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ZNIEFF 730030189
Combe Perdude et Serres de Pern

(n° régional : Z1PZ0213)

Commentaires généraux

Ce site de 950 ha présente une succession de collines et de vallons thermophiles développés sur substrat calcaire. Le site comprend deux petites vallées plus fraîches, où se développent les habitats plus humides tels que des prairies, voire aussi des végétations de bord de mare. Malgré une forte dominance de zones très sèches représentées par des pelouses de types variés, des landes et des zones plus boisées, une partie du plateau et des combes est destinée à l’agriculture. Les habitats se répartissent selon l’exposition ou la profondeur du sol. Ainsi les « sommets » accueillent des pelouses, les versants des forêts de chênes, et les fonds de vallons les prairies plus mésophiles. On devine, par endroits, des ravines au sol dénudé où la végétation est très rare.

Les habitats déterminants sont répartis selon leur nature, du plus ouvert au plus fermé et du plus sec au plus humide. Ainsi nous avons les groupes d’habitats suivants avec certaines des espèces patrimoniales les caractérisant. Les zones dénudées très sèches proposent des conditions stationnelles très difficiles, mais des plantes annuelles calcicoles forment un habitat remarquable avec entre autres la Sabline des chaumes (Arenaria controversa), espèce protégée au niveau national. Dans un contexte très sec, d’autres espèces, vivaces cette fois, forment le Xerobromion du Quercy. On y trouve l’Aphyllante de Montpellier (Aphyllanthes monspeliensis), la Leuzée conifère (Leuzea conifera) ou encore le Narcisse à feuilles de jonc (Narcissus assoanus), espèces qui montrent bien des influences méditerranéennes marquées. Dans la continuité, on peut observer des garrigues à Genista cinerea, très localisées dans le sud de la France, et en isolat dans le nord de notre région. Citons également la présence d’autres espèces telles que la Crupine commune (Crupina vulgaris), très rare dans le Lot, et la Globulaire commune (Globularia vulgaris), fortement localisée en France et quasiment limitée au Quercy en Midi-Pyrénées. Dans les conditions de sol plus profond et mésophile, se trouve le Mesobromion du Quercy. Citons également les associations végétales particulièrement riches des pelouses à Seslérie bleue (Sesleria caerulea), et les pelouses marneuses à contraste hydrique. Le Sérapias en soc (Serapias vomeracea) est peu commun dans le Lot. Dans des zones encore plus riches sont entretenues des prairies de fauche atlantiques. La présence de cet habitat est intéressant, mais son cortège présente peu de plantes patrimoniales. Les conditions hygrométriques élevées, généralement en fond de vallon ou aux abords des ruisseaux, sont propices aux prairies humides atlantiques et subatlantiques. Le Brome en grappe (Bromus racemosus) est une espèce phare et typique de ces prairies, accompagné ici par 3 autres espèces patrimoniales comme l’Orchis des Charentes (Dactylorhiza elata subsp. sesquipedalis) ou l’Euphorbe poilue (Euphorbia villosa). Une dernière espèce est à noter : il s’agit de la Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris), espèce protégée dans certains départements de la région. Ces plantes sont également présentes sur les pelouses marneuses. Des zones beaucoup plus humides sont aussi présentes, comme des prairies à Molinie sur calcaire, avec entre autres le Cirse tubéreux (Cirsium tuberosum) ou des communautés à Phalaris arundinacea, qui se développent dans les endroits d’eaux stagnantes. Enfin, le site abrite la Neslie paniculée (Neslia paniculata), plante messicole devenue rare.

Les oiseaux sont le groupe le mieux représenté avec 13 espèces déterminantes. La majorité des espèces appartiennent au cortège dit d’agrosystème. Ainsi, certaines espèces nichent au sol dans les milieux ouverts secs, dont l’Œdicnème criard, qui se reproduit ici dans les cultures de plateau, et plusieurs espèces essentiellement liées aux zones de pelouses sèches : l’Alouette lulu, le Pipit rousseline et le Bruant ortolan – ce dernier, fortement raréfié aux niveaux national et régional, est encore bien représenté sur la zone. Des espèces affectionnant les milieux bocagers nichent dans des arbustes ou de petits arbres, comme la Pie-grièche écorcheur et la Tourterelle des bois, ou dans des cavités d’arbres ou de bâtiments, tels le Moineau soulcie, la Huppe fasciée, le Torcol fourmilier, le Petit-Duc scops et la Chevêche d’Athéna. Les zones arbustives présentant des arbres à cavités sont favorables à ces espèces. Les zones de transition telles que les garrigues supra-méditerranéennes et les fruticées à Genévrier accueillent encore la Pie-grièche écorcheur qui trouve dans ces milieux des perchoirs qu’elle utilise en tant que postes de chasse. Le Circaète Jean-le-Blanc, nicheur forestier, utilise les milieux ouverts du site comme terrains de chasse. La Decticelle des friches (Pholidoptera femorata), en limite d’aire dans le Lot, est présente sur ce site dans les zones mésophiles.

La richesse faunistique et notamment floristique de cette zone présente un intérêt écologique indéniable.

Commentaires sur la délimitation

Des petits pechs et des petits vallons se succèdent et existent dans une grande partie du secteur. Un périmètre parmi les mieux connus au niveau écologique a été déterminé. Il tend à éviter au maximum des zones urbanisées et les zones agricoles. Cependant, des petits plateaux agricoles sont pris en compte. Au nord-ouest, c’est la commune de Cézac qui sert de limite. La frange qui s’étend au nord-ouest - sud-est est délimitée par des zones exclusivement agricoles, jusqu’au village de Pern. La vallée de la Grande Barguelonne forme la limite sud - sud-est. Le secteur sud - sud-ouest n’atteint pas le village de Boisse.