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ZNIEFF 730010020
Vallée de Baylou et Désert de Saint-Ferréol

(n° régional : Z1PZ0622)

Commentaires généraux

Ce site correspond aux contreforts ouest de la Montagne Noire dont la roche calcaire et les formations karstiques donnent des vallées encaissées dominées par des causses avec la présence de nombreuses grottes et falaises.

La présence importante du vent d’autan renforce les conditions de sécheresse et le caractère méditerranéen du climat.

Ces conditions permettent la présence de pelouses sèches dans un contexte biogéographique atlantique. Ces pelouses accueillent des espèces floristiques remarquables d’affinités méditerranéennes comme la Lavande à larges feuilles (Lavandula latifolia) ou l’Euphorbe des garrigues (Euphorbia characias), mais aussi de faune comme le Lézard ocellé. Même s’il reste encore des surfaces importantes, ces milieux sont menacés par l’abandon des pratiques agricoles traditionnelles comme le pâturage, et tendent vers une colonisation, naturelle, par les ligneux. La réduction de leur surface et de leur état de conservation entraîne la raréfaction, et même la disparition des espèces qui y sont liées, comme par exemple le Lézard ocellé fortement menacé sur le site (peut-être même déjà disparu).

Les falaises accueillent la nidification de rapaces rupestres comme le Grand-duc d’Europe ou le Faucon pèlerin et l’hivernage du Tichodrome, mais aussi ponctuellement des stations remarquables de Chêne vert (Quercus ilex). La pratique de l’escalade ne semble pas, actuellement, menacer les espèces et le milieu.

Certaines des nombreuses grottes présentes sur le site sont des gîtes pour la mise bas de colonies de Minioptère de Schreibers et Grand Murin, ou pour l’hibernation de Grand Rhinolophe. Ces colonies ont un intérêt au moins régional, et ont été à la base du classement comme réserve de la grotte du Castellas. La pratique de la spéléologie (plus particulièrement la fréquentation par des groupes) pourrait être une menace pour le maintien de ces colonies. Le manque de connaissances sur les axes de déplacements et territoires de chasse de ces colonies ne permet pas d’évaluer l’impact des activités humaines sur les milieux présents.

Des populations d’Écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) sont encore présentes sur certains ruisseaux. Un mollusque très rare, Moitessieria rolandiana, est présent dans les sous-écoulements. Ces espèces sont sensibles à l’isolement de leurs populations, à la pollution des eaux et au colmatage par des sédiments.

Ponctuellement, au pied de la montagne subsistent quelques prairies humides.

La roche mère calcaire joue un rôle primordial dans la répartition des habitats et leur fonctionnement.

Commentaires sur la délimitation

Les limites du site correspondent au secteur biogéographique où les conditions de sols, d’exposition et de climat particulières permettent la présence de pelouses sèches et de grottes qui constituent les principaux enjeux du site.

Ont été ajoutées des zones attenantes où se trouvent des prairies humides.