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ZNIEFF 430020538
MONT DE L'HERBA ET JOUX DE LA BECASSE

(n° régional : 40030000)

Commentaires généraux

DESCRIPTION

Au cœur de la haute chaîne du Jura plissé, la zone de la « Montagne de l’Herba et de la Joux de la Bécasse », limitrophe avec la Suisse, se trouve à l'est de l'accident tectonique (décrochement) de Pontarlier. Cet ensemble se compose de monts assez amples qui surplombent des vals plus resserrés (vallée de la Jougnena, combe du Voirnon). Secondairement, des combes et crêtes plus effilées viennent accidenter cette structure. Cette zone culmine à 1 303 mètres au Mont de l'Herba.

Installé sur un substrat calcaire du Jurassique supérieur, ce site est essentiellement forestier. Les hêtraies-sapinières, forêts mixtes caractéristiques des montagnes très arrosées, dominent sur les pentes moyennes à faibles. D'autres groupements apparaissent de façon plus localisée : différents types de forêts de pente et de ravin, répartis selon l'exposition, la nature et la granulométrie du substrat, ou, ponctuellement, la pessière à doradille sur lapiaz. Entre ces différentes formations forestières, on trouve des prés-bois typiques du massif jurassien (mosaïques de pâtures, de bosquets de feuillus et d'épicéas isolés) et des clairières occupées par des communautés de hautes herbes (mégaphorbiaies montagnardes).

La variabilité de structure des communautés forestières et le fort degré de naturalité sont favorables à l'accueil d'une faune caractéristique des milieux montagnards supérieurs, comprenant par exemple le grand tétras et la gélinotte des bois. Ces oiseaux rares nécessitent un environnement forestier varié, associant un mélange diversifié d’essences feuillues et résineuses, une strate arbustive étagée, une bonne richesse en myrtilles et fourmilières ainsi que des espaces dégagés : plus que la composition des peuplements, c’est leur structure qui importe.

L'intérêt de la zone est rehaussé par la présence de plusieurs secteurs tourbeux, installés à la faveur d'un substrat imperméable (calcaires marneux et marnes du Crétacé inférieur) affleurant au sein de la Combe du Voirnon. En effet, dans le massif jurassien, les facteurs climatiques d'altitude sont propices à la formation de tourbières. Celles de la Beuffarde et des Sagnettes, très intéressantes en dépit de leur taille modeste, sont dites « mixtes » et présentent différents stades et des formes de transition (bas-marais alcalin et acide, haut-marais, tourbière boisée). Les conditions contraignantes de ces biotopes entraînent la sélection d'une flore spécialisée, comprenant de nombreuses espèces menacées. Sur l'ensemble de la zone, sept plantes remarquables sont dénombrées, dont quatre protégées en France ou dans la région. Pour la faune, il faut signaler la présence du cuivré de la bistorte, papillon de jour strictement inféodé aux milieux tourbeux.

Deux ZNIEFF de type 1 sont incluses dans cette zone.

STATUT DE PROTECTION

Aucune protection réglementaire de l’espace n’a été mise en place.

OBJECTIFS DE PRESERVATION

Deux enjeux majeurs de conservation concernent ce site :

- d'une part, la préservation des habitats favorables au grand tétras et à l'avifaune associée passe par une gestion sylvicole respectueuse des essences locales, des clairières et de la structure des peuplements (maintenant notamment un sous-bois frais riche en espèces herbacées). Un traitement en futaie jardinée ou en futaie irrégulière par parquet s'avère optimal en regard de cet objectif. En outre, les conditions de tranquillité doivent impérativement être garanties, que ce soit en hiver (risque de perturbation durable des oiseaux lorsqu’ils se nourrissent) ou en période de reproduction et d’élevage des poussins. Il est donc essentiel que les usagers restent sur les pistes balisées lors de la pratique de loisirs hivernaux et sur les chemins forestiers du printemps à l’automne.

- d'autre part, la préservation des milieux tourbeux est conditionnée par un bon fonctionnement hydrique. Ici, l'impact des plantations d’épicéas, qui accélère le processus naturel d’assèchement, pourrait constituer une menace. Il conviendrait donc de proscrire toute extension de l'enrésinement. De plus, une gestion conservatoire du secteur de tourbière active, menacé de colonisation par les bouleaux, serait souhaitable.

Commentaires sur la délimitation
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