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ZNIEFF 730003028
Cirques de Thouryes et de Bône

(n° régional : Z1PZ0086)

Commentaires généraux

Cette ZNIEFF correspond à deux cirques situés en rive gauche des gorges de l’Aveyron, entaillées dans les plateaux calcaires de la partie sud des causses du Quercy. Elle comprend des falaises calcaires, des versants pentus où se trouvent une végétation de type méditerranéen de la série de la chênaie pubescente, des grottes et des pelouses sèches en bordure de plateau.

Le site présente des habitats rupestres d’intérêt, dont des falaises de taille importante, formés par les parois du rocher d’Anglars (bordure du causse du même nom) et par les cirques de Bône et de Touryès.

Le relief karstique a créé un ensemble de cavités (dolines, gouffres, « igues » et grottes) qui font de ces gorges un site riche accueillant des populations remarquables de chiroptères. Une des grottes a été désignée au niveau national comme un site d’intérêt national pour la conservation des chauves-souris.

Sur les versants, des habitats de landes à buis et des surfaces ouvertes (pelouses sèches) abritent une faune et une flore remarquables.

Les principaux enjeux se situent autour de quelques cavités accueillant des effectifs très importants de 3 espèces (Minioptère de Schreibers, complexe Petit/Grand Murin, Rhinolophe euryale). Le site abrite ainsi plus de 500 femelles du complexe Petit/Grand Murin et une colonie de Minioptère de Schreibers (> 3 000 femelles), rare et remarquable à l’échelle régionale. Cette même espèce se retrouve sur le site en périodes de transit et hivernale en effectifs importants (> 3 000). De plus, en période hivernale, des effectifs importants de Rhinolophe euryale et de Grand Rhinolophe en hibernation et une colonie de plus de 500 individus de Rhinolophe euryale en transit ajoutent de l’intérêt à ce complexe de cavités.

Outre les chauves-souris, le site abrite notamment plusieurs espèces d’oiseaux rupestres, aussi bien en reproduction qu’en hivernage, dont le Faucon pèlerin, le Grand-Duc d’Europe, le Tichodrome échelette et le Martinet à ventre blanc. L’observation du Martinet pâle est accidentelle. Un cortège conséquent d’oiseaux des agrosystèmes occupe la partie sommitale du site.

Certaines de ces espèces présentent un intérêt fort, car rares, menacées (cas de plusieurs espèces de chiroptères), ou en limite d’aire de répartition (espèces à influence méditerranéenne telles que la Fauvette passerinette, par exemple).

Parmi les autres groupes taxonomiques, nous pouvons aussi citer la présence contrastée d’un criquet montagnard Chorthippus apricarius apricarius (particulièrement localisé et menacé en dehors de quelques massifs d’altitude).

Le site accueille un important cortège d’espèces végétales méditerranéennes et montagnardes, inféodé à des conditions particulières de chaleur ou d’altitude et ayant un intérêt biogéographique remarquable. Plusieurs d’entre elles sont protégées à l’échelle nationale (Aster amellus, Hormothophylla macrocarpa ou encore Piptatherum virescens) ou départementale (Lilium pyrenaicum).

De plus, signalons la station remarquable de la Gratiole officinale (Gratiola officinalis) en bord d’Aveyron, plante très rare dans la région. À noter aussi l’intérêt remarquable d’une station de Ciboulette (Alllium schoenoprasum), espèce très rare dans le Massif central de Midi-Pyrénées, mais non déterminante actuellement.

Commentaires sur la délimitation

Les contours du site correspondent avant tout à des aspects physiques. En effet, il s’agit de cirques limités en haut par le changement de pente, en bas par le fond de vallée. De ces limites naturelles découlent des modifications notables dans les pratiques humaines et la répartition des habitats et espèces.