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ZNIEFF 430020476
PRAIRIES ET PELOUSES DE LA COMBE DE LAISIA ET LA GRANDE MOLUNA

(n° régional : 40034019)

Commentaires généraux

COMMENTAIRE GENERAL

Le Flumen, cours d’eau du bassin versant de la Bienne, a formé un canyon jalonné de cascades d’un intérêt paysager remarquable. Dans cette région, les conditions géomorphologiques (encaissement des vallées, opposition de versants plus ou moins abrupts, contraste entre anciennes vallées glaciaires et plateaux) et géologiques (diversité de nature du substrat calcaire) sont à l’origine d’une grande variété de milieux naturels.

 

Sur le plateau dominant la vallée du Flumen, dont l’altitude oscille autour de 1200 mètres, un vaste ensemble paysager aux grandes potentialités écologiques surplombe et ceinture en partie la Combe de Laisia. Le substrat calcaire et marno-calcaire du Jurassique supérieur y est localement recouvert de dépôts plus ou moins imperméables d’origine glaciaire ou karstique. Cette zone est occupée par des formations herbacées ouvertes alternant avec des friches et bosquets. Au sud, vers la Petite Molune, les faciès de prés-bois prédominent.

 

Plusieurs groupements de pelouse d’affinité montagnarde se répartissent en mosaïque : association mésophile à gentiane printanière et brome dressé, ou plus localement à renoncule des montagnes et agrostide capillaire sur des secteurs décalcifiés, et même un groupement nettement acidiphile à nard raide apparaissant à la faveur de conditions particulières (sols plus épais des dépressions où la neige persiste longtemps). Les affleurements calcaires sont colonisés par une végétation pionnière à orpins et pâturin des Alpes. Sur le plateau, sur terrain plus profond et sous l’effet du pâturage, les pelouses cèdent la place à des prairies à gentiane jaune et crételle ou à alchémille et crételle. Les parties basses correspondent à des prés fauchés mésophiles (à euphorbe verruqueuse et avoine dorée) ou humides (à trolle d’Europe et cirse des ruisseaux ou à jonc). Quelques bosquets ponctuent la zone, de même que des friches à épilobe à feuilles étroites et framboisier. La flore associée à ces habitats est riche et diversifiée. On soulignera en particulier la présence de la gentiane croisette, rare en Franche-Comté.

 

Outre son intérêt propre, cette espèce des prairies maigres et pelouses mésophiles est la plante-hôte des chenilles de l'azuré de la croisette. Ce dernier fait partie des dix taxons d’intérêt patrimonial recensés au sein du cortège de papillons de jour, qui comprend également l’azuré du serpolet. Ces deux espèces protégées en France sont non seulement inféodées à la présence de la plante-hôte de leurs chenilles (gentiane croisette et thym serpolet, respectivement), mais aussi à celle d’espèces précises de fourmis. Sur ce site, la population d’azuré de la croisette est l’une des plus importantes connues en Franche-Comté. Les hespéries du faux-buis, de la mauve et le cuivré de la verge d’or, peu communs, sont également mentionnés.

 

STATUT DE PROTECTION

La zone est incluse dans le site Natura 2000 « Vallée de la Bienne, du Tacon et du Flumen ». En outre, la présence d’insectes protégés confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêté ministériel du 23/04/07).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

D’une manière générale, les pelouses sèches sont des milieux relictuels et en régression. Actuellement, ce secteur bénéficie d’une exploitation par pâturage bovin ou fauche. Il importe de conserver des pratiques extensives (chargement modéré, amendements limités dans les prairies et inexistants dans les pelouses). Sur le coteau, un défrichement ponctuel régulier serait également souhaitable afin de préserver l’équilibre entre zones ouvertes et bosquets. De plus, compte tenu des enjeux entomologiques majeurs identifiés sur ce site, il est essentiel de veiller au respect des stations de gentiane croisette.

Outre l’intérêt propre qu’elle présente, cette zone fait partie intégrante d’un réseau favorable à des échanges entre populations d’espèces calcicoles et thermophiles et joue à ce titre un rôle de corridor écologique.

Commentaires sur la délimitation
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