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ZNIEFF 730030058
Haute vallée du Lendou et serres de Cézac

(n° régional : Z1PZ0437)

Commentaires généraux

Localisé dans le Quercy blanc, ce site est constitué d’une vallée principale, le Lendou, creusée dans les marnocalcaires du jurassique supérieur. D’un point du vue paysager, ce site est assez typique de cette région du Lot, avec des chênaies pubescentes, des landes et des pelouses sèches sur les versants et les plateaux, ainsi que des prairies fraîches à humides dans la vallée. Cet ensemble est entremêlé de cultures plus ou moins extensives. Le ruisseau du Lendou, qui est temporaire dans son amont, se jette dans la Petite Barguelonne au niveau de la commune de Lauzerte (Tarn-et-Garonne). L’ensemble de cette vallée est principalement cultivé, à l’exception de ce site, ce qui en fait une zone témoin de ce que l’on pouvait y observer avant. Les prairies naturelles d’intérêt patrimonial du site sont de plusieurs types : des prairies de fauche atlantiques mésophiles à mésohygrophiles (Brachypodio rupestris-Centaureion nemoralis) ; des prairies de fauche atlantiques inondables, mésohygrophiles à hygrophiles (Bromion racemosi) ; des prairies hygrophiles, méso-eutrophes, longuement inondables (Eleocharietalia) ; et des prairies humides calcaires à Molinie (Eu-Molinion). Les plantes remarquables liées à ces milieux prairiaux sont la Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris), l’Euphorbe velue (Euphorbia villosa), le Narcisse des poètes (Narcissus poeticus), l’Orchis des Charentes (Dactylorhiza elata subsp. sesquipedalis), la Germandrée des marais (Teucrium scordium subsp. scordium), le Brome en grappe (Bromus racemosus) et l’Ophioglosse commun (Ophioglossum vulgatum). Toutes ces plantes sont en régression sur le plan national ou régional. Au niveau entomologique, ces prairies accueillent le Damier de la succise (Euphydryas aurinia, papillon protégé en France) ainsi que le Criquet des roseaux (Mecostethus parapleurus). Les points d’eau qui jalonnent le site sont des milieux de vie pour de nombreuses espèces animales et végétales, notamment les amphibiens (Grenouille agile, Rainette méridionale, Crapaud accoucheur, Pélodyte ponctué, Triton palmé). Quelques-uns sont d’ailleurs constitués d’une végétation aquatique d’intérêt patrimonial comme les herbiers à characées, les herbiers à Renouée amphibie (Polygonum amphibium), ainsi que les herbiers à petits potamots. Un de ces herbiers est d’ailleurs en partie constitué du très rare Potamot à feuilles capillaires (Potamogeton trichoides). Des pelouses relevant du Tetragonolobo maritimi-Mesobromenion erecti sont présentes sur le site, et font la transition entre les milieux humides et secs. Ces habitats, remarquables pour leur rareté, hébergent également des espèces végétales d’intérêt patrimonial comme le Cirse tubéreux (Cirsium tuberosum), la Catananche bleue (Catananche caerulea) et le Cardoncelle mou (Carduncellus mitissimus). Ces deux dernières se retrouvent également dans les pelouses calcicoles sèches à très sèches du site. Les pelouses calcicoles hébergent de nombreuses herbacées thermophiles et méridionales remarquables comme l’Hysope officinale (Hyssopus officinalis), l’Armoise blanche (Artemisia alba), la Leuzée conifère (Leuzea conifera), l’Ophrys occidental (Ophrys arachnitiformis subsp. occidentalis), le Sérapias en soc (Serapias vomeracea), l’Ophrys sillonné (Ophrys sulcata), le Lin d’Autriche (Linum austriacum subsp. collinum), le Narcisse à feuilles de jonc (Narcissus assoanus), la Globulaire piquante (Globularia vulgaris), l’Ornithogale de Gussone (Ornithogalum gussonei), la Scorsonère hirsute (Scorzonera hirsuta), la Renoncule à feuilles de graminée (Ranunculus gramineus), le Nerprun des rochers (Rhamnus saxatilis), le Pistachier térébinthe (Pistacia terebinthus), ainsi que la rarissime Valériane tubéreuse (Valeriana tuberosa, deuxième station récente du département). Des pelouses calciphiles composées d’espèces annuelles (Thero-Brachypodion) se rencontrent également sur les sols les plus squelettiques souvent en mosaïque avec les pelouses vivaces citées précédemment. La Sabline des chaumes (Arenaria controversa) est une espèce endémique franco-ibérique protégée en France pouvant composer cet habitat. Cette espèce est bien présente sur le site. La Marguerite de la Saint-Michel (Aster amellus) est une autre plante protégée au niveau national sur le site et qui se localise ici sur les bords de routes. L’Azuré du serpolet (Maculinea arion), papillon protégé en France, fréquente les lisières, les bords de chemins et les pelouses en voie d’embroussaillement du site où sa plante hôte, l’Origan, est présente. La Centaurée de Lyon (Centaurea triumfetti subsp. lugdunensis), le Libanotis des montagnes (Seseli libanotis) et la Tulipe australe (Tulipa sylvestris subsp. australis) sont des plantes d’intérêt patrimonial remarquables fréquentant les ourlets forestiers de la haute vallée du Lendou. Autre espèce remarquable : la Cicindèle marocaine (Cicindela maroccana) est un carabe présent sur les pelouses sèches du site et qui atteint dans le Quercy blanc sa limite nord de répartition. Des garrigues supra-méditerranéennes composées du Genêt cendré (Genista cinerea), espèce en limite d’aire dans le Quercy, sont présentes sur le site. Quelques pieds de Romarin (Rosmarinus officinalis) ont été observés dans cet habitat.

La haute vallée du Lendou et les serres de Cézac sont également le milieu de vie pour de nombreuses espèces d’oiseaux remarquables, pour la majorité en déclin au niveau national : l’Alouette lulu, la Tourterelle des bois, la Huppe fasciée, le Petit-duc scops, la Chevêche d’Athéna, le Pipit rousseline, le Moineau soulcie, la Pie-grièche à tête rousse et le Bruant ortolan ont tous été vus et/ou entendus sur le site. Cette dernière est classée comme vulnérable dans la liste rouge nationale des espèces d’oiseaux nicheurs menacés. Ce site constitue également un territoire de chasse pour le Circaète Jean-le-Blanc ainsi que pour le Busard Saint-Martin.

De par la présence de nombreux milieux naturels et d’espèces patrimoniales, ce site mérite amplement sa désignation en ZNIEFF, en jouant notamment un rôle majeur dans la préservation de divers espèces et habitats rares à extrêmement rares localement, au niveau régional ou national. Même s’il reste bien préservé, diverses activités humaines peuvent perturber l’équilibre de ce site sensible et la biodiversité qu’il abrite.

Commentaires sur la délimitation

Ce site comprend, d’une part les milieux prairiaux ainsi que les pelouses calcicoles attenantes de la vallée du Lendou entre les lieux-dits « l’Inficit » et « Rigambert », d’autre part l’ensemble des serres de Cézac entre « Saux » et « la lande de Laguarrigue ». Les pelouses de « la combe Fourcade » et de « Larouquette » font également partie du zonage. Les zones de cultures et de bâti ont été évitées au mieux.