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ZNIEFF 730011651
Vallons forestiers et milieux subalpins en rive droite du bas Louron

(n° régional : Z2PZ0099)

Commentaires généraux

Situé en rive droite des vallées du Louron et de la Neste, et englobant du nord au sud les bassins versants des ruisseaux d’Ardengost, de Lastie et Saint-Christau de Balencous, ce site s’étend sur 6 650 ha.

Il y a plus de 1 500 m de dénivelé, d’ouest en est, entre les lits mineurs de la Neste de Louron et de la Neste d’Aure et les crêtes subalpines qui relient les sommets de la montagne d’Areng, du Pin, du mont Né, du pic du Lion et du Pouy-Louby.

La géomorphologie complexe, avec ses petites vallées transversales séparées par des reliefs modestes au nord et un relief interne plus conséquent au sud, d’où émerge le sommet de Montious, point culminant du site à 2 167 m d’altitude, offre une grande variété d’expositions et de situations confinées.

Ce site est particulièrement riche en espèces patrimoniales.

À partir du village de Fréchet-Aure affleurent des terrains carbonifères impliqués dans la tectonique hercynienne. Sur le versant en soulane du bois d’Hèche, la barre des calcaires paléozoïques d’Ardengost apparaît, et on observe une flore calcicole peu commune sur ce site avec le Thym (Thymus vulgaris), le Jasmin ligneux (Jasminum fruticans), ainsi que de belles stations de la Ramonde des Pyrénées (Ramonda myconi) et, çà et là, quelques ifs isolés (Taxus baccata).

La faune associée des terrains calcaires est riche, avec plusieurs espèces de chauves-souris (Minioptère de Schreibers, Petit et Grand Murins, Rhinolophe euryale, Grand Rhinolophe), Abida pyrenaearia pyrenaearia, un mollusque déterminant, ou encore la sauterelle appelée Éphippigère gasconne (Platystolus monticolus).

Notons également, dans une autre localité rocailleuse, le Genêt très épineux (Echinospartum horridum), une plante protégée en France.

Ailleurs, la forêt couvre une grande partie des étages collinéen et montagnard, avec des peuplements dominés par les chênes aux altitudes inférieures ou sur les versants en soulane, et des peuplements dominés par la hêtraie-sapinière sur les versants en ombrée ou à l’étage montagnard supérieur.

On observe : le Gaillet des bois (Galium sylvaticum) et le Dryoptéris à pennes espacées (Dryopteris remota) dans des peuplements forestiers acidophiles, une station de Véronique à feuilles d’ortie (Veronica urticifolia), vraisemblablement liée à un sol basophile, l’Orchis de Lange (Orchis langei), protégé en région Midi-Pyrénées, ou encore la Valériane des Pyrénées (Valeriana pyrenaica) et la Saxifrage à feuilles rondes (Saxifraga rotundifolia) dans des secteurs humides et ombragés. De même, la Laîche appauvrie (Carex depauperata), une espèce rare et protégée en Midi-Pyrénées, est mentionnée.

Sans oublier deux syrphes déterminants, Chrysotoxum cisalpinum et Blera fallax, qui sont présents en sous-bois sombre et humide en bordure d’un torrent.

La forte diversité des peuplements forestiers est également favorable à la fonge.

8 champignons déterminants (Boletus queletii, Boletus regius, Boletus rubrosanguineus, Cantharellus subpruinosus, Lactarius romagnesii, Ramaria formosa, Russula laurocerasi, Scutiger cristata) ont été recensés dans la forêt de Bareille, où l’on passe rapidement d’un boisement acidophile composé de chênes et de châtaigniers à une hêtraie-sapinière.

Vers le sud, les surfaces en sapinière pure dominent. Au total, les bois de conifères couvrent plus de 30 % de la surface du site.

Avec un tiers des surfaces, les formations de landes et de pelouses sont également bien représentées. Ces milieux ouverts, qui dominent sur les hauteurs, sont en contact avec d’autres habitats naturels tels que des habitats rocheux ou humides.

