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ZNIEFF 530030111
ZONES HUMIDES DE L'AMONT DU FAO ET LANDES DE QUINOUALC'H

(n° régional : 00000831)

Commentaires généraux

Descriptif synthétique : le ruisseau du Fao et ses affluents présentent une végétation et des habitats aquatiques de qualité. En plusieurs endroits, également répartis sur l’ensemble de la zone, des secteurs tourbeux ou de bas-marais acides se sont établis en bordure des ruisseaux : lande tourbeuse et tourbière au Sud-Ouest, au Sud et à l’Est de Trédudon l’hôpital, landes et saulaies tourbeuses diversifiées entre l’ancien Moulin de Guillec et le Moulin du Roy avec l’étang principal de la zone sur le Fao à ce niveau, les bas-marais et landes tourbeuses respectivement en amont et en aval du Moulin de Kerelcun, sur l’amont du Moulin de Pontaouen, etc … Des landes sèches ou mésophiles encadrent certains de ces sites mais sont particulièrement développées sur le plateau situé au Nord-Ouest du village de Quinoualc’h où de nombreuses grandes parcelles sont encore entretenues. Cet ensemble concentre un certain nombre d’habitats et d’espèces végétales et animales, rares, dont plusieurs sont d’intérêt européen.

Milieux principaux : cours d’eau oligotrophes avec végétation de renoncules aquatiques, passant localement par de petits chaos rocheux granitiques ; eaux dormantes oligotrophes. Landes humides et tourbeuses oligotrophes (localement groupement de tourbière à narthécie) ; bas-marais acides très diversifiés à Carex spp et sphaignes assimilables aux prairies humides à tourbeuses oligotrophes. Saulaies tourbeuses (localement boulaies) très humides et riches en épiphytes. Prairies humides à jonc acutiflore (type et à hautes herbes). Landes sèches et mésophiles à bruyères et ajonc de Le Gall. Fourrés à ajonc d’Europe, ou à prunellier et autres arbustes, et ptéridaies (sur les coteaux). Chênaie-hêtraie acidiphile, ou localement hêtraies d’intérêt communautaire, acidiphiles ou neutrophiles (aval de la zone).

Espèces remarquables : Flore : présence de 5 espèces végétales protégées au plan national : les rossolis intermédiaire et à feuilles rondes (Drosera intermedia et D. rotundifolia) dans plusieurs zones tourbeuses, le flûteau nageant (Luronium natans) dans le bief amont de l’ancien moulin de Pontaouen, celui-ci à aussi un intérêt communautaire ; et les fougères dryoptéris atlantique (Dryopteris aemula) localisée près de Trédudon le Moine mais sans doute présente ailleurs sur talus ombragé, et l’hyménophylle de Tunbridge (Hymenophyllum tunbrigense) dans le chaos au Sud-Est de Kermabilou. Présence d’au moins 11 autres plantes vasculaires menacées dont la rare laîche blanchâtre (Carex curta), mais la pédiculaire des marais (Pedicularis palustris) recherchée dans sa station n’a pas été revue récemment, c’est aussi le cas de la renoncule tripartite (Ranunculus tripartitus - source n° 53).

De nombreuses bryophytes proposées déterminantes sont aussi signalées, dont 2 espèces inscrites sur la liste nationale de la SCAP (stratégie nationale de création d’aires protégées terrestres métropolitaines) : Kurzia pauciflora (en tourbière) et Plagiochila spinulosa (rochers ombragés humides), et plusieurs sphaignes peu communes à très rares en Bretagne dont Sphagnum teres.

La sphaigne de La Pylaie possédait auparavant 2 stations réduites dans cette zone, qui ont disparu par évolution défavorable de la végétation.

Faune : une population de Loutre d’Europe (Lutra lutra) est sédentaire (reproduction certaine ou probable) dans le bassin versant du Fao. Plusieurs papillons, peu communs ou protégé (le Gazé, le Damier de la Succise) sont aussi signalés dans la zone, ainsi que l’Escargot de Quimper (Elona quimperiana) protégé et d’intérêt communautaire. La Moule perlière d’eau douce (Margaritifera margaritifera) était connue d’une petite station dans les années 90 (source n° 57) dont seulement 2 individus ont été revus vivants en 2004 ; depuis 2005 elle n’a pas été retrouvée dans sa station ni revue dans le Fao (source n° 62) mais elle serait encore à rechercher.

Un inventaire ichtyologique concernant le Fao et ses affluents devrait figurer dans cette ZNIEFF. Le potentiel ornithologique de ce secteur semble aussi insuffisamment révélé au regard de la qualité et de l’étendue des milieux.

Conditions actuelles de conservation : le principal problème de conservation est lié aux boisements résineux qui déstructurent assez fortement l’entité naturelle et paysagère des vallées du Fao et de ses affluents, le boisement artificiel jusqu’en berge des cours d’eau y reste particulièrement néfaste pour ces derniers. Du drainage a été réalisé en certains points bas, les landes entre Trédudon et Quinoualc’h et sur l’ensemble des coteaux ont été atteintes et restent certainement menacées en l’absence de protections fortes.

Plusieurs zones tourbeuses sont pâturées, dans l’ensemble correctement, avec augmentation significative de la biodiversité floristique. La fauche de landes semble plus pratiquée qu’auparavant sur le plateau de Quinoualc’h ce qui est une bonne chose pour leur préservation à long terme.

Du point de vue agriculture-environnement la préservation en l’état des talus de ceinture de bas-fonds, de toutes les zones humides et des versants pentus devrait s’imposer.

Liens écologiques et fonctionnels avec d’autres ZNIEFF : oui, avec la ZNIEFF abritant les sources du Fao : "Sud du Roc’h Trédudon – Roc’h ar Feunteun", et celle des "zones tourbeuses de Roz an Eol et du Pont Matier".

Commentaires sur la délimitation
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