ci, une plante hémiparasite, la pédiculaire des bois et une plante carnivore, la grassette commune, particulièrement abondante, sont protégées à l'échelon régional. Le site comporte également de belles stations de parnassie des marais et de gentiane ciliée. Une mégaphorbiaie, formation hygrophile de hautes herbes, occupe la majeure partie de la zone. Les espèces (reine des prés, canche cespiteuse, jonc diffus…) se répartissent selon un gradient d'hygrophilie. La polémoine bleue, protégée en France, y est signalée.

La richesse en plantes à fleurs est particulièrement favorable à de nombreux insectes floricoles ; parmi les espèces de papillons de jour recensées (48 espèces), le damier de la succise, le cuivré de la bistorte, le fadet des tourbières sont protégés à l'échelon national. Les milieux aquatiques et zones humides se révèlent également riches en libellules et demoiselles.

 

STATUT DE PROTECTION

Aucune protection réglementaire de l'espace n'a été mise en place. En revanche, la présence d'espèces végétales et d'insectes protégées confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêtés ministériels des 20/01/82, 22/06/92 et 6/05/07).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

A l'ouest de l'étang du Barchet, les mégaphorbiaies et le marais de pente sont sillonnés de drains rectilignes qui en perturbent l'hydrologie. Les bas-marais alcalins font partie des habitats ayant subi la régression la plus grave et leur préservation est d'un intérêt majeur. Afin de préserver le fonctionnement hydrique de la zone, toute opération de drainage ou d'assainissement dans le secteur, ou à contrario de mise en eau, sont à éviter. Les apports d'engrais, provoquant un enrichissement en éléments nutritifs, sont déconseillés au sein de la zone et dans les prairies mésophiles environnantes. Dans le cas contraire, il s'ensuivrait un déséquilibre trophique préjudiciable à la flore très spécialisée des écosystèmes oligotrophes du bas-marais et de l'étang. L'enfrichement du bas-marais est un facteur d'évolution à surveiller.

Pour cet ensemble de grande valeur, un plan de gestion a été mis au point avec le Conservatoire des espaces naturels de Franche-Comté.

 

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