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ZNIEFF 430020474
LE RISOUX

(n° régional : 40024004)

Commentaires généraux

COMMENTAIRE GENERAL

L’arc jurassien se présente sous la forme d'un grand croissant en escalier dont la Haute Chaîne, à une altitude comprise entre 1100 et 1500 m, forme le dernier rempart avant la dépression de la plaine helvétique. Lors du retrait des derniers glaciers, l'érosion a été très forte sur la partie sommitale de ces massifs montagneux. C'est elle qui a façonné le relief que nous connaissons aujourd'hui, notamment en transformant le replat sommital en une succession d'immenses dépressions et de combes étroites. Ces dernières conservent tard dans l'année de grandes masses d'air froid. On les nomme "trous à gelée" ou "combes à neige", puisqu’il y gèle quasiment tous les mois de l’année. Sur les sommets, le calcaire a subi l'influence du gel et de l'eau qui, en s'infiltrant, a dissous le carbonate de calcium. Les grandes dalles subhorizontales qui en résultent sont très largement fissurées, laissant place à des laizines. Elles sont recouvertes par un sol composé d’humus brut, acide, masquant l’influence du calcaire sous-jacent. Les conditions climatiques sont particulièrement rudes : froid hivernal intense et prolongé, neige abondante, vents violents, fortes précipitations... et la saison de végétation relativement courte.

 

Intégré au Parc Naturel Régional du Haut-Jura, le massif du Risoux, vaste forêt de 7 km de long sur 3 km de large, est situé au nord de la faille de Morez. Le relief correspond à celui d'un vaste synclinal d'aspect tabulaire, bordé de pentes abruptes et d’escarpements, à une altitude moyenne de 1 230 m. Le sous-sol est constitué de calcaires du Jurassique supérieur, à l’origine de sols très filtrants.

 

Cette forêt présente une belle diversité de groupements : hêtraie-sapinière, plus ou moins artificialisée selon les cas, hêtraie à adénostyle et érablaie à spirée sur les versants les plus marqués, pessière à doradille sur les champs de laizines. Aux altitudes supérieures, on remarque la présence d’une forme peu typée de la hêtraie à érables.

Le massif du Risoux est émaillé de plusieurs « clairières », certaines étant d’ailleurs assez étendues. Les arbres en sont généralement absents ou alors un peu plus nombreux dans les pré-bois. Les groupements herbacés des clairières sont des pelouses sèches sur les sols les plus superficiels ou des prairies de fauche montagnardes à subalpines. Les dépressions plus humides sont le siège de belles mégaphorbiaies. En complément, un inventaire des syrphidés du site a été mis en œuvre et l'analyse des résultats par la méthode "Syrph the Net" a permis d'évaluer l'état de conservation des habitats. En effet, les syrphes sont d'excellents bio-indicateurs et il apparaît que la forêt du Risoux est un site à forte potentialité, d'importance régionale et en bon fonctionnement.

 

L’ensemble de ces habitats accueillent un certain nombre d’espèces protégées au niveau national ou régional et ce autant pour la flore que pour la faune. Les espèces emblématiques du Risoux restent tout de même le grand tétras, la chevêchette d’Europe, le venturon montagnard ou encore la gélinotte des bois. Le lynx et le chat forestier sont également des hôtes habituels de ce massif.

 

STATUT DE PROTECTION

Un arrêté préfectoral de protection de biotope, en date du 14.04.92, assure la protection réglementaire des habitats du grand tétras. Le Massif du Risoux correspond également à un site Natura 2000 depuis 2009. En outre la présence de plusieurs espèces citées dans les arrêtés ministériels du 22.06.92, du 9.07.99, du 23.04.07 et du 29.10.09 assure la protection de cette zone puisque tout acte de destruction à l’encontre de ces espèces et de leur milieu de vie est interdit.

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Le maintien de ce vaste massif forestier, de sa faune et de sa flore exceptionnelles mais également de ses habitats dont certains sont assez peu fréquents en Franche-Comté, sera assuré à condition de prendre quelques mesures de gestion. La maîtrise de la fréquentation touristique, aussi bien estivale qu’hivernale, permettra d’assurer la quiétude du grand tétras et des espèces qui lui sont ordinairement associées. La gestion forestière sera menée en respectant le peuplement en place et en limitant les interventions lourdes dans les secteurs de laizines, milieux relativement sensibles. Il conviendra également de mener une gestion différenciée en faveur des stades vieillissants et du bois mort afin d'augmenter la fonctionnalité globale du site. Le maintien des secteurs de pré-bois, si typiques de la montagne jurassienne, passe par l’abandon des plantations résineuses dans ces sites.

Commentaires sur la délimitation
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