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ZNIEFF 730011356
Zones humides de la forêt des Palanges

(n° régional : Z1PZ0782)

Commentaires généraux

Cette ZNIEFF éclatée en huit secteurs se situe au sud de Montrozier et de Bertholène, et au nord-est d’Agen-d’Aveyron. Ce complexe de zones humides s’étend sur plus de 6 km au milieu d’une zone forestière dense, formée de peuplements naturels de feuillus mais aussi de plantations résineuses. Ces dernières sont parfois en limite de zones humides. La présence d’un réseau hydrographique de surface assez dense engendre ces petits vallons où un beau cortège floristique des zones tourbeuses s’est développé. Des zones d’eau stagnante (étangs, mares...) engendrent à leur tour des milieux avec une flore amphibie.

Malgré une pression forestière notable sur certains secteurs, les tourbières présentes montrent encore une bonne activité turbigène, donc une bonne conservation. Les milieux déterminants font état de différents micro-habitats à sphaignes qui caractérisent les tourbières bombées et les tourbières actives. Bon nombre de mousses ont été déterminées. Parmi elles, on peut citer les sphaignes suivantes : Sphagnum denticulatum, S. fallax, S. magellanicum, S. rubellum, S. subsecundum. Une espèce protégée au niveau départemental est à noter ici : il s’agit d’une cypéracée, le Scirpe cespiteux (Trichophorum cespitosum). En lien direct avec des habitats, on trouvera un grande prédominance de bas-marais en mélange avec des prairies humides à Jonc acutiflore et Molinie, qui accueillent une grande diversité d’espèces. On trouvera entre autres, dans les taxons les plus emblématiques : la Petite Scutellaire (Scutellaria minor), la Véronique à écusson (Veronica scutellata), la Linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum polystachion), ainsi que le Mouron délicat (Anagallis tenella) et la Violette des marais (Viola palustris). Enfin, 2 espèces typiques des tourbières bénéficient d’une protection nationale : il s’agit du Rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia), une plante carnivore assez commune, et de la Spiranthe d’été (Spiranthes aestivalis), une orchidée rare en Midi-Pyrénées. Sur les écoulements présents au sein des tourbières se développe l’Ossifrage (Narthecium ossifragum), qui peut dominer sur un secteur et représenter un habitat à part entière. Les zones d’étangs ou les gourgues (mares) toujours en eau, se développant dans les zones tourbeuses, engendrent des conditions écologiques un peu différentes avec un niveau topographique plus bas. Des gazons amphibies à Scirpe à nombreuses tiges (Eleocharis multicaulis) existent. Cette espèce est protégée au niveau régional. Dans des conditions similaires (mares) se trouve le Millepertuis des marais (Hypericum elodes). Ces espèces présentent respectivement un statut de protection régionale et nationale. Dans les zones rases et pionnières où l’alimentation en eau est constante, des communautés monospécifiques de Trèfle d’eau (Menyanthes trifoliata) et/ou de Rhynchospore blanc (Rhynchospora alba) peuvent prospérer, voire dans certains cas engendrer des radeaux : ces formations sont toujours rares en Midi-Pyrénées. En se rapprochant du cours d’eau et en direction des zones plus forestières, on peut trouver des prairies humides à hautes herbes où 2 espèces d’ails peuvent se rencontrer : l’Ail victorial (Allium victorialis), plus commun dans les mégaphorbiaies, et l’Ail des bruyères (Allium ericetorum), davantage dans les sous-bois. Enfin, dans les sous-bois à proprement parler, on trouvera dans les saussaies marécageuses 2 espèces de sphaignes d’affinités sciaphiles : Sphagnum palustre et Sphagnum subnitens, et dans les forêts plus sèches de hêtres des espèces montagnardes comme le Maïanthème à deux feuilles (Maianthemum bifolium) ou la Prénanthe pourpre (Prenanthes purpurea). On terminera avec une dernière espèce protégée au niveau départemental, qui affectionne plutôt les zones de landes sèches ouvertes : il s’agit d’une petite liliacée, la Phalangère à feuilles planes (Simethis mattiazzii).

Aucune information sur un quelconque enjeu faunistique ne ressort à l’heure actuelle, mais des recherches complémentaires doivent pouvoir apporter de nouveaux enjeux. Ainsi la présence de l’Azuré des mouillères (Maculinea alcon) est à rechercher, vu la présence de sa plante hôte : la Gentiane pneumonanthe (Gentiana pneumonanthe). Des prospections devraient permettre de trouver plusieurs papillons déterminants ou au moins remarquables. Il en est de-même pour d’autres invertébrés ou pour la faune supérieure.

Commentaires sur la délimitation

La ZNIEFF comprend huit zones disséminées dans la forêt des Palanges au sud de Montrozier, essentiellement retenues pour leur intérêt botanique. Elles sont généralement liées à la présence d’un ruisseau ou d’un étang, ce qui engendre des milieux humides périphériques. Globalement, c’est une succession de zones tourbeuses qui est délimitée ici.