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ZNIEFF 430020490
TRÈS LA VILLE ET LA COMBE DE LÉARY

(n° régional : 40034024)

Commentaires généraux

COMMENTAIRE GENERAL

A l’extrême sud du département du Jura, le Tacon, principal affluent de la Bienne, prend sa source aux Bouchoux, puis parcourt une combe très encaissée jusqu’à la confluence à Saint-Claude. Ce cours d’eau a incisé le plateau de façon très spectaculaire, formant un canyon d’un remarquable intérêt paysager. Les conditions géomorphologiques (encaissement des vallées, opposition de versants plus ou moins abrupts, contraste entre anciennes vallées glaciaires et plateaux) et géologiques (diversité de nature du substrat calcaire) sont à l’origine d’une grande variété de milieux naturels dans ce secteur.

 

Au sud du village des Bouchoux, le vaste complexe de Très la Ville et la Combe de Léary comprend une belle mosaïque de pelouses et de prairies en bon état de conservation. Le substrat géologique est essentiellement constitué de dépôts d’origine glaciaire recouvrant les niveaux calcaires du Jurassique moyen (Bathonien) ; ceux-ci affleurent par endroits. Les facteurs écologiques sont favorables à l’implantation de pelouses dans ce secteur : sols superficiels à squelettiques, faibles réserves en eau, relative pauvreté en éléments nutritifs, ensoleillement important. Sur ce site, cinq groupements mésophiles (assez secs) typiques du Jura français sont rencontrés. Ils se répartissent selon la nature et l’épaisseur du sol et reflètent un gradient altitudinal : pelouses calcicoles à sainfoin et brome ou à gentiane printanière et brome, pelouses acidiclines sur sol décalcifié à danthonie retombante et brachypode penné ou à renoncule des montagnes et agrostide capillaire, et enfin, formation à calamagrostide panachée et molinie. Cette dernière, particulièrement rare et localisée dans la région, est installée sur des pentes marneuses très fortes. Les conditions contraignantes de ces milieux entraînent la sélection d’un cortège floristique typique, riche en éléments devenant rares.

 

Des prairies mésophiles fauchées ou pâturées complètent l’ensemble, ainsi que des formations de hautes herbes plus humides, en bordure du Tacon (mégaphorbiaies à reine-des-prés) ou en lisière forestière (ourlets nitrophiles à égopode podagraire).

 

Cette mosaïque d’habitats ouverts ponctués de bosquets est favorable à l’accueil d’une faune typique. En particulier, le cortège de papillons de jour est riche et diversifié, avec 30 espèces recensées. Bien qu’aucun taxon protégé ne soit mentionné, il faut toutefois souligner la présence de plusieurs espèces d’intérêt patrimonial, en régression avec celle de leurs habitats : le fadet de la mélique, la virgule, l’hespérie des sanguisorbes, le céphale et l’azuré bleu-nacré sont liés à des milieux secs et chauds (pelouses plus ou moins buissonneuses et prairies maigres), alors que le gazé affectionne les structures bocagères.

 

STATUT DE PROTECTION

La zone est incluse dans le site Natura 2000 « Vallée de la Bienne, du Tacon et du Flumen ».

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

D’une manière générale, les pelouses sèches sont des milieux semi-naturels relictuels et en régression. Le plus souvent, elles sont menacées par l’abandon lié à la déprise agricole. En effet, l’évolution naturelle en l’absence d’entretien tend vers une recolonisation de la forêt, ce qui se traduit par la présence de faciès plus enfrichés. Ce site exploité par pâturage bovin extensif présente un bon état de conservation. La poursuite de ces pratiques agro-pastorales traditionnelles est donc à encourager. En outre, la présence de lisières très découpées ajoute encore à la qualité biologique de ce site.

Outre l’intérêt propre qu’elle présente, cette zone fait partie intégrante d’un réseau favorable à des échanges entre populations d’espèces calcicoles et thermophiles à l’échelle du bassin de la Bienne et joue à ce titre un rôle de corridor écologique (notamment pour les papillons). En ce sens, il pourrait être intéressant de dégager partiellement les boisements sommitaux, afin de permettre une liaison fonctionnelle plus efficace avec les habitats similaires implantés sur le versant opposé (les Couloirs).

Commentaires sur la délimitation
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