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ZNIEFF 730010348
Combe de Pecholié

(n° régional : Z1PZ0264)

Commentaires généraux

Cette petite zone de 45 ha se situe au cœur du causse de Limogne, à cheval sur les communes de Lugagnac et de Limogne-en-Quercy. Elle comprend un tronçon d’une petite vallée sèche peu marquée, modelée dans des calcaires durs du jurassique moyen, ainsi que la majeure partie d’une combe secondaire, la combe de Pécholié. Des cultures (prairies semées, céréales à paille) occupent le fond de cette dernière ainsi que la majeure partie du fond du vallon principal, où la D911 s’inscrit en léger remblai. Les versants des combes et les secteurs sommitaux sont principalement occupés par des bois de chênes pubescents ainsi que par des prés-bois et des pelouses sèches, dont une partie fait encore l’objet d’un pacage extensif.

La zone possède un intérêt botanique très élevé, lié en premier lieu à la présence de la seule population actuellement connue en Midi-Pyrénées et, plus largement, dans le Sud-Ouest de la France, du Peucédan d’Alsace (Xanthoselinum alsaticum), ombellifère protégée au niveau régional. Cette espèce élective des ourlets calcicoles secs pousse ici en lisière de chênaie pubescente, en bordure de route et dans de petites friches herbacées en voie d’embroussaillement. D’autres espèces remarquables affectionnant les lisières herbacées sèches sont également présentes sur le site : l’Aster amelle (Aster amellus), protégé au niveau national, la Centaurée de Lyon (Centaurea triumfetti subsp. lugdunensis), fortement localisée aux niveaux national et régional, et le Tabouret d’Occitanie (Noccaea caerulescens subsp. occitanica), sous-espèce du Tabouret sylvestre (Noccaea caerulescens) propre au Sud-Ouest de la France. L’intérêt botanique du site est renforcé par la présence de trois types de pelouses sèches et de leurs riches cortèges floristiques : pelouses vivaces mésophiles à mésoxérophiles (moyennement sèches) du Mesobromion du Quercy, pelouses vivaces xérophiles (très sèches) du Xerobromion du Quercy et pelouses à annuelles méridionales du Thero-Brachypodion. Ces types de pelouses, souvent en contact étroit, sont encore largement distribués sur les causses du Quercy, mais leur surface y régresse fortement depuis trente ans, en raison soit de l’emboisement naturel consécutif à la déprise pastorale, soit de l’intensification agricole (sur le territoire du PNR des causses du Quercy, la régression des pelouses sèches est évaluée à 35 % depuis 1977). Sur le site, les plantes remarquables préférentiellement liées aux pelouses mésoxérophiles sont la Véronique en épi (Veronica spicata), fortement localisée et protégée au niveau départemental, l’Épiaire d’Héraclée (Stachys heraclea), qui semble très rare dans le Lot, où elle n’est connue actuellement que de trois stations, l’Euphorbe de Duval (Euphorbia duvalii), endémique du Sud de la France, et la Renoncule à feuilles de graminée (Ranunculus gramineus). Le cortège des pelouses xérophiles vivaces comprend lui aussi un contingent d’espèces intéressantes, toutes méridionales : Hysope officinale (Hyssopus officinalis), Scorsonère hirsute (Scorzonera hirsuta), Armoise blanche (Artemisia alba), Lin des collines (Linum austriacum subsp. collinum), Ornithogale à feuilles droites (Ornithogalum gussonei), Narcisse à feuilles de jonc (Narcissus assoanus), ce dernier atteignant l’extrême limite nord de son aire de répartition sur les causses du Quercy, plus précisément dans la partie méridionale du causse de Gramat. La Sabline des chaumes (Arenaria controversa), franco-ibérique protégée au niveau national et répandue sur les causses du Quercy, occupe surtout les plages à annuelles présentes au sein des pelouses vivaces. Autre annuelle méridionale des pelouses du Thero-Brachypodion, quant à elle franchement rare en Quercy, la Trigonelle à fruits en glaive (Trigonella gladiata) a été signalée sur le site jusqu’au milieu des années 1970, mais n’y a pas été revue depuis. Plusieurs plantes messicoles raréfiées ont fait l’objet d’observations récentes dans les cultures de céréales extensives de la zone : le Caucalis à fruits plats (Caucalis platycarpos), le Buplèvre à feuilles rondes (Bupleurum rotundifolium) et le Bleuet (Centaurea cyanus). D’autres plantes messicoles remarquables, l’Adonis écarlate (Adonis flammea) et le Bifora rayonnant (Bifora radians), avaient été signalées lors du premier inventaire ZNIEFF, qui date de 1987, mais n’ont pas été retrouvées récemment. S’agissant de la faune, est à mentionner la présence du Nacré de la filipendule (Brenthis hecate), papillon diurne méditerranéo-asiatique nettement localisé en France et dont les causses du Quercy constituent l’un des bastions nationaux. La chenille de cette espèce se développe sur la Filipendule commune (Filipendula vulgaris), plante d’ourlet et de pelouse mésophile bien présente sur le site.

La préservation du Peucédan d’Alsace repose largement sur une gestion adéquate des bords de routes et des friches herbacées qui hébergent l’essentiel des populations de l’espèce. Moyennant le respect d’une pression pastorale et de périodes de pacage compatibles avec les exigences écologiques et biologiques des plantes les plus rares, la poursuite ou la restauration du pâturage extensif sur les pelouses est souhaitable pour permettre le maintien de leur richesse floristique.

Commentaires sur la délimitation

La zone est essentiellement centrée sur la présence du Peucédan d’Alsace (Xanthoselinum alsaticum). L’ensemble des pelouses relictuelles et des pré-bois contigus hébergent aussi une flore de milieux secs remarquable par sa diversité. Les limites épousent donc la somme des stations floristiques intéressantes du secteur.