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ZNIEFF 530030074
LANDES ET PRAIRIES DE KERNON, PEN AR HOAT-LANDIZEZ ET GUERLOSQUET (ancien nom : LANDES TOURBEUSES DE KERNON- PEN AR HOAT LANDIZEZ)

(n° régional : 00000834)

Commentaires généraux

Descriptif synthétique : Les trois secteurs composant la zone abritent des espaces humides à l’origine de ruisselets ou ruisseaux dépendants de l’Aulne, soit directement (vers Kernon), soit par l’intermédiaire du Ruisseau du Dein qui draine tout le Nord de Plourac’h.

La ZNIEFF est composée :

- d’un secteur Nord « Kernon » (28 ha) en position plus ou moins sommitale, portant 2 grandes unités en landes porteuses de pinèdes assez lâches, séparées par une parcelle agricole enclavée. Deux coulées humides principales génèrent des espaces tourbeux assez élevés mais conservant des potentialités, ou localement assez diversifiés par un pâturage, pâturage malgré tout trop intensif et générant par endroits des dégradations importantes. Principalement sur la marge Est, plusieurs prairies humides abritent des coulées humides à fangeuses oligotrophes, entretenues et assez diversifiées.

- un plus vaste secteur central « Pen ar Hoat-Landizez » (68 ha), composé de grandes parcelles de landes méso-hygrophiles à tourbeuses, toutes parcourues par de nombreux couloirs humides au travers desquels mares ou dépressions tourbeuses abritent plusieurs plantes remarquables. Le boisement naturel humide progressant depuis certaines marges et une pinède centrale déstructurée (sur lande) ferment trop l’entité paysagère que cet ensemble de landes avait sans doute par le passé. Une grande prairie artificielle permanente est enclavée dans ces landes. Le Département des Côtes d’Armor a 37 hectares de landes en cours d’acquisition dans cet espace naturel.

- le vallon de Guerlosquet (50 ha) est à quelques centaines de mètres en aval du précédent secteur et connecté à celui-ci par un ru. C’est une zone bocagère relativement hétérogène dont la partie amont est dominée par de petits boisements pionniers humides et souvent tourbeux ; le fond de vallée contient d’assez nombreuses prairies comportant des vasques plus humides, mésotrophes ou oligotrophes à localement tourbeuses (groupements de tourbières de transition et bas-marais acides). Plusieurs plantes remarquables sont également présentes à ces niveaux.

Par sa taille et les éléments qui le composent, ce site des Côtes d’Armor conserve des affinités avec ceux de la terminaison orientale des Monts d’Arrée encore proche. Son patrimoine floristique est très intéressant pour le département.

Milieux principaux : Landes mésophiles à humides à ajonc de Le Gall et bruyères - Landes humides à tourbeuses à bruyères, callune et sphaignes - Groupement de tourbière à narthécie des marais, et communautés pionnières : aquatiques, sur tourbe nue et dans les dépressions de la lande (Rhynchosporion) - Prairies humides hétérogènes, avec mares diversifiées, secteurs oligotrophes, … - Taillis humides.

Espèces remarquables : - Flore : présence de 2 espèces végétales protégées : le rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia) et le rossolis intermédiaire (Drosera intermedia). Une espèce d’intérêt communautaire, la sphaigne de La Pylaie (Sphagnum pylaisii) est présente dans les dépressions de la lande humide non loin de Restambic, cette sphaigne est très rare dans les Côtes d’Armor et se trouve en limite d’aire de répartition dans ce site. Au moins 12 autres espèces végétales rares et déterminantes sont présentes dont le rhynchospore blanc (Rhynchospora alba), la pédiculaire des marais (Pedicularis palustris) et la sphaigne Sphagnum contortum minérotrophe et caractéristique d’habitats de faible acidité à neutro-alcalins. D’autres taxons bien représentés sur la zone sont également peu communs régionalement comme la laîche blonde (Carex hostiana) ou le gaillet des fanges (Galium uliginosum). La gentiane pneumonanthe détectée en 1993 n’a pas été revue depuis.

- Faune : l’avifaune de cette ZNIEFF a été étudiée en 2010, une bonne vingtaine de passereaux sont nicheurs certains ou probables dans cet espace dont la Locustelle tachetée (Locustella naevia) ; l’abondance du Pipit des arbres, du Bruant jaune et du Pouillot fitis mérite d’être soulignée. La Fauvette pitchou qui était nicheuse dans la lande il y a dix ans n’y a pas été recontactée, sa population a pu être victime de l’hiver rigoureux de janvier 2010, il faut espérer qu’elle pourra sans doute reconquérir dans les prochaines années ce territoire.

Des observations et inventaires sont à renforcer pour tous les groupes de faune.

Conditions actuelles de conservation :

- secteur Nord « Kernon » : un surpâturage est observable sur quelques parcelles en lande mésophile à humides. Le peuplement en pin maritime est en expansion et se densifie. Un petit secteur en zone humide qui avait été remblayé lors de travaux réalisés sur une ligne électrique à très haute tension a été remis en état par les entreprises concernées ; la vigilance doit rester de mise vis-à-vis de tous ces types de travaux en zone naturelle remarquable.

- secteur central « Pen ar Hoat Landizez » : l'abandon total de l'exploitation de la lande se manifeste un peu partout par la colonisation des fourrés et des pinèdes. Au Nord-Ouest, près d'un hectare de lande méso-hygrophile a été converti en culture en 2010. En 2008, le débardage d'une plantation de pins a donné lieu à des cheminements anarchiques sur certaines parcelles sensibles.

- secteur Sud « Guerlosquet » : l'évolution spontanée et relativement dynamique de quelques zones délaissées compromet à moyen terme le maintien d'habitats et d'espèces d'intérêt patrimonial.

Commentaires sur la délimitation
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