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ZNIEFF 430020535
BOIS DE CHAULE

(n° régional : 41023001)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Dans le Haut-Doubs, la montagne du Laveron sépare le bassin du Drugeon du lac Saint-Point et de la vallée du Doubs. Les calcaires du Jurassique supérieur constituent l’essentiel de l’armature de cet anticlinal qui s’étend selon un axe nord-est/sud-ouest. Ce massif culminant à 1112 mètres d’altitude est occupé par une forêt mixte bien caractéristique des montagnes très arrosées : la hêtraie-sapinière représente le stade climacique de l'étage montagnard supérieur sur les pentes moyennes à faibles.

 

Dans ce contexte, entre Bouverans et La Planée, le bois de Chaule correspond à un ensemble bien typé. Le peuplement arboré y est dominé par le hêtre et l'épicéa, le sapin étant inégalement réparti et même absent dans la partie sud. La régénération naturelle du hêtre, localement très dynamique, peut induire l'existence de hêtraies denses. A ces exceptions près, les hêtraies-sapinières sont traitées en futaie jardinée ; cette gestion sylvicole permet de conserver un sous-bois frais particulièrement riche en espèces herbacées d’affinité montagnarde. Quelques clairières enclavées dans ces boisements sont occupées par des communautés de hautes herbes (mégaphorbiaies) et des affleurements rocheux apparaissent localement, la couche d’humus étant peu épaisse.

 

Cet ensemble forestier est surtout connu comme l’un des bastions historiques du grand tétras, oiseau emblématique de la montagne jurassienne ; la population y est toutefois limitée à moins de cinq coqs. Cette espèce subit une forte régression dans toutes les montagnes en France. Bien que sa répartition soit très étendue dans le massif jurassien, sa présence est toutefois sporadique. Le bois de Chaule constitue l’un des dix massifs forestiers du Jura où la conservation de l'espèce semble être assurée ; de ce fait, sa préservation est considérée comme prioritaire par les spécialistes. Cependant, des fluctuations d’effectifs assez importantes sont constatées d'une décennie à l'autre. La variabilité de structure des communautés forestières et le fort degré de naturalité en font aussi un site favorable à nombre d’autres oiseaux typiques, comme la gélinotte des bois (bien représentée dans ce massif, comme dans toutes les forêts dont l’altitude est supérieure à 1000 mètres), la chevêchette d'Europe (dont une légère extension de l'aire de répartition est observée), ainsi que le casse-noix moucheté, le merle à plastron, le venturon montagnard, le pic noir, la chouette de Tengmalm (qui utilise les cavités creusées par ce dernier) et la bécasse.

 

STATUT DE PROTECTION

Aucune protection réglementaire de l’espace n’a été mise en place. En revanche, la présence d’espèces protégées confère indirectement un statut de protection au milieu : la législation interdit en effet de porter atteinte aux espèces et aux milieux qui les supportent (arrêté ministériel du 29/10/09).

 

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Le principal objectif de gestion concerne le maintien des habitats favorables au grand tétras, qui constitue l’enjeu majeur sur ce site, et à l’avifaune associée. Sur le plan sylvicole, la gestion optimale (futaie jardinée ou irrégulière par parquets) vise à maintenir une forêt mature (avec de gros bois), un mélange d’essences diversifié, associant feuillus et résineux, et à obtenir un couvert clair et stratifié, ainsi qu’une bonne richesse en myrtilles et fourmilières : plus que la composition des peuplements, c’est leur structure qui importe. De plus, les conditions de silence et de tranquillité doivent impérativement être garanties, d’une part en hiver (la pratique de loisirs hivernaux hors des pistes balisées contribue à perturber les oiseaux de façon durable lorsqu’ils se nourrissent), d’autre part en période de reproduction et d’élevage des jeunes (rester sur les chemins forestiers du printemps à l’automne).

 

Le déclin observé fait suite à des modifications d’habitats (pratiques sylvicoles, fermeture des milieux, voirie forestière accrue, morcellement) auxquelles s’ajoute une augmentation (parfois forte) de la pression liée au dérangement.

Commentaires sur la délimitation
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