Logo SINP - Système d'information sur la nature et les paysages

ZNIEFF 530007906
ILE DE GROIX

(n° régional : 0178)

Commentaires généraux

Cette nouvelle et unique ZNIEFF de type 2 de l’île de Groix couvre l’ensemble du littoral terrestre et l’estran (ou une étroite bande infralittorale en pied de falaise : environ 50 m) s’interrompant seulement au niveau de Port Tudy. Une grande partie de ce littoral est également inscrite en ZNIEFF de type I : la Pointe des chats de Porh Giguéou à Porh Coustic (n° 01780001), les Grands Sables (01780002), la côte Sud et Ouest de Groix des Saisies à Beg Melen (01780004), et la côte Nord de Groix d’Inéveli à Port Lay (01780003). La ZNIEFF II repère donc principalement en plus : la côte entre Port Tudy et Port Mélite ; les fourrés et bois à l’Est du Méné et ceux proches du Village de Vacances ; l’anse de Locmaria et ses vallons dépendants, venant de Lomener et de Kerampoulo ; l’amont des vallons du Storang et de Kerigant ; les vallons dépendants de l’Anse St-Nicolas : au Sud de Kerbus et autour de Kerlard ; les bois littoraux et fourrés des environs de Kervédan, de Moustéro, de Kerdurand, et du lieu-dit Mez er Groez. Il s’agit de zones refuges pour la faune qui revêtent une importance particulière dans le cas d’un espace insulaire, par définition limité. Les zones humides d’eau douce (saulaies, mégaphorbiaies, parvoroselières et prairies) avec rus, ruisseaux, mares et petits étangs s’y tiennent tout particulièrement.

La partie marine possède une richesse remarquable en nombre d’espèces présentes (estran notamment) tant au niveau floristique (algues) que faunistique (Spongiaires, Hydraires, Anthozoaires, Bryozoaires, Vers polychètes, Echiuriens, Crustacés et Mollusques sédentaires, etc.), avec un certain nombre d’espèces remarquables (source 72 : DOCOB, et fiches ZNIEFF "Mer" type 2 citées rubrique 12).

Les habitats déterminants majeurs retenus sur cette ZNIEFF de type II sont les groupements :

- des falaises maritimes et des côtes rocheuses (rochers en falaise des zones supra-littorale et médio-littorale en mode exposé ou plus abrité, les groupements avec végétation : chasmophytiques (de rochers), de pelouses littorales et des corniches, les zones humides subhalophiles ou d’eau douce situées dans les petits rentrants de la côte).

Les pelouses aérohalines de Groix sont ici assez remarquables de par leur diversité phytosociologique, (équivalente à celle de Belle-Île-en-Mer) (F. BIORET).

- les landes et fourrés (les landes littorales sèches : à bruyère cendrée et ajonc d’Europe (dont la variété maritime prostrée) ou à bruyère vagabonde (Erica vagans), habitats d’intérêt communautaire, le dernier étant prioritaire et s’étend principalement de Pen Men à Kervédan ; mais aussi landes-fourrés à ajonc d’Europe, ptéridaies littorales, et fourrés à prunelliers, également réservoirs de la biodiversité générale de l’île),

- les plages de sables (sans végétation, ou dominés par des espèces annuelles ou vivaces) et les dunes (principalement mobiles et embryonnaires), surtout présentes en quelques points de la côte Est.

- les ormaies (certaines sur la côte assimilées à des"forêt de ravins" : habitat d’intérêt communautaire prioritaire) et les bois humides de fonds de vallon. Ces derniers contiennent ou environnent le plus souvent des habitats humides plus ouverts où une faune et flore spécifiques de ces milieux très réduits dans l’île trouvent refuge (amphibiens, insectes aquatiques, flore des zones humides d’eau douce, ...).

