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ZNIEFF 430020451
EN VILLARET

(n° régional : 46000059)

Commentaires généraux

COMMENTAIRE GENERAL

Au sein du massif jurassien, la Combe d'Ain constitue une région naturelle particulièrement diversifiée. Deux entités majeures peuvent être distinguées. La première est représentée par la vallée de l'Ain, qui traverse, selon une orientation nord-sud, des paysages au relief calcaire tourmenté. L'autre composante correspond à la région des lacs, dont l'origine glaciaire a permis le développement de grandes plaines marécageuses.

 

Dans la partie méridionale, la zone En Villaret correspond à un coteau dont l’exposition varie de l’est au sud-ouest. Ce secteur de pelouse plus ou moins enfrichée s’étend de part et d’autre d’une ancienne carrière actuellement remblayée, sur un substrat géologique calcaire ou localement marnicole du Rauracien et du Séquanien (Jurassique supérieur).

 

Plusieurs types de pelouses sont répartis selon la nature du substrat : formation à laîche humble et brome dressé, assez sèche, où fleurit l’anémone pulsatille (assez rare en Franche-Comté), groupement à brome dressé et blackstonie perfoliée sur substrat marneux ou d’origine glaciaire, ou encore association à danthonie retombante et genêt sagitté sur sol décalcifié. Des dalles calcaires affleurantes sont colonisées par une végétation pionnière dominée par des orpins et l’ail des montagnes. L’évolution naturelle de ces milieux en l’absence d’intervention tend vers une colonisation par la forêt, ce qui se traduit par la présence de divers faciès d’enfrichement : ourlets thermophiles à peucédan des cerfs, fruticées et stades préforestiers. Cette dynamique est particulièrement marquée dans la partie nord de la zone, largement envahie par des buissons de prunelliers.

 

Le substrat imperméable en bas de versant est à l’origine du développement de formations humides autour du ruisseau de Saint-Germain : bas-marais à laîche de Host, prairie humide à canche cespiteuse, formation à saule pourpre et bourdaine.

 

Ce site se démarque par sa valeur sur le plan entomologique : le cortège de papillons diurnes, riche et diversifié, totalise en effet 45 espèces, dont 12 de grand intérêt patrimonial. Quatre d’entre elles sont protégées : la bacchante, liée aux formations herbacées hautes des lisières sèches et boisements clairs, le damier de la succise, hôte des pelouses marnicoles, ainsi que les azurés du serpolet et de la croisette, intimement liés aux plantes-hôtes des chenilles (thym serpolet et gentiane croisette, respectivement), mais également à des espèces particulières de fourmis. L’azuré de la croisette fait l’objet d’un plan de restauration régional.

 

STATUT DE PROTECTION

Aucune protection réglementaire de l’espace n’a été mise en place. En revanche, la présence d’insectes protégés confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêté ministériel du 23/04/07).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

D’une manière générale, ces milieux semi-naturels subissent une régression alarmante. Les menaces sont liées notamment à l’enfrichement, qui conduit à une banalisation des habitats et des espèces. Cette zone est soumise à un pâturage équin, mais il semble que cette exploitation extensive ne soit pas suffisante à elle seule pour contenir la densification de la strate herbacée et la progression des ligneux. Ainsi, il serait souhaitable d’entreprendre des travaux de débroussaillage dans les secteurs les plus enfrichés, en favorisant l’alternance de plages dégagées et d’îlots de buissons, tout en ménageant des transitions progressives.

Par ailleurs, il convient de surveiller la progression de la vergerette annuelle, plante potentiellement envahissante, qui tend à coloniser les pelouses à partir de l’ancienne carrière. Toute extension de cette zone artificialisée est à proscrire.

Outre l’intérêt propre qu’elle présente, cette pelouse fait partie intégrante d’un réseau favorable à des échanges entre populations d’espèces calcicoles et thermophiles à l’échelle de la Combe d’Ain et joue à ce titre un rôle de corridor écologique.

Commentaires sur la délimitation
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