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ZNIEFF 730011457
Soulanes et crêtes des massifs du Granquet, Estibette et Pibeste

(n° régional : Z2PZ0070)

Commentaires généraux

Cette ZNIEFF englobe principalement les versants sud des massifs du Granquet et du Pibeste. Situés en limite des Pyrénées occidentales, ces massifs se retrouvent en fait en position plus centrale si l’on se réfère à l’axe montagneux pyrénéo-cantabrique, et son originalité floristique tient plus particulièrement à ce que certaines formations ou espèces végétales trouvent dans ce massif leurs limites d’expansion, limite orientale pour des habitats d’affinités pyrénéo-cantabriques, et limite occidentale pour des formations d’affinités méditerranéennes.

En soulane, deux grands ensembles d’habitats traduisent la spécificité climatique de ces massifs, au regard de ceux situés plus en profondeur dans la chaîne.

D’une part, il s’agit de la lande à Genêt occidental (Genista hispanica subsp. occidentalis), de la lande à Bruyère vagabonde (Erica vagans) et à Ajonc (Ulex europaeus) et des hêtraies acides atlantiques. L’exemple de formation pyrénéo-cantabrique en limite d’aire orientale est donné ici par les landes épineuses à Genêt occidental. Elles occupent en bande continue le versant sud entre l’Estibette et les granges de Lascary, au-dessus d’Agos-Vidalos, ainsi que divers revers sud au niveau de Très Crouts et du Mail d’Arreau. Ces landes offrent un riche cortège floristique qui, selon M. Gruber (1992), peut atteindre 140 espèces, et présente des affinités à la fois atlantiques et méditerranéennes.

D’autre part, localisés plutôt vers l’est, ce sont les pelouses sèches sur calcaires, puis les formations à Thym et les bois de chênes pubescents, entre 450 et 600 m au-dessus d’Agos-Vidalos, accompagnés en sous-strate par le Buis qui peut totalement obstruer le milieu. Cette station botanique du Pibeste bien connue des botanistes depuis le XIXe siècle doit son existence à des conditions climatiques chaudes et sèches qui s’expliquent par la position d’abri, liée au relief, par rapport aux perturbations océaniques, et par l’exposition ensoleillée.

Des hêtraies calcicoles, plutôt xérophiles, installées sur les sols superficiels calcaires à pente moyenne à forte des hauts de versant, offrent une ambiance insolite avec des hêtres bas aux troncs tortueux.

À plus haute altitude, les hauts de versants et les sommets battus par les vents sont le domaine des végétations plus rases comme les landes à Genévrier sabine (Juniperus sabina), les pelouses à Fétuque de Gautier (Festuca gautieri) ou encore les pelouses à Laîche toujours verte (Carex sempervirens).

Les landes subalpines, peu représentées en raison des faibles altitudes du massif, méritent toutefois d’être mentionnées en termes de diversité. La lande à Rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum) et à Myrtille (Vaccinium myrtillus) occupe de petites surfaces en exposition secondaire d’ombrée sur sols humides et acides. Plus originaux sont les fourrés à Genévrier sabine qui recouvrent des affleurements rocheux calcaires en soulane en mosaïque avec les pelouses calcaires.

Les pelouses rases à Nard raide (Nardus stricta) colonisent les replats et dépressions d’altitude à sols développés et acides.

Parmi les pelouses calcaires subalpines, on rencontre des formations d’altitude originales d’ombrée comme les pelouses à Laîche toujours verte, souvent sous les crêtes en ombrée, les pelouses à Horminelle des Pyrénées (Horminum pyrenaicum), en couloirs humides et frais, tapis ras et denses de feuilles larges à la floraison violette spectaculaire en été, ou encore des pelouses calcaires très sèches et ouvertes en gradins à Fétuque de Gautier.

En raison du caractère particulier du climat et de la végétation, ces massifs recèlent une faune riche, variée et assez exceptionnelle. Leur relative inaccessibilité (absence de routes forestières ou pastorales) contribue à la préserver.

La présence de grandes falaises calcaires en exposition sud facilite la création de courants ascendants d’air chaud propices au vol des rapaces. De plus, la position avancée vers le piémont constitue une sorte de point d’appel pour les migrateurs qui s’apprêtent à franchir la zone de montagne.

On note par ailleurs une richesse particulière en insectes et spécialement en orthoptères.

Commentaires sur la délimitation

La ZNIEFF s’appuie principalement sur des critères géomorphologiques. Elle correspond principalement aux versants en exposition sud des massifs calcaires du Granquet et du Pibeste et à certaines croupes sommitales.

Les limites s’appuient donc principalement sur la ligne de crête au nord, sur la vallée du gave de Pau à l’est (en excluant les zones habitées et les carrières), sur le fond du vallon du Bergons au sud (les bocages et autres milieux sans enjeux naturels identifiés ont été exclus du contour), et en rive gauche de l’Ouzoum à l’ouest, qui marque la limite régionale avec l’Aquitaine.

Les habitats naturels ont permis d’ajuster de façon plus fine ces limites, et les zones urbanisées ont été exclues, à l’exception de quelques quartiers de granges.

L’ensemble de la zone fait l’objet d’un réseau dense de données déterminantes et d’habitats floristiques et faunistiques.