Intérêt floristique : sur 34 espèces vasculaires déterminantes pour les ZNIEFF (dont 14 espèces protégées) signalées dans l’île, et listées à la rubrique 2a, plus de 25 ont été vues dans les 15 dernières années dont 11 espèces végétales protégées (4 au plan national, et 7 au plan régional). Les deux plantes d’intérêt communautaire : le trichomanès élégant (Trichomanes speciosum) sous sa forme de prothalle, mais surtout les quelques stations de patience des rochers (Rumex rupestris) présentent en quelques points de la côte Sud en bas de falaises suintantes, font l’objet d’un suivi floristique régulier après diagnostic écologique des stations, afin de parer à d’éventuelles dégradations et d’y remédier au besoin (source 72 : DOCOB).

Deux autres plantes particulièrement rares : le plantain à feuilles carénées (Plantago holosteum var. littoralis) connu au monde que sur le littoral sud du Massif Armoricain dans le Morbihan et en Vendée (Ile d'Yeu), et la cuscute de godron (Cuscuta planiflora ssp. godronii) intimement (mais pas exclusivement) liée au plantain caréné, est une endémique du Massif Armoricain décrite que de quelques îles du Sud de la Bretagne et des Pays de la Loire, ces plantes doivent faire aussi l’objet de mesures de conservation particulières étudiées par le Conservatoire Botanique National de Brest.

Trois ptéridophytes méritent également mentions : la doradille obovale (Asplenium obovatum subsp. obovatum) dont Groix avec le Cap Sizun (Finistère) sont les seules localités actuellement connues du littoral atlantique français (source 80), et l’isoète épineux (Isoetes histrix) qui avec l’ophioglosse du Portugal (Ophioglossum lusitanicum) occupent les dépressions très ouvertes de la pelouse littorale, très humides l’hiver et desséchées l’été, ces deux plantes sont caractéristiques d’une association à distribution nettement atlantique essentiellement cantonnée au littoral ouest-armoricain (source 65).

Les autres plantes d’intérêt patrimonial recensées sont principalement liées aux pelouses littorales et aux landes, ainsi qu’au milieu dunaire ou placages sableux sur substrat rocheux, ces derniers représentés dans l’Est de l’île. La jolie scrofulariacée bellardie germandrée (Bellardia trixago forme type) est ainsi une plante méridionale qui atteint à Groix sa limite Ouest de répartition.

Intérêt faunistique : l’avifaune groisillone (source 75) est également intéressante pour ses oiseaux marins dont 5 espèces sont nicheuses : les Goélands marin, brun et argenté, le Cormoran huppé et le Fulmar boréal. La colonie de Mouette tridactyle a disparu en 2007 (pas de reproduction non plus en 2008), principalement à cause de la prédation mais peut-être aussi d’autres facteurs de mortalité touchant les poussins.

Le Grand corbeau nicheur en falaise (1 couple sur l’île), et le Crave à bec rouge (très récemment signalé nicheur en 2006) restent emblématiques des falaises et pelouses maritimes, et sont des nicheurs rares, toujours menacés.

Trois limicoles sont nicheurs dans l’île: une vingtaine de couples de Vanneau huppé sont nicheurs sur la façade Ouest de l’île, le Gravelot à collier interrompu qui éprouve de grandes difficultés à se reproduire dans ses milieux de prédilection à l’Est de l’île est aussi observé nicheur et reproducteur sur la pelouse littorale de la côte Sud où il a à présent plus de réussites en nombre de jeunes à l’envol, l’Huîtrier pie se reproduit sur la Roche des Saisies et aux environs de Beg Melen entre autres sites.

Le Busard des roseaux s’est reproduit en 2006 coté Piwisy (l’Ouest de l’île). Plusieurs passereaux nicheurs déterminants caractéristiques des habitats de lande sont signalés : la Fauvette pitchou et l’Engoulevent.

Des Ardéidés et des limicoles hivernent sur le littoral de l’île ; la pointe des Saisies est un site reposoir important lors de marées hautes de fort coefficient pour les pluviers argentés en migration ainsi que pour les grands gravelots.

