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ZNIEFF 430020502
SUR LA GRANDE ROCHE

(n° régional : 41000002)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

 La région naturelle de la Petite Montagne est caractérisée par un relief tourmenté correspondant à une succession de crêtes orientées généralement nord-sud. A l’est de ce secteur, la vallée de l’Ain, entaillée par des gorges encaissées, a été ennoyée suite à la construction du barrage hydro-électrique de Vouglans. En rive gauche du lac de retenue, la zone Sur la Grande Roche s'étend tout en longueur sur un versant pentu, barré par un linéaire de falaise, qui domine la route D470 entre le pont de la Pyle et Coyron.

Sur ce site bien exposé, installé sur un substrat calcaire du Jurassique supérieur, les conditions sont favorables à l’installation de pelouses : ces formations herbacées assez basses se développent sur des sols superficiels à squelettiques, relativement pauvres en éléments nutritifs, aux réserves en eau très limitées. Les conditions contraignantes entraînent la sélection d’une flore caractéristique, riche en espèces d’affinité méditerranéenne. La dynamique naturelle d'évolution de ces milieux tend vers une recolonisation par les ligneux, ce qui se manifeste par la présence d’ourlets thermophiles et de fourrés de buis. Ces formations sont entrecoupées d'affleurements rocheux colonisés par des groupements pionniers à orpins. Ainsi, cet ensemble thermophile est constitué d'une mosaïque de petites pelouses en voie d'enfrichement.

En dépit de leur superficie modeste, ces habitats structurés de façon hétérogène accueillent une faune typique. En particulier, le peuplement de papillons de jour se distingue par son intérêt patrimonial : le caractère thermophile de ce secteur le rend particulièrement attractif pour plusieurs espèces en régression. La bacchante, protégée en France, affectionne les lisières chaudes et les formations boisées claires riches en graminées hautes. Deux autres papillons peu courants, les théclas du coudrier et de l'amarel, recherchent ce type de milieu sur calcaire, sec et riche en buissons. Le caractère rocailleux est favorable à l'apollon ; celui-ci n'a toutefois pas été revu récemment.

De plus, la falaise se révèle propice aux oiseaux rupestres, notamment au faucon pèlerin qui niche sur les vires rocheuses. Les parois escarpées constituent le biotope de prédilection de ce rapace emblématique qui a failli disparaître en France.

STATUT DE PROTECTION

Aucune protection réglementaire de l’espace n’a été mise en place en dehors des dispositions de la loi Littoral qui s'appliquent au lac de Vouglans. En revanche, la présence d'espèces protégées confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêtés ministériels des 23/04/07 et 29/11/09).

OBJECTIFS DE GESTION

D’une manière générale, les pelouses subissent une régression alarmante et deviennent relictuelles. Sur ce site de faible superficie, aucune utilisation particulière n'est constatée. De ce fait, la principale menace est liée à la dynamique d'enfrichement : une fermeture rapide des milieux est à craindre en l'absence d'intervention. Cette évolution serait défavorable à la conservation de la flore et de la faune liées aux milieux ouverts. Il convient donc de mettre en place une gestion conservatoire (opérations ménagées de défrichement, complétées par un entretien par pâturage extensif), afin de retrouver des plages de pelouses piquetées de buissons et des lisières stratifiées. En effet, une structure paysagère hétérogène se révèle la plus favorable à une biodiversité élevée.

Il faut noter que l'implantation de bâtisses sur la partie haute constitue une menace supplémentaire.

Par ailleurs, il convient d'éviter toute source de dérangement aux oiseaux rupestres, afin de leur garantir les conditions de tranquillité indispensables, et ce, surtout durant la période de nidification.

Enfin, la conservation de cette zone est d’autant plus importante qu’elle fait partie intégrante d’un réseau favorable à des échanges entre populations d’espèces calcicoles et thermophiles. En particulier, ce site bénéficie d'échanges faunistiques avec le secteur voisin d'En Sapey.

Prospection 2018 :

Le Thésium à feuilles de lin, (Thesium linophyllon L., 1753), déterminant ZNIEFF, n'a pas été retrouvé.
Les pelouses xérothermophiles primaires, de rebord de falaise, se maintiennent sous la forme de patchs de quelques mètres carrés à dizaines de mètres carrés, notamment dans la partie Ouest du site.
En retrait, sur les replas du plateau, les pelouses sèches en lambeaux, sont recolonisées massivement par les fourrés de buis.
Un usage agropastoral durable basé sur un système de petits ruminants (ovins) pourrait être mis en place sur ce site.

Commentaires sur la délimitation
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