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ZNIEFF 430020537
FORÊTS DE LA CHAUX-DU-DOMBIEF, DES PIARDS ET DE PRÉNOVEL

(n° régional : 41029000)

Commentaires généraux

Description

La forêt de de la Combe Raillard et des Mouillières est caractérisée par les groupements de végétation habituels des forêts mixtes de montagne.

La hêtraie-sapinière représente le stade climacique de l'étage montagnard supérieur et occupe les secteurs d'altitude inférieure à 1200 - 1300 mètres, sur les pentes moyennes et faibles. Le peuplement est dominé par le hêtre et l'épicéa, le sapin étant inégalement réparti (absent dans la partie sud). La nature des sols et la régénération naturelle du hêtre, très dynamique sur certains secteurs peut induite l'existence de hêtraies denses. A ces exceptions près, les hêtraies sapinières sont traitées en futaie jardinée si bien que le sous-bois, toujours frais, est particulièrement riche en espèces herbacées.

Sur les lapiaz fortement érodée, s'installe la pessière à doradille où l'épicéa assure à lui seul la couverture arborée.

Dans les dépressions apparaissent fréquemment des mégaphorbiaies d'altitude (formation de hautes herbes sols eutrophes) à laitue des Alpes.

Le lac tourbeux de la Fauge offre une physionomie remarquable avec sur ses pourtours de nombreuses formations à sphaignes, des cariçaies et des faciès de bas-marais à linaigrette très typés. Le lac en lui-même présente des berges assez abruptes en lien avec le développement de sphaignes en contact immédiat, ce qui aboutit à une colonisation centripète. Ceci n'empêche toutefois pas la prolifération d'une flore aquatique luxuriante, surtout sur la partie du sud du lac où nous avons pu noter la présence de belles nupharaies et de tapis de potamots relativement denses. Le lac de la Fauge reste très enclavé et entièrement ceinturé par des formations forestières résineuses ou mixtes.

Le cortège odonatologique est particulièrement intéressant et comprend parmi les espèces les plus remarquables l'agrion gracieux, l'agrion hasté, la cordulie arctique et la cordulie à taches jaunes. Ces quatre taxons sont inscrits en catégorie quasi-menacée NT selon les critères UICN. Au vu de la physionomie du lac, un inventaire plus poussé des Odonates serait intéressant à engager sur cette zone car il est probable que des taxons discrets et en faibles effectifs puissent être recensés avec un effort d'échantillonnage plus conséquent.

Chez les Rhopalocères, nous avons pu relever la présence assez surprenante de la virgule, sans doute en provenance de petites zones de corniche plus sèches implantées plus au nord. Cette espèce est en effet plus typiquement liée aux secteurs de pelouses et prairies sèches, ce qui ne correspond aucunement aux caractéristiques du site. Relevons enfin la présence du moiré franconien, non activement menacé en Franche-Comté, mais présentant toutefois un intérêt national et considéré comme déterminant ZNIEFF en entrée cortège (OPIE F-C, 2009).

La tourbière abrite tout un cortège d'espèces caractéristiques : le trèfle d'eau, la Parnassie des marais, le Thelipteris des marais (protégé en Franche-Comté) accompagnant la Rossolis à feuilles rondes, la linaigrette grêle et la laîche des bourbiers, qui bénéficient d'une protection sur l'ensemble du territoire national. Quant aux eaux du lac, elles recèlent une flore aquatique variée où l'on retiendra la présence du petit nénuphar et du nénuphar du Jura tous deux protégés.

Cet ensemble forestier est connu comme un des bastions historiques du grand tétras. Situé en périphérie du massif, à une altitude de variant de 1000 à 1100 mètres, il présente ici une population limitée à une demi dizaine d'individus. Cette forêt constitue un des dix massifs du massif jurassien où la conservation de l'espèce est assurée avec, toutefois, des fluctuations assez importantes d'une décennie à l'autre si bien que la conservation de ce massif est considérée comme prioritaire par les spécialistes. Comme pour toutes les forêts dont l'altitude dépasse 1000 mètres, la gélinotte des bois reste bien représentée dans ce massif bien que sa densité soit plus faible que sur les secteurs du Jura interne. Parmi les autres espèces, il faut signaler la présence de la chevêchette d'Europe, espèce pour laquelle une légère extension de l'aire de répartition est observée. Ces trois espèces ne doivent pas occulter, d'une part, la présence d'effectifs non négligeables dans les massifs périphériques et d'autre part, le reste du peuplement de ce massif : cassenoix moucheté, merle à plastron, venturon montagnard, pic noir offrant des cavités à la chouette de Tengmalm, bécasse.

Commentaires sur la délimitation
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