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ZNIEFF 730010314
Pechs et coteaux secs de Bouziès-Bas et de Cabrerets

(n° régional : Z1PZ0349)

Commentaires généraux

La zone est située au sud du causse de Gramat, au nord-ouest de la confluence du Lot et du Célé. Elle est constituée de coteaux et de pechs qui dominent les rives droites des vallées du Lot et du Célé. La zone est dominée par des chênaies pubescentes et des landes à buis xérophiles. Plusieurs zones de pelouses sèches sont également présentes, plutôt en position sommitale. La zone compte aussi quelques cultures, y compris en combes, et quelques plantations de conifères allochtones. Sur les corniches rocheuses qui bordent le site, le long des vallées du Célé et du Lot, une végétation saxicole s’est installée ; elle est affiliée au Potentillion caulescentis. Plusieurs taxons remarquables sont présents au sein de ce groupement végétal spécialisé : Sabline à grandes fleurs (Arenaria grandiflora), Corbeille d’argent à gros fruits (Hormathophylla macrocarpa), une brassicacée protégée au niveau national, Silène saxifrage (Silene saxifraga), Arabette scabre (Arabis scabra), rare dans le Lot, et Fumana fausse bruyère (Fumana ericoides). La Corbeille d’argent à gros fruits croît préférentiellement sur les parois rocheuses orientées au nord, tandis que les autres espèces semblent moins exigeantes sur les conditions d’ensoleillement. Une cinquième espèce est également inféodée au milieu rupestre : il s’agit de l’Orpin reprise (Sedum telephium subsp. maximum), que l’on rencontre souvent au pied des falaises, dans des endroits assez frais. Ces parois rocheuses hébergent également une avifaune rupestre typique et intéressante : Martinet à ventre blanc, Pigeon colombin et Faucon pèlerin, pour ne citer que les plus remarquables. Les grottes de la zone présentent un intérêt indéniable, grâce à la chiroptérofaune (chauves-souris) exceptionnelle qu’elles abritent. Certaines plantes affectionnent les zones rocheuses et caillouteuses du secteur. Elles se rencontrent donc de préférence au contact des corniches rocheuses ou sur les zones à forte déclivité et ensoleillées. La zone héberge une des rares stations lotoises du superbe Silène à bouquets (Silene armeria). On y trouve aussi le Laser de France (Laserpitium gallicum), la Minuartie de la Lozère (Minuartia rostrata) ou encore l’Orlaya à grandes fleurs (Orlaya grandiflora). Les habitats naturels de pelouses sèches du Xerobromion du Quercy, du Mesobromion du Quercy (y compris ces formes les plus xéroclines) et du Thero-Brachypodion occupent plusieurs secteurs, situés pour l’essentiel en haut des pechs ou en bord de plateau. Cet ensemble de groupements végétaux est très fréquent dans le Parc naturel régional des causses du Quercy, mais il héberge ici certains taxons fort rares ou localisés. En plus des espèces intéressantes, quoique régulières, de ces cortèges, comme le Lin d’Autriche (Linum austriacum subsp. collinum), la Sabline des chaumes (Arenaria controversa), la Gastridie ventrue (Gastridium ventricosum), l’Hysope officinale (Hyssopus officinalis), la Bugrane striée (Ononis striata) ou la Leuzée conifère (Leuzea conifera), d’autres taxons sont à mettre en relief. C’est le cas d’espèces comme le Narcisse à feuilles de jonc (Narcissus assoanus) et la Globulaire commune (Globularia vulgaris), qui sont nettement plus rares sur les causses durs que sur les calcaires marneux du Quercy blanc. C’est aussi le cas de l’Euphorbe de Duval (Euphorbia duvalii), qui est fréquente dans ce secteur du Quercy, mais qui est bien plus localisée à l’échelle du Lot. Quant à la présence de la Valériane tubéreuse (Valeriana tuberosa), on peut la qualifier d’exceptionnelle, tant cette espèce est rare en Quercy. Signalons aussi la présence du Caucalis à fruits plats (Caucalis platycarpos), qui se maintient localement en cailloutis naturels et très probablement en zones cultivées, de l’Ophrys sillonné (Ophrys sulcata), plus particulièrement inféodé au Mesobromion, de la Renoncule à feuilles de graminée (Ranunculus gramineus) ou encore de la Vesce à quatre graines (Vicia tetrasperma subsp. gracilis). Deux espèces d’ornithogales très proches (Ornithogalum gussonei et O. monticola) ont été signalées sur cette zone. Une étude approfondie de ce groupe complexe d’espèces devrait permettre de déterminer si nous avons réellement affaire à deux taxons distincts ou, a contrario, de quelle espèce il s’agit. Au sein des pelouses sèches et des landes les plus ouvertes, plusieurs insectes d’intérêt patrimonial sont présents : un lépidoptère, le Nacré de la filipendule (Brenthis hecate), et six orthoptères, l’Œdipode rouge (Oedipoda germanica), le Criquet des friches (Omocestus petraeus), le Criquet des garrigues (Omocestus raymondi), le Criquet bariolé (Arcyptera fusca), le Barbitiste des Pyrénées (Isophya pyrenea) et la Magicienne dentelée (Saga pedo). Cette dernière espèce, typiquement méditerranéenne, possède dans le Quercy une population bien éloignée de ses foyers principaux. Cette grande sauterelle prédatrice et aptère, qui ne se reproduit sous nos latitudes que par parthénogenèse, a été signalée trois fois sur la zone en trente ans d’intervalle... Elle est, comme le Lézard ocellé, également présent ici, témoin du caractère méditerranéen de la zone et du maintien de son haut degré d’intérêt pour la biodiversité liée aux zones sèches et ouvertes. Les milieux arbustifs et forestiers apportent aussi leur contingent d’espèces d’intérêt patrimonial : auprès des Chênes verts (Quercus ilex), qui peuvent parfois former de véritables yeuseraies, on trouve des Pistachier térébinthe (Pistacia terebinthus) et Nerprun des rochers (Rhamnus saxatilis). D’autres espèces ont été observées : le très rare Tabouret d’Occitanie (Noccaea caerulescens subsp. occitanica), mais aussi la Centaurée de Lyon (Centaurea triumfetti subsp. lugdunensis) et, chose très inhabituelle en terrain calcaire, la Bruyère à balais (Erica scoparia), qui doit être ici non seulement en limite de répartition est (pour le Lot), mais aussi en limite chorologique. La Fauvette passerinette niche dans les landes à buis xérophiles. Un couple de Circaète Jean-le-Blanc se reproduit aussi sur la zone où il a occupé divers secteurs boisés calmes au cours des dernières décennies (deux couples y ont même niché dans le passé). Quelques petits points d’eau sont observables sur la zone. Ils permettent le développement de divers micro-habitats naturels comme les gazons amphibies à Jonc des crapauds (Juncus bufonius), ou les herbiers aquatiques des eaux oligotrophes calcaires dominés par le Potamot dense (Groenlandia densa). Des taxons peu fréquents à rares s’y rencontrent : la Bardanette en grappe (Tragus racemosus) et la Salicaire à feuilles d’hysope (Lythrum hyssopifolia). Une petite libellule, l’Agrion mignon (Coenagrion scitulum), y trouve aussi un habitat propice pour la ponte et le développement larvaire.

Cette zone, avec les zones voisines du secteur de Cabrerets, atteste du haut degré de « méditerranéité » de cette partie caussenarde du Quercy. La présence de nombreuses espèces, tant végétales qu’animales, et de fort intérêt patrimonial, plaide en faveur du maintien de la biodiversité des milieux ouverts et arbustifs. Malgré le fait que ces paysages se soient considérablement refermés au profit de végétations arbustives et arborées, la zone garde encore une très forte richesse patrimoniale.

Commentaires sur la délimitation

Cette zone comprend les coteaux et pechs qui dominent la vallée du Lot, en rive droite de cette rivière, juste à l’aval de sa confluence avec le Célé. Les limites sud et est sont calquées sur les bas de versant. Ce sont donc les vallées du Lot et du Célé qui délimitent la zone au sud et à l’est. Toutes les corniches rocheuses sont incluses, mais pas les terrasses alluviales. À l’ouest et au nord, les limites sont tracées de façon à inclure dans la zone une somme d’éléments patrimoniaux inventoriés (sites de nidification du Circaète Jean-le-Blanc, pelouses sèches...), mais il est probable qu’avec des prospections supplémentaires, la zone aurait pu être étendue à l’ouest comme au nord... du moins sur des critères botaniques et phytosociologiques.