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ZNIEFF 730011313
Vallée de la Truyère, du Goul et de la Bromme

(n° régional : Z1PZ2307)

Commentaires généraux

S’étendant sur plus de 45 km, la ZNIEFF de la vallée de la Truyère, du Goul et de la Bromme couvre 11 525 ha. Les limites altitudinales sont comprises entre 222 et 925 m. Les paysages se caractérisent par un relief tourmenté, de grands ensembles forestiers et des zones anthropisées dédiées à l’agriculture. Le cours de la Truyère compte de nombreux ouvrages hydroélectriques.

La flore de cette ZNIEFF est riche de plus de 40 espèces déterminantes. Cette flore est très contrastée, mélangeant des espèces montagnardes des versants exposés au nord et des fonds de vallées à des espèces méridionales des versants exposés au sud et des rocailles basaltiques. Pour les orophiles, on retiendra par exemple le Pétasite blanc (Petasites albus), composée protégée en Midi-Pyrénées, et la Saxifrage paniculée (Saxifraga paniculata), espèce très rare dans l’Aveyron. En ce qui concerne les méridionales, on pourra citer la Saxifrage de Prost (Saxifraga pedemontana subsp. prostii), espèce cévenole ici dans ses seules localités régionales, ou bien encore l’oroméditerranéen Genêt purgatif (Cytisus oromediterraneus). À noter également la présence de quelques zones marécageuses à tourbeuses présentant par exemple le Comaret (Potentilla palustris). La faune présente plusieurs groupes taxonomiques sur le site. Parmi les espèces déterminantes de mammifères, plusieurs espèces de chauves-souris occupent le périmètre proposé. Des gîtes importants d’hibernation ont été trouvés notamment pour le Petit Rhinolophe avec plusieurs dizaines d’individus. L’observation d’individus et d’épreintes de Loutre d’Europe semble démontrer que ce cours d’eau répond aux exigences de l’espèce. Bien qu’elle montre des signes de recolonisation, cette espèce reste vulnérable face à toute modification de son milieu. La présence de la Martre des pins est également attestée notamment sur les zones plutôt forestières. Cette ZNIEFF présente donc un enjeu important pour la conservation de ces espèces. Pour l’avifaune, on dénombre 9 espèces déterminantes qui occupent différents milieux. Les affleurements rocheux et les falaises sont occupés par des espèces rupestres qui trouvent des conditions favorables à leur installation (zones de tranquillité et terrains de chasse proches). Il s’agit du Faucon pèlerin et du Grand-Duc d’Europe, rapaces reconnus d’intérêt patrimonial. Chacune de ces espèces a besoin d’anfractuosités et de cavités dans la roche pour nicher et élever ses jeunes. Les zones forestières vallonnées, épargnées par une fréquentation trop importante, favorisent l’installation de l’Aigle botté et du Milan royal où les observations sont régulières. Les zones matures comportant de vieux arbres sont des sites potentiels de nidification pour le Pic mar. Aussi, un couple de Circaète Jean-le-Blanc fait l’objet d’observations régulières durant la saison de reproduction. Les zones ouvertes plutôt bocagères avec de vieux arbres favorisent la présence de l’Alouette lulu et de la Huppe fasciée, cette dernière étant souvent observée à proximité des habitations. Enfin, des zones de quiétude riveraines des cours d’eau sont favorables à l’installation d’une colonie nicheuse et monospécifique de Héron cendré regroupant plusieurs dizaines de couples. Seul un reptile déterminant a été observé. Il s’agit de la discrète Coronelle lisse qui semble occuper les zones plutôt fraîches riches en petits lézards, quel que que soit le milieu. La distribution aveyronnaise de l’espèce se situe essentiellement sur la frange est. D’un point de vue piscicole, cet hydrosystème fluviatile rassemble des conditions écologiques (qualité des eaux et habitats) favorables à de nombreuses espèces de poissons, que ce soit en termes d’aire trophique (ressource alimentaire) ou d’aire génésique (ponte). Ainsi, l’on peut retrouver 5 espèces déterminantes comme l’Anguille, espèce migratrice qui va utiliser le cours d’eau pour se reproduire ; des espèces de la famille des Cyprinidés comme le Goujon, le Vairon ou encore la Vandoise commune qui affectionnent les eaux claires bien oxygénées ; la Loche franche qui affectionne les eaux plus rapides dans les parties amont des cours d’eau riches en herbiers, et le Chabot commun sur les zones aux fonds caillouteux ; enfin la Lamproie de Planer qui, contrairement aux autres lamproies, effectue son cycle de vie uniquement en eau douce. Certains petits ruisseaux abritent de petites populations d’Écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes), petite écrevisse autochtone très vulnérable et qui fait l’objet d’un statut de protection européen (annexes II et V de la directive « Habitats »).

La présence de nombreuses espèces animales et végétales sur cette ZNIEFF représente un intérêt majeur en matière de conservation du patrimoine naturel de la région Midi-Pyrénées.

Commentaires sur la délimitation

Cette ZNIEFF correspond à la vallée de la Truyère, du Goul et de la Bromme. Les limites ont été définies en fonction de la répartition des espèces de faune et de flore, mais aussi en termes de continuité écologique. Ainsi, les limites amont correspondent à une partie du lac du barrage de Sarran (au niveau du pont suspendu de Tréboul), et se termine juste avant sa confluence avec la rivière Lot (en amont de la commune d’Entraygues-sur-Truyère).