La Réserve Naturelle géologique et ornithologique « François Le Bail » (Décret du 23 décembre 1982) couvre 3 secteurs côtiers distincts : l’un terrestre à Pen Men (environ 43 ha), les deux autres principalement sur l’espace intertidal (avec seulement une étroite bande côtière de 4 ha): le secteur de Loqueltas - Les Saisies - Kersauze (environ 16 ha, avec le récif des Saisies culminant à 8 m), et celui situé à l’Est de l’Anse de Locmaria (environ 37 ha) jusqu’au phare de la Pointe des Chats. La réserve a 3 objectifs principaux : la protection des minéraux et roches dans les secteurs où leur diversité est maximale (la RN de Groix est la seule des 12 réserves naturelles géologiques de France à protéger des minéraux, plus de 60 "espèces" minérales y sont recensées), la protection des colonies d’oiseaux marins nicheurs dans le secteur Pen Men - Beg Melen (à présent le personnel de la réserve s’emploie aussi à tenter de protéger des oiseaux nicheurs remarquables comme le Gravelot à collier interrompu et le Grand corbeau), et la gestion aux fins de conservation des pelouses aérohalines et des landes. Depuis 1992 une Maison de la Réserve, au bourg de Groix, est à la fois un lieu de travail pour le personnel salarié (une garde-animatrice et un technicien-animateur) et les chercheurs ou stagiaires, et lieu d’accueil et d’information pour tous les curieux de nature. En plus de la surveillance, le suivi, l’entretien, et la gestion des sites naturels, ainsi que l’éducation à l’environnement, font partie des missions de la RN de Groix (source 75 M. Ballèvre). La gestion de la RN est confiée à l’association Bretagne Vivante, son conservateur bénévole est Michel Ballèvre, Professeur de géologie à l’Université de Rennes.

Un ensemble de connaissances naturalistes est généré par la présence de la structure de la Réserve naturelle sur Groix, et de nombreux inventaires : lichens, algues (dont diatomées), champignons, arthropodes et mollusques terrestres, reptiles, ..., sont initiés ou bien avancés.

La Réserve naturelle a mis en place un programme de gestion des landes depuis 1989, à présent appliqué par le Document d’Objectifs (DOCOB) élaboré en 2000 pour la Zone spéciale de conservation (ZSC) de Groix (source 64). (Voir aussi des détails à la ZNIEFF n° 01780004).

La mise en oeuvre du programme de conservation Natura 2000 de l’île de Groix est confiée à la Commune de Groix, opérateur local, assistée de la Communauté d’agglomération du pays de Lorient Cap l’Orient. Une grande partie du périmètre terrestre Natura 2000 de l’île de Groix est repris dans la cette ZNIEFF II.

Manque espèce déterminantes:

FORMICA TRANSCAUKASICA

soleropsis monticola

Commentaires sur la délimitation

La nouvelle ZNIEFF de type II de l’île de Groix couvre les anciens périmètres des 3 ZNIEFF de type II précédentes (voir 51 à 53 rubrique 15) et la Réserve naturelle à Pen Men (passée antérieurement du niveau II à I), mais son périmètre remonte toutefois plus loin vers l’amont dans la plupart des vallons et des secteurs de bois et fourrés importants. Coté mer, son périmètre s’arrête à la limite des ZNIEFF de type I qu’elle contient (elle comprend donc en pied de falaise une frange infralittorale réduite), ou bien s’arrête à la limite inférieure de l’estran, sauf dans le secteur de la Pointe de la Croix où la zone de déplacement des Grands Sables est conservée dans le périmètre.

3 ZNIEFF "Mer" de type II sont en lien avec la zone, l’une « Locmaria estran » est entièrement incluse dans la ZNIEFF de la Pointe des Chats, les 2 autres : « Pen Men - Kervédan » et « Quelhuit - Port Melin » s’appuient sur la côte.