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ZNIEFF 430020527
BOIS DES ECOLLETS ET DE VIRY

(n° régional : 40026000)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Les forêts de Viry et des Ecollets sont caractérisées par les groupements de végétation habituels des forêts mixtes de montagne.

La hêtraie-sapinière représente le stade climacique de l'étage montagnard supérieur et occupe les secteurs d'altitude inférieure à 1200 - 1300 mètres, sur les pentes moyennes et faibles. Le peuplement est dominé par le hêtre et l'épicéa, le sapin étant inégalement réparti (absent dans la partie sud). La nature des sols et la régénération naturelle du hêtre, très dynamique sur certains secteurs peut induite l'existence de hêtraies denses. A ces exceptions près, les hêtraies sapinières sont traitées en futaie jardinée si bien que le sous-bois, toujours frais, est particulièrement riche en espèces herbacées. Quelle que soit l'altitude, les forêts de pente se succèdent et se remplacent selon les mêmes lois : variation de la taille, de la mobilité des cailloux, pourcentage d'espaces vides entre les blocs. Ainsi, en situation plus froide et sur éboulis plus ou moins grossiers, la hêtraie-sapinière évolue vers une hêtraie à adénostyle ou une érablaie à spirée, lorsque l'éboulis est enrichi en terre fine. A partir de 1200 m d'altitude, sur sol acidifié en surface par les précipitations abondantes, la hêtraie-érablaie peut se rencontrer sous forme d'îlots ponctuels. Sur les lapiaz fortement érodée, s'installe la pessière à doradille où l'épicéa assure à lui seul la couverture arborée. Dans les nombreuses dépressions apparaissent fréquemment des mégaphorbiaies d'altitude (formation de hautes herbes sols eutrophes) à laitue des Alpes.

Enserrée entre deux crêts calcaires, la dépression de Choux et de Vulvoz appartient à une belle combe marneuse parcourue par plusieurs ruisseaux. Les versants latéraux sont surmontés localement d'un superbe linaire de falaises calcaires, dont le Cuchet constitue une corniche rocheuse remarquable. Ce belvédère permet d'apprécier le village de Choux en contrebas et le cirque rocheux de Vulvoz plus au nord, dont la configuration évoque une véritable reculée, paysage caractéristique de la partie jurassienne de la Franche-Comté.

Les habitats rencontrés sur le Cuchet présentent un fort intérêt patrimonial en raison de leur nature primaire et de leur fonction de refuge pour de nombreuses espèces très spécialisées. Les sols squelettiques carbonatés du plateau et du haut de versant exposé au sud accueillent la pelouse xérophile à genêt poilu et laser siler, un gazon de seslérie blanchâtre dominé par les hautes tiges du laser siler. Localement, la fissuration de la roche s'accompagne d'une accumulation de débris organiques sur lesquels parvient à se développer une fruticée thermophile montagnarde à amélanchier, genévrier et nerprun des Alpes. La corniche exposée sud ou ouest est longée d'une étroite pelouse thermoxérophile, caractérisée par la laîche humble, les germandrées et par l'anthyllide des montagnes qui anime la corniche de sa superbe floraison purpurine. Au pied de la falaise, des cônes d'éboulis issus du délitement de la paroi par gélifraction permettent le développement de l'association montagnarde à rumex à écussons sur les éboulis mobiles bien ensoleillés du haut de pente, puis de l'association à gymnocarpium de Robert sur les pierriers stabilisés, plus grossiers et ombragés du bas de pente. Des fourrés à base d´amélanchier, de nerprun des Alpes ou de sorbier de Mougeot contribuent à fixer ces éboulis. La forêt est la formation la plus recouvrante sur les pentes rocailleuses du Cuchet. Elle est représentée par une chênaie buissonnante dominée par les chênes pubescent et sessile et l'érable à feuilles d'obier qui adoptent ici des formes tortueuses en raison des conditions hydriques extrêmes. La strate herbacée devient davantage recouvrante sur la corniche avec la présence accrue de la seslérie blanchâtre. Dans la continuité, les stations bien exposées du nord-ouest de la corniche sont le domaine de la hêtraie à seslérie bleue, un taillis à base de hêtre et d'alisier blanc potentiellement riche en espèces patrimoniales. Enfin, les sols les plus profonds du plateau sont occupés par une hêtraie-sapinière neutrophile assez commune à l'étage montagnard inférieur.

Cet ensemble forestier est connu comme un des bastions historiques du grand tétras ; il présente ici une population limitée relictuelle. Cette forêt constitue un des dix massifs du massif jurassien où la conservation de l'espèce est assurée avec, toutefois, des fluctuations assez importantes d'une décennie à l'autre si bien que la conservation de ce massif est considérée comme prioritaire par les spécialistes. Comme pour toutes les forêts dont l'altitude dépasse 1000 mètres, la gélinotte des bois reste bien représentée dans ce massif. Parmi les autres espèces, il faut signaler la présence de la chevêchette d'Europe, espèce pour laquelle une légère extension de l'aire de répartition est observée. Ces trois espèces ne doivent pas occulter, d'une part, la présence d'effectifs non négligeables dans les massifs périphériques et d'autre part, le reste du peuplement de ce massif : cassenoix moucheté, merle à plastron, venturon montagnard, pic noir offrant des cavités à la chouette de Tengmalm, bécasse.

Commentaires sur la délimitation
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