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ZNIEFF 430020442
RUISSEAU DE L'EUGNEY

(n° régional : 36104024)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Dans sa haute vallée, la Loue incise profondément les plateaux calcaires ondulés du Jurassique. De part et d’autre du cours principal, le plateau d’Ornans est entaillé par de nombreuses reculées annexes, très digitées, telles que celle du ruisseau de l’Eugney. Celles-ci étant creusées dans des assises à dominante marneuse, leurs versants ont une pente relativement douce. Seuls les calcaires massifs du faciès Rauracien ont résisté et forment des escarpements bien visibles dans le paysage. Le ruisseau de l'Eugney est un affluent en rive gauche de la Loue dans laquelle il se jette en amont d'Ornans. Le cours d'eau présente une pente assez forte, de 6,8 % au maximum.

 

La Franche-Comté montre une grande richesse en cours d'eau, aussi divers qu’elle offre de situations physiques. Selon la nature géologique du sous-sol, la topographie, la climatologie et la couverture végétale, on peut ainsi établir une typologie des cours d'eau et définir une zonation amont-aval à laquelle correspondent des peuplements distincts. En tête de bassin, le ruisseau de l’Eugney se caractérise par des eaux froides dont la qualité devrait être optimale, c'est-à-dire fraîches et oxygénées, pauvres en éléments nutritifs et non polluées. Dans ce cas, les cours d'eau de ce type abritent tout un cortège d'espèces indicatrices, qui y trouvent des zones de frayères, comme la lamproie de Planer, le chabot, la truite fario ou encore la salamandre et le sonneur à ventre jaune. Ils sont également riches d'une faune invertébrée variée et très sensible aux pollutions diverses : écrevisses à pattes blanches, certains genres ou familles de perles (Perlidae, Perlodidae, Chloroperlidae…), d’éphémères (Epeorus, Habrophlebia) et de trichoptères (Odontoceridae, Brachycentridae…). Il faut souligner que l’écrevisse à pattes blanches possède un caractère indicateur en regard de la qualité de l’eau et de l’habitat aquatique. Sachant que 80 % de ses populations ont disparu depuis le milieu du XXe siècle en Franche-Comté, la préservation de cette espèce et des ruisseaux qui l’abritent apparaît comme un enjeu majeur.

 

Ce cours d'eau s’écoule en contexte majoritairement forestier. En aval, il traverse des prairies fauchées collinéennes mésophiles et mésotrophes à gaillet vrai et trèfle rampant. Des pelouses sèches installées à la faveur de sols plus superficiels sont également présentes de part et d'autre du ruisseau : elles se déclinent en formations mésophiles calcicoles (à brome dressé et sainfoin) ou acidiclines (à danthonie retombante et brachypode penné) sur des secteurs décalcifiés en surface.

 

STATUT DE PROTECTION

Cette zone est incluse dans le réseau Natura 2000 « Vallée de la Loue » et fait l’objet d’un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope en vue de la protection réglementaire des habitats de l’écrevisse à pattes blanches et des espèces patrimoniales associées. En outre, la présence d’espèces protégées confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêté ministériel du 21/07/83). Enfin, ce secteur fait partie du site inscrit « Haute et Moyenne Vallée de la Loue » au titre de la loi de 1930.

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Ce ruisseau fait partie de ces écosystèmes remarquables qui se sont considérablement raréfiés en Franche-Comté de sorte qu'il n'en subsiste qu’un peu plus d’une centaine aujourd'hui. D’une manière générale, ces ruisseaux de tête de bassin font trop souvent l'objet de pollutions chimiques ou organiques diffuses (d’origine parfois lointaine dans ces systèmes karstiques), de travaux anarchiques tantôt dans le lit mineur ou en bordure immédiate, de braconnage et d'alevinages intempestifs (notamment en espèces non indigènes) ou encore d'agressions diverses sur le bassin versant. La protection réglementaire mise en place vise à garantir la préservation durable de ce ruisseau.

 

Par ailleurs, la préservation des pelouses passe par le maintien d’un degré d’ouverture suffisant et l’absence de fertilisation.

Commentaires sur la délimitation
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