ZNIEFF 430020462
JEAN-FAIVRE ET À LA LAVE

(n° régional : 38000012)

Commentaires généraux

COMMENTAIRE GENERAL

A l’est du département du Doubs, la frontière entre la France et la Suisse est marquée naturellement par la rivière Doubs. Après une incursion helvétique, ce cours d’eau entre à nouveau sur le territoire français et s’écoule jusqu’à Saint-Hippolyte au fond d’une vallée encadrée par des versants relativement pentus, parfois entrecoupés de petits vallons transversaux, le tout constitué de formations calcaires, marno-calcaires et marneuses du Jurassique moyen et supérieur. Ces niveaux apparaissent parfois à l’affleurement ou sont recouverts de dépôts superficiels de type éboulis en de nombreuses localités. Située à l’interface entre étage collinéen et étage montagnard dans cette partie du département, la vallée du Doubs recèle un nombre d’habitats très important dont certains sont assez peu fréquents dans la région, de même qu’une belle diversité spécifique, aussi bien pour la flore que pour la faune.

Le territoire communal de Soulce-Cernay est assez représentatif du relief général de cette partie de la vallée du Doubs. Le site de « Jean-Faivre et À La Lave », d’une surface de quatre hectares environ, occupe une partie des versants qui dominent un vallon perpendiculaire à la vallée du Doubs, en rive gauche : le vallon du Ruisseau de la Raie de Charbonney. S’étendant entre 450 et 500 m d’altitude, sur une pente d’orientation principale à l’est, ce site composé de milieux ouverts est totalement enclavé dans un vaste massif forestier. Ces milieux ouverts constituent de ce fait des reliques d’anciens pâturages, beaucoup plus vastes il y a quelques années. Les prés sont ponctués çà et là d’îlots de buissons plus ou moins abondants, marquant une évolution dynamique de la végétation vers la fermeture des milieux. Un sentier de randonnée traverse les prés avant de rejoindre les rives du Doubs en contrebas.

Malgré sa surface réduite et une végétation composée, somme toute, d’espèces assez banales dans la région, ce site n’en présente pas moins un intérêt indéniable, marqué par les espèces d’insectes qu’il héberge et notamment les papillons diurnes. Ces derniers, au nombre d’une bonne vingtaine d’espèces repérées sur le site, comptent par exemple un taxon désigné comme prioritaire pour la conservation en Franche-Comté (rang III ORGHF) et déterminant pour les Z.N.I.E.F.F. ; il s’agit du petit mars changeant. Ce papillon affectionne les formations ligneuses hygrophiles, dominées par les aulnes, les saules, espèces abondantes dans ces vallées. D’autres espèces, inscrites également sur la liste rouge des insectes menacés en Franche-Comté, affichent un intérêt patrimonial non négligeable (rang IV ORGFH) : actéon, gazé, céphale, lucine.

STATUT DE PROTECTION

Ce site est intégré en totalité dans le site Natura 2000 « Vallées du Dessoubre, de la Reverotte et du Doubs (FR 4301298 – FR 4312017).

OBJECTIFS DE PRESERVATION

La situation de ces prés enclavés au sein d’un important massif boisé, leur faible superficie, leur éloignement de tout îlot d’exploitation et les accès difficiles sont autant de contraintes et de menaces pour la pérennité du site. Il serait sans doute judicieux de procéder à un contrôle de l’extension dynamique des formations arbustives et arborées, afin de maintenir des milieux ouverts suffisamment importants en surface pour la conservation des populations d’insectes, de même que pour assurer les connexions avec les milieux ouverts du voisinage : bas des versants, vallon du Ruisseau de Charbonney… Par ailleurs, la gestion conservatoire des lisières de forêt plus humides comme celles qui existent dans le fond de la vallée du Doubs et le long du Ruisseau de Charbonney, permettraient la maintien des essences telles que l’aulne glutineux, les trembles, les saules, les bouleaux… et s’avèreraient favorables à la pérennité de certaines espèces de Nymphalidae (mars et sylvains).

Commentaires sur la délimitation
Aucune information disponible