La Forêt de Loudéac est une importante forêt des Côtes d’Armor. Elle concerne principalement les
communes de Loudéac au Sud, La Motte dans une large partie Nord, et Langast à l’extrême Nord. Le
site en ZNIEFF couvre 2810 ha, la Forêt domaniale de Loudéac en occupe 1313,17 ha, la grosse moitié
restante est constituée de bois privés dont principalement la Forêt de Gratteloup, le secteur du Moulin de
Cassebreuil et le Bois de Frégon, le Bois des Essarts au Nord, et le Bois de la Lisière de la Forêt au Sud.
Le massif de Loudéac a été fortement touché par l’Ouragan d’Octobre 1987. Il reste aujourd’hui occupé
en grande partie par les plantations résineuses, et les plus grandes unités de futaie feuillue se trouvent
dans le Bois de Gratteloup (partie centre Ouest du massif) ainsi que sur la bordure Est le long de la
rivière le Lié. La forêt est installée sur des terrains sédimentaires très anciens (formation schisto-gréseuse
du Briovérien) métamorphisés sur la marge Nord (micaschistes principalement), les sols sont globalement
acides, les zones tourbeuses restent assez diffuses mais participent encore assez fortement à la flore
patrimoniale de la forêt (la ZNIEFF de type I qui repérait la « Tourbière de la Croix Baron » est par contre
déclassée : au lieu dit de l’étang des 14 sous il n’y a plus d’espace tourbeux constitué).
Habitats déterminants : Le principal milieu déterminant de la zone est la hêtraie-chênaie acidiphile à
houx, habitat forestier d’intérêt communautaire (exprimé, ou moins bien caractérisé du fait
d’interférences avec d’autres essences : pins, châtaignier, ...). En sous-bois le houx est plus ou moins
présent par place, et plus localement l’if. Le long de quelques ruisseaux forestiers existent des zones
tourbeuses résiduelles qui portent de petites boulaies tourbeuses : habitat d’intérêt communautaire
prioritaire, mais ces zone humide sont souvent réduites du fait du drainage forestier. Les landes à
bruyères mésophiles et hygrophiles apparaissent encore sous les pinèdes claires ou constituent
localement des clairières intéressantes : marge Sud du bois (proche de la chapelle Notre-Dame de
Consolation) et au Nord-Ouest du massif dans le Bois de Frégon.
Espèces déterminantes : - Flore remarquable : 3 espèces végétales protégées au plan national sont
présentes ou ont été détectées récemment dans les vallons du massif : les rossolis intermédiaire et à
feuilles rondes (Drosera intermedia et D. rotundifolia) le long de certains chemins, ainsi que le flûteau
nageant (Luronium natans) dans un étang de l’un des bois privés.
6 autres plantes vasculaires déterminantes pour la ZNIEFF ont été aussi relevées, 3 sont en lien avec les
espaces tourbeux dont l’arbrisseau le piment royal (Myrica gale) présent en plusieurs points des landes
humides de la forêt ; 3 autres sont des plantes plus typiquement forestières dont une graminée très rare
en Bretagne péninsulaire et récemment détectée en Forêt de Loudéac : la canche flexueuse
(Deschampsia flexuosa), et le muguet également signalé mais qui pourrait ne pas être spontané.
La mousse Hyocomium armoricum est bien présente sur les bords des nombreux ruisseaux forestiers.
Une base mycologique est établie sur la forêt dont il ressort quelques espèces menacées ou peu
communes en Bretagne dont une variété du bolet à pied rouge (Boletus erythropus var. rubropileus) dont
c’est l’unique récolte signalée en Bretagne jusqu’à présent (H. Dupuy).
- Faune remarquable : Avifaune : le peuplement d’oiseaux de la forêt est assez bien connu (sources GOB
n° 58 et GEOCA n° 60), plusieurs espèces déterminantes probablement ou potentiellement nicheuses ont
été détectées : le Pic noir, le Pic mar, le Pouillot siffleur et le Roitelet triple-bandeau.
Les données de tous les autres groupes de faune restent en grande partie à réunir ou collecter,
particulièrement pour les mammifères et les insectes.
La Forêt de Loudéac semble posséder un patrimoine naturel assez moyen au regard d’autres massifs
bretons comparables, mais il est certainement encore insuffisamment connu pour de nombreux groupes.
Il serait donc intéressant que les propriétaires privés permettent à des naturalistes de différentes
spécialités de prospecter afin de mieux évaluer cette biodiversité, et que le recensement des stations
floristiques soit poursuivi et communiqué aux gestionnaires dans le but de leur préservation.
Une installation contrôlée de stockage d’explosifs est présente dans ce massif forestier, sur La Motte.
Un petit arboretum pédagogique a été réalisé près de l’Etang des 14 sous (entre les carrefours de la Mare
d’A Bas et du Parc aux chevaux).
TRES IMPORTANT : pour rendre valide ce bordereau, joindre une carte au 25 000éme précisant vos
propositions de délimitation avec à l’intérieur la justification des critères de délimitation (voir n°12) et
localisation des espèces et habitats déterminants (voir n°11).
Le périmètre de la ZNIEFF de la forêt reste globalement le
même, mais les limites forestières sont un peu plus affinées. Il
est principalement rajouté la partie Nord du Bois des Essarts.
Le seul secteur retenu en rive gauche du Lié (en Plessala) est le
coteau boisé de la Roche au Cerf qui était contenu dans la
ZNIEFF initiale. Quelques prairies humides limitrophes ou
parcelles mésophiles très enclavées sont conservées.