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ZNIEFF 730010126
Causse de Caucalières - Labruguière

(n° régional : Z1PZ0508)

Commentaires généraux

Le site, d’une surface de plus de 2 000 ha, occupe un plateau calcaire en bordure de la vallée du Thoré entre les agglomérations de Castres et de Mazamet.

Il est schématiquement constitué de deux grandes entités distinctes :

- à l’ouest : un plateau agropastoral composé de pelouses sèches (plus ou moins pâturées par des ovins), de cultures, de friches et de formations à Buis et Genévrier ;

- à l’est : un espace à dominante forestière et entaillé de vallées sèches aux versants abrupts. Cette partie du site est en grande partie occupée par la forêt militaire du causse créée à la fin du XIXe siècle et composée de feuillus (Chênes pubescent [Quercus pubescens] et pédonculé [Quercus robur] et de résineux (pins, cèdres) dont certaines parcelles âgées de 100 à 120 ans).

La partie centrale présente une zone de transition entre pelouses sèches ouvertes, cultures et formations plus fermées : pelouses en voie de fermeture, landes à Buis et à Genévrier...

Dans sa partie sud, la rivière Thoré a profondément entaillé le plateau, formant ainsi des falaises calcaires.

Bien que dominé par un climat atlantique, le site subit une influence méditerranéenne notamment liée au vent d’autan (sud-est) qui accentue les conditions xérophiles liées au sol.

Un terrain militaire occupe près d’un tiers de la superficie de la ZNIEFF.

La partie ouest subit une nette pression d’urbanisation liée au développement de la zone d’activités du causse en bordure de l’aéroport.

Les multiples intérêts naturels ont conduit au classement du causse de Labruguière-Caucalières comme site Natura 2000 au titre de la directive « Habitats » (ZSC).

Les conditions climatiques et édaphiques particulières du causse de Labruguière-Caucalières permettent la présence d’habitats déterminants dont les plus abondants sont les pelouses sèches (Xerobromion et Mesobromion).

Cela se traduit par une grande richesse floristique en particulier d’espèces d’affinités méditerranéennes (thermophiles, calcicoles et xérophiles), souvent rares et/ou localisées dans le département.

Un grand nombre d’espèces déterminantes ont ainsi été recensées au sein de la ZNIEFF, dont une quarantaine figurant sur la liste rouge régionale des espèces rares et menacées.

Parmi la grande diversité d’orchidées recensées, 2 espèces sont protégées et particulièrement rares dans le Tarn : l’Épipactis des marais (Epipactis palustris), protégée dans le département du Tarn, et l’Orchis parfumé (Orchis coriophora fragans), protégé au niveau national.

Le site (jachères et certaines parcelles cultivées) est également particulièrement riche en plantes messicoles dont certaines présentent un fort intérêt patrimonial, en particulier l’Adonis annuelle (Adonis annua), le Pied-d’alouette de Bresse (Delphinium verdunense) et la Nigelle de France (Nigella gallica), les deux dernières espèces étant protégées au niveau national.

Le site possède une grande richesse ornithologique (150 espèces répertoriées dont 105 nicheuses) avec la présence de plusieurs espèces déterminantes.

- Les rapaces : nidification du Circaète Jean-le-Blanc, de l’Aigle botté, de l’Autour des palombes, des Busards cendré et Saint-Martin et du Grand-Duc d’Europe. Les vastes zones ouvertes (pelouses, cultures) sont régulièrement utilisées par ces oiseaux comme terrains de chasse. Au moins deux couples de Circaète et un d’Aigle botté nichant en périphérie du site utilisent aussi régulièrement ces espaces pour chasser.

- Les espèces des milieux « steppiques » et des agrosystèmes : les zones agricoles et pastorales variées sont favorables à la nidification de l’Oedicnème criard dont c’est le seul site de nidification en zone de causse et de pelouses dans le Tarn, du Pipit rousseline, de la Huppe fasciée, de la Chevêche d’Athéna, des Pies-grièches écorcheur et à tête rousse, de l’Alouette lulu et de la Tourterelle des bois. Nidification ancienne de l’Outarde canepetière et du Bruant ortolan, aujourd’hui disparus.

- Les espèces d’affinités méditerranéennes peu communes à très localisées dans le département : nidification régulière des Fauvettes pitchou, passerinette et mélanocéphale, et occasionnelle (?) du Coucou geai et de la Fauvette orphée.

L’herpétofaune du causse comprend 2 espèces déterminantes d’affinités méditerranéennes, localisées et peu abondantes dans le Tarn : la Coronelle girondine et le Lézard ocellé.

Une espèce déterminante d’orthoptère est également présente sur le site : la Magicienne dentelée (Saga pedo).

Commentaires sur la délimitation

Le périmètre proposé est plus étendu que celui du site Natura 2000 (directive « Habitats »), et intègre des secteurs de pelouses sèches et des zones de nidification et d’alimentation d’Oedicnème criard (pelouses et zones ouvertes de l’ouest près de l’aéroport) ainsi que des zones de chasse des rapaces présents sur le site (Circaète, Aigle botté).