Aux altitudes inférieures, un enjeu concernant les papillons, en particulier l’Agreste (Hipparchia semele), est signalé dans une pelouse sèche à Brachypodium rupestre, Festuca sp. et Callune, vers 1 400 m d’altitude, tandis que des sylvandres appartenant au complexe Hipparchia alcyone et/ou Hipparchia geneva ont été observés, à 1 700 m d’altitude, sur des portions de pelouses situées à proximité de landes sèches à Raisin d’ours et de blocs rocheux appartenant à un cordon morainique.

Plus haut, en contact avec d’autres types d’habitats naturels, le secteur des pelouses et les landes présentent une flore riche avec la Fétuque capillaire (Festuca trichophylla), la Gentiane de Burser (Gentiana burseri), la Pensée de Bubani (Viola bubanii), la Renoncule de Carinthie (Ranunculus carinthiacus), la Pulsatille des Alpes (Pulsatilla alpina), le Géranium à feuilles cendrées (Geranium cinereum), qui est protégé en France, la Renoncule à feuilles embrassantes (Ranunculus amplexicaulis), etc.

Parmi les orthoptères, le Criquet de Saulcy (Chorthippus binotatus saulcyi moralesi) vit sur des pelouses rocailleuses situées en versant sud, et le Gomphocère pyrénéen (Gomphoceridius brevipennis), une espèce endémique des Pyrénées, semble omniprésent à l’étage subalpin.

Sur le versant nord d’un haut sommet, des landes humides subalpines avec des buttes de sphaignes et du Rhododendron ferrugineux comportent un riche cortège de plantes avec le Lycopode des Alpes (Diphasiastrum alpinum), protégé en France, et la Camarine (Empetrum nigrum).

Plusieurs habitats humides sont également localisés sur ce territoire avec des espèces telles que le Rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia), protégé en France, l’Orpin velu (Sedum villosum) ou un rubanier d’altitude (Sparganium borderei) qui se développe dans de petites retenues d’eau naturelles.

Ce vaste territoire, riche et diversifié en milieux naturels, est très favorable aux oiseaux et, en particulier, aux galliformes de montagne et à plusieurs rapaces d’intérêt national.

Comprenant de vieux arbres, des forêts denses, des rochers et des falaises, il offre des biotopes favorables à la reproduction de rapaces rares tels que la Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus), le Grand-duc d’Europe (Bubo bubo), le Milan royal (Milvus milvus) et l’Aigle royal (Aquila chrysaetos), ainsi qu’à celle des trois principaux galliformes d’altitude que sont la Perdrix grise de montagne (Perdix perdix hispanicus), le Grand Tétras (Tetrao urogallus) et le Lagopède alpin (Lagopus mutus).

L’observation d’une femelle d’Isard et de son petit à proximité du pic de Trespic indique que l’Isard peut se reproduire sur ce site.

Ce secteur géographique fait partie du bassin versant de la Neste. Son influence est importante sur le débit et la régularité des cours d’eau en aval. L’eau, qui traverse essentiellement des milieux naturels, est de bonne qualité. Le Desman des Pyrénées, un mammifère aquatique endémique des Pyrénées, est présent sur la zone, et la Loutre, qui occupe la Neste et le Louron, y est également fortement pressentie.

Commentaires sur la délimitation

La limite retenue suit celle du partage des eaux. La ZNIEFF concerne le bassin versant de la Neste, en rive droite, dans la partie aval de la vallée du Louron. Cette limite permet de regrouper plusieurs sous-bassins versants (des ruisseaux de Saint-Christau, de Lastie et d’Ardengost) faisant partie d’une même unité fonctionnelle.

À l’ouest, les zones habitées de la vallée du Louron, les zones bocagères de bas de versant et autres milieux sans enjeux identifiés ont été exclus du contour de la ZNIEFF (de type 1).

L’ensemble du site présente une flore et une avifaune particulièrement riches, sans compter les nombreux autres groupes représentés, occupant ainsi la quasi-totalité des milieux pris en compte dans la